Local view for "http://purl.org/linkedpolitics/eu/plenary/2006-12-12-Speech-2-082"

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". - Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, je vais m’exprimer dans ma langue maternelle parce que je voudrais dire ce que je pense et que je pense toujours en bélarusse. C’est pourquoi je vais parler dans la langue qui me permet le mieux d’exprimer mes sentiments. Le 19 mars, les autorités ne s’attendaient pas à voir sortir des dizaines de milliers de personnes, malgré les menaces de représailles. Cela a été notre première victoire. Je réalise très clairement qu’il nous faudra encore obtenir beaucoup de victoires semblables avant de mettre fin à ce régime illégal. Aujourd’hui M. Aliaksandr Kazouline, ancien candidat présidentiel, se trouve en prison, condamné à 5 ans et demi de détention. Actuellement, il est en grève de la faim depuis plus de 50 jours. L’état de sa santé est extrêmement grave, il a perdu 40 kilos, sa vie est menacée. Ce prix est aussi pour lui, ainsi que pour Zmitser Dachkevitch, Pavel Seviarynets, Mikola Statkevitch et Andreï Klimaǔ et tous les autres prisonniers politiques de mon pays. Ce prix est un signe de la prise de conscience de l’Europe par rapport à la situation au Bélarus. Ce prix est un exemple formidable de la politique morale. Ce prix est un signe de reconnaissance de l’avenir européen du Bélarus. Aujourd’hui, cette haute distinction aurait pu être reçue par le leader depuis plusieurs années du mouvement démocratique bélarussien, le professeur Hienadź Karpienka. Ou par l’ancien ministre des affaires intérieures Yury Zakharanka. Ou bien par Viktar Hantchar, le vice-président du dernier parlement légitime au Bélarus. Ces personnes sont les héros, les combattants pour la liberté du Bélarus. Mais elles ont disparu sans laisser de traces ou sont assassinées. C’est par ces moyens, anciens comme la haine humaine et désespérément désuets comme l’inquisition, que les pouvoirs bélarussiens d’aujourd’hui sévissent contre leurs opposants. Dans son discours de réception du prix Nobel de la paix, Andreï Sakharov a dit: «Je suis convaincu que la confiance internationale, la compréhension mutuelle, le désarmement et la sécurité internationale ne sont pas concevables sans une société ouverte avec la liberté d’information, la liberté de conscience, la le droit de voyager et de choisir le pays de résidence». Je partage cette position. L’académicien Sakharov a toujours prôné la résistance non violente. En cela, je suis également son adepte. Et nous avons tout pour gagner: la foi en l’avenir européen du Bélarus, la solidarité, l’audace et l’expérience. Pour beaucoup de jeunes gens, le bleu - la couleur du drapeau européen - est devenu un symbole. En mars dernier, ce drapeau a été hissé à côté de notre drapeau national blanc-rouge-blanc. Comme signe de solidarité avec nous il y avait également les drapeaux de la Lituanie, de l’Ukraine, de la Pologne, de la Russie, de l’Estonie, de l’Azerbaïdjan, de la Géorgie. Nous devons surmonter la peur qui, au cours des dix dernières années, a imprégné la conscience des gens du fait d’une propagande permanente. Andreï Sakharov mettait en garde: «La liberté de pensée est la seule garantie contre la contamination des gens par des mythes collectifs qui, dans les mains des hypocrites perfides et des démagogues peut se transformer en une dictature sanglante». C’est ce qui se passe aujourd’hui au Bélarus. On réintroduit les monuments à la gloire de Staline. En reprenant les «meilleures» traditions du système soviétique, les médias officiels déversent sans arrêt des torrents de mensonges et de calomnies, comme à l’époque de Sakharov. L’ennemi principal est l’Occident et les démocrates locaux sont présentés comme ses agents. Le régime se trouve aujourd’hui dans une situation difficile, son économie planifiée n’est pas efficace, la Russie menace de stopper les préférences économiques. Pour cette raison, le pouvoir s’énerve et essaie d’en rendre les opposants politiques responsables. À la fin du mois de novembre, lors de sa rencontre avec les journalistes ukrainiens, M. Loukachenka a déclaré que «cette opposition fuit à l’étranger où elle demande d’appliquer les sanctions économiques contre le pays et elle est contente que demain les prix du gaz vont augmenter». Je voudrais profiter de l’occasion pour déclarer, du haut de cette tribune européenne, en toute responsabilité et à tout le monde, notamment au peuple bélarussien, que ce sont des mensonges! Nous n’avons jamais demandé d’appliquer des sanctions économiques contre notre pays car nous comprenons parfaitement que ces sanctions vont en premier lieu frapper les citoyens ordinaires du Bélarus. Quant au pouvoir en place, il trouvera toujours les moyens pour soutenir ses fonctionnaires. Nous n’avons eu de cesse de répéter que le gaz russe cesserait d’être bon marché pour le Bélarus, qu’il allait devenir cher en Russie elle-même. Il est dommage que les dirigeants bélarussiens n’aient pas saisi la chance qui se présentait et n’aient pas utilisé les possibilités qu’ils ont eues pendant longtemps de mener de vraies réformes économiques. Maintenant c’est le peuple bélarussien qui va en subir les conséquences. Parmi les conditions principales que Moscou impose à présent à Loukachenka pour son soutien économique et politique de longue date figurent le passage à la monnaie unique au rouble russe, et l’adoption de l’acte constitutionnel du soi-disant «État d’union» dans la version russe. L’acceptation de ces conditions signifierait la perte inéluctable par le Bélarus de sa souveraineté. Pour le moment, les dirigeants politiques bélarussiens résistent encore à aller dans cette direction. Ces derniers temps, Loukachenka exprime ouvertement son inquiétude concernant l’indépendance du pays. Il parle du lien évoqué depuis longtemps déjà par les forces démocratiques bélarussiennes entre l’indépendance et le bien-être. Mais dans le cas de Loukachenka, il ne faut pas confondre la défense de l’indépendance avec la défense de ses intérêts personnels et avec sa volonté de conserver le pouvoir à tout prix. Lui-même et son entourage se rendent parfaitement compte qu’avec la perte de l’indépendance et l’arrivée du capital russe dans le pays, ils seraient peu nombreux à conserver leurs postes ainsi que leurs richesses. Mais on ne peut pas exclure que, mené par un instinct de conservation, le pouvoir bélarussien acceptera les conditions déjà mentionnées de Moscou et organisera un référendum pour les approuver. Il faut savoir que c’est seulement la démocratie, et non pas la dictature, qui peut être la garantie de l’indépendance bélarussienne. Le fait que nous ne parvenions pas pour l’instant à trouver un langage commun avec Moscou ne signifie pas que les forces démocratiques bélarussiennes sont dirigées contre la Russie. Nous voulons vivre dans un État souverain et construire les meilleures relations possibles avec la Russie. Nous sommes prêts à prendre en compte ses intérêts mais à condition qu’ils n’aillent pas à l’encontre de nos propres intérêts. La Russie est pour nous, comme pour l’UE, un partenaire stratégique. Le Bélarus démocratique sera un ami crédible et prévisible pour la Russie. Nous pensons que l’interdiction d’entrée dans les pays de l’Union européenne pour les personnes qui transgressent la Constitution et qui participent aux répressions est une mesure très efficace. La liste de ces «combattants contre la démocratie» doit être élargie. En même temps, je vous appelle à ne pas augmenter le coût des visas Schengen pour les citoyens bélarussiens. Il est prévu qu’à partir du 1er janvier 2007, le prix du visa Schengen sera de 60 euros. Pour la majorité écrasante des Bélarussiens qui ont un besoin énorme de contacts libres avec l’Occident, ce coût serait prohibitif. Suite à cette décision, un nouveau «rideau de fer» risque de s’ériger. Or ces mesures profiteront à Loukachenka qui ne cesse de répéter au peuple bélarussien que «personne ne nous attend en Occident». Nous avons très positivement accueilli les propositions faites le mois dernier par la Commission européenne. Pour le gouvernement de Loukachenka, elles offrent une bonne occasion de sortir de l’auto-isolement international et de la situation économique peu enviable dans laquelle il s’est enfoncé. Aliaksandr Loukachenka lui-même a été obligé de reconnaître, lors de la réunion du gouvernement, que l’année prochaine sera «catastrophiquement dure». Si ces propositions sont acceptées par le régime, le Bélarus pourrait obtenir un soutien considérable pour lancer les réformes politiques et socio-économiques qui sont depuis longtemps tellement nécessaires, et pour commencer un véritable rapprochement avec l’Europe, y compris par la voie d’une intégration économique progressive. Mais les espérances que le gouvernement bélarussien accepte la voie du rapprochement avec l’Union européenne sont presque nulles. Il y a déjà eu assez de propositions similaires, mais le régime n’a jamais donné de réponse concrète positive. Ses fidèles comprennent parfaitement qu’une fois lancée, la démocratisation va inévitablement et très rapidement aboutir à la fin de leur emprise. Le dirigeant actuel du Bélarus ne gagnera plus jamais de vraies élections libres. En même temps, cette offre de l’Union européenne nous donne la possibilité de faire comprendre aux citoyens de notre pays que malgré ce que dit la propagande étatique, l’Europe laisse la porte ouverte au Bélarus, mais à un Bélarus libre et démocratique. Ces propositions sont apparues à un moment très propice, celui de la campagne pour les élections locales. Il n’y aura pas de vraies élections, comme il n’y a pas de vrai gouvernement local au Bélarus. Dans le cadre de cette campagne, nous diffusons l’information sur les propositions de l’Union européenne. Nous apprécions beaucoup votre aide et nous vous en remercions chaleureusement. Je voudrais pourtant vous appeler à l’étendre et à la rendre plus souple. Il s’agit de choses déjà connues: aide aux médias libres, soutien à la société civile et aux personnes réprimées. Les programmes actuels de l’Union européenne sont élaborés pour les pays qui se trouvent déjà sur la voie de la démocratisation et des réformes. Mais ils ne peuvent pas fonctionner dans le cas du Bélarus. Pour le soutien de la démocratie dans des pays comme le mien, il est grand temps de créer un Fonds européen pour la démocratie qui aurait des moyens réels pour œuvrer en direction de pays de régime dictatorial. L’Europe ne doit pas baisser les bras en disant «que peut-on y faire?». Vous pouvez faire beaucoup! Vous pouvez nous aider à casser le blocus informationnel, à briser la vision bornée du monde imposée à mes compatriotes par la propagande gouvernementale, à créer un espace public propice à un débat citoyen ouvert où vont se retrouver les auteurs indépendants, les intellectuels et les autorités morales. Ceci va sans aucun doute contribuer au développement plus rapide de la société civile au Bélarus. Le message récent de l’Europe au peuple bélarussien a été à la fois une démonstration de votre solidarité avec nous et un rappel au régime actuel de sa responsabilité pour ses crimes. Et ce qui est le plus important: dans ce message, il s’agit de la place de notre pays en Europe. Je suis profondément convaincu que l’Europe ne pourra pas être complète sans le Bélarus. C’est pourquoi nous répétons les mêmes mots d’ordre que mes ancêtres qui avaient participé à l’insurrection libératrice contre la tyrannie: «Pour votre et notre liberté». Moi, Bélarussien et citoyen d’un pays européen, je vous remercie de tout mon cœur et aussi de la part de tous ceux qui, en mars dernier, étaient sur la place, et de tous ceux qui ont été ou sont maintenant en prison pour avoir défendu ou pour défendre le droit fondamental de vivre dans un pays libre. Je vous remercie d’avoir foi en notre victoire. Je promets que notre victoire ne tardera pas. Mon pays n’est plus comme autrefois, il a moins peur, il croit aux changements. Bientôt le Bélarus reviendra dans la famille européenne et sera de nouveau un État libre et démocratique. Les dictatures n’ont pas de perspectives historiques et, comme le démontre l’histoire, finissent tristement pour les tyrans. Le seul vrai choix dans les conditions d’une dictature, c’est le combat. Tout simplement parce que nous n’avons pas d’autre choix. Merci pour votre soutien et vive le Bélarus! Tout d’abord permettez-moi d’exprimer ma gratitude la plus sincère au Parlement européen pour m’avoir attribué cette haute distinction, le prix Andreï Sakharov, physicien génial et défenseur ardent des droits de l’homme. Je vous remercie également pour cette occasion de pouvoir parler devant vous. Ce prix ne m’appartient pas à moi seul! Avec moi, ce sont tous les Bélarussiens qui se voient attribuer ce prix, tous ceux qui ont été en mars dernier sur la place de Minsk, qui ont été jetés dans les prisons, expulsés des universités et des lieux de travail. Ce prix est pour tous ceux qui continuent le combat. Nous sommes nombreux! Nous sommes ceux qui veulent que le Bélarus revienne dans la famille des démocraties européennes et qui sont prêts, pour y arriver, à sacrifier leur bien-être personnel, leur liberté et même leur vie. Le Bélarus a toujours été un pays européen. Il a beaucoup donné à l’Europe en faisant beaucoup de sacrifices. Au XVIe siècle, il a donné à l’Europe un prototype de première constitution démocratique, le statut du grand-duché de Lituanie. Il a donné au monde plusieurs personnalités éminentes, telles que Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fédor Dostoïevski, Dmitri Chostakovitch, Tadeusz Kościuszko. Les Bélarussiens ont été les deuxièmes en Europe à traduire la Bible dans leur langue maternelle. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, c’est au Bélarus qu’on a vu se développer le mouvement de résistance le plus puissant en Europe, au prix de la vie d’un habitant sur trois. Sur six millions de Juifs exterminés lors de l’Holocauste, 1 million venait du Bélarus. S’il faut mériter la liberté, nous l’avons méritée! Par toute notre histoire et les sacrifices consentis en son nom. Chaque siècle, à cause de guerres interminables, le Bélarus perdait de un quart jusqu’à un tiers de ses fils et filles, il perdait son élite. Notre peuple a passé par un déracinement forcé de l’identité nationale, par l’amputation de sa mémoire historique. En 1991, nous nous sommes réjouis d’avoir finalement obtenu notre indépendance. Mais nous n’avons pas tout de suite réalisé que la liberté et l’indépendance ne sont pas la même chose. Aujourd’hui, de nouveau, nous luttons pour la liberté et défendons l’indépendance. Nous le faisons non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour nos enfants qui, à l’instar des enfants français, lituaniens, polonais et britanniques, ont le droit de vivre dans un pays libre. Ce sont nos enfants qui, après les élections du 19 mars, restaient debout toute la nuit sur la place de Minsk, lorsque les adultes ne pouvaient plus résister au froid et rentraient chez eux. Ce sont nos enfants qui ont été jetés dans les camions fermés, où l’on étouffait, et mis dans des prisons, tandis que leurs parents mettaient des jours pour les retrouver. Ce sont nos enfants qui, après être sortis des prisons, ont été expulsés des universités pour leur choix de conscience. Mais pas un instant, ils n’ont mis en doute la justesse de notre choix commun. Je suis fier d’eux. Tout au long de la semaine qui a suivi les élections, alors que nous étions restés sur la place et protestions contre les falsifications grossières des résultats de ces élections, les autorités ont arrêté plus d’un millier de personnes. Les prisons de Minsk n’avaient jamais été remplies à craquer: ce fut précisément le cas pendant cette semaine-là. Le régime a compris qu’il n’allait pas faire cesser ce mouvement de protestation, même par la force de ses troupes. C’est pourquoi, au cours de ces quelques jours, les autorités ont arrêté tous ceux qui venaient sur la place, même ceux qui portaient tout simplement de l’eau, de la nourriture et des vêtements chauds aux habitants de la «cité des tentes»."@fr8
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"Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, je vais m'exprimer dans ma langue maternelle parce que je voudrais dire ce que je pense et que je pense toujours en bélarusse. C'est pourquoi je vais parler dans la langue qui me permet le mieux d'exprimer mes sentiments. Le 19 mars, les autorités ne s’attendaient pas à voir sortir des dizaines de milliers de personnes, malgré les menaces de représailles. Cela a été notre première victoire. Je réalise très clairement qu’il nous faudra encore obtenir beaucoup de victoires semblables avant de mettre fin à ce régime illégal. Aujourd’hui M. Aliaksandr Kazouline, ancien candidat présidentiel, se trouve en prison, condamné à 5 ans et demi de détention. Actuellement, il est en grève de la faim depuis plus de 50 jours. L'état de sa santé est extrêmement grave, il a perdu 40 kilos, sa vie est menacée. Ce prix est aussi pour lui, ainsi que pour Zmitser Dachkevitch, Pavel Seviarynets, Mikola Statkevitch et Andreï Klimaǔ et tous les autres prisonniers politiques de mon pays. Ce prix est un signe de la prise de conscience de l'Europe par rapport à la situation au Bélarus. Ce prix est un exemple formidable de la politique morale. Ce prix est un signe de reconnaissance de l'avenir européen du Bélarus. Aujourd'hui, cette haute distinction aurait pu être reçue par le leader depuis plusieurs années du mouvement démocratique bélarussien, le professeur Hienadź Karpienka. Ou par l'ancien ministre des affaires intérieures Yury Zakharanka. Ou bien par Viktar Hantchar, le vice-président du dernier parlement légitime au Bélarus. Ces personnes sont les héros, les combattants pour la liberté du Bélarus. Mais elles ont disparu sans laisser de traces ou sont assassinées. C'est par ces moyens, anciens comme la haine humaine et désespérément désuets comme l'inquisition, que les pouvoirs bélarussiens d'aujourd'hui sévissent contre leurs opposants. Dans son discours de réception du prix Nobel de la paix, Andreï Sakharov a dit: "Je suis convaincu que la confiance internationale, la compréhension mutuelle, le désarmement et la sécurité internationale ne sont pas concevables sans une société ouverte avec la liberté d'information, la liberté de conscience, la le droit de voyager et de choisir le pays de résidence". Je partage cette position. L'académicien Sakharov a toujours prôné la résistance non violente. En cela, je suis également son adepte. Et nous avons tout pour gagner: la foi en l'avenir européen du Bélarus, la solidarité, l'audace et l'expérience. Pour beaucoup de jeunes gens, le bleu – la couleur du drapeau européen – est devenu un symbole. En mars dernier, ce drapeau a été hissé à côté de notre drapeau national blanc-rouge-blanc. Comme signe de solidarité avec nous il y avait également les drapeaux de la Lituanie, de l'Ukraine, de la Pologne, de la Russie, de l'Estonie, de l'Azerbaïdjan, de la Géorgie. Nous devons surmonter la peur qui, au cours des dix dernières années, a imprégné la conscience des gens du fait d'une propagande permanente. Andreï Sakharov mettait en garde: "La liberté de pensée est la seule garantie contre la contamination des gens par des mythes collectifs qui, dans les mains des hypocrites perfides et des démagogues peut se transformer en une dictature sanglante". C'est ce qui se passe aujourd'hui au Bélarus. On réintroduit les monuments à la gloire de Staline. En reprenant les "meilleures" traditions du système soviétique, les médias officiels déversent sans arrêt des torrents de mensonges et de calomnies, comme à l'époque de Sakharov. L'ennemi principal est l'Occident et les démocrates locaux sont présentés comme ses agents. Le régime se trouve aujourd'hui dans une situation difficile, son économie planifiée n'est pas efficace, la Russie menace de stopper les préférences économiques. Pour cette raison, le pouvoir s'énerve et essaie d'en rendre les opposants politiques responsables. À la fin du mois de novembre, lors de sa rencontre avec les journalistes ukrainiens, M. Loukachenka a déclaré que "cette opposition fuit à l'étranger où elle demande d'appliquer les sanctions économiques contre le pays et elle est contente que demain les prix du gaz vont augmenter". Je voudrais profiter de l'occasion pour déclarer, du haut de cette tribune européenne, en toute responsabilité et à tout le monde, notamment au peuple bélarussien, que ce sont des mensonges! Nous n'avons jamais demandé d'appliquer des sanctions économiques contre notre pays car nous comprenons parfaitement que ces sanctions vont en premier lieu frapper les citoyens ordinaires du Bélarus. Quant au pouvoir en place, il trouvera toujours les moyens pour soutenir ses fonctionnaires. Nous n'avons eu de cesse de répéter que le gaz russe cesserait d'être bon marché pour le Bélarus, qu'il allait devenir cher en Russie elle-même. Il est dommage que les dirigeants bélarussiens n'aient pas saisi la chance qui se présentait et n'aient pas utilisé les possibilités qu'ils ont eues pendant longtemps de mener de vraies réformes économiques. Maintenant c'est le peuple bélarussien qui va en subir les conséquences. Parmi les conditions principales que Moscou impose à présent à Loukachenka pour son soutien économique et politique de longue date figurent le passage à la monnaie unique au rouble russe, et l'adoption de l'acte constitutionnel du soi-disant "État d'union" dans la version russe. L'acceptation de ces conditions signifierait la perte inéluctable par le Bélarus de sa souveraineté. Pour le moment, les dirigeants politiques bélarussiens résistent encore à aller dans cette direction. Ces derniers temps, Loukachenka exprime ouvertement son inquiétude concernant l'indépendance du pays. Il parle du lien évoqué depuis longtemps déjà par les forces démocratiques bélarussiennes entre l'indépendance et le bien-être. Mais dans le cas de Loukachenka, il ne faut pas confondre la défense de l'indépendance avec la défense de ses intérêts personnels et avec sa volonté de conserver le pouvoir à tout prix. Lui-même et son entourage se rendent parfaitement compte qu'avec la perte de l'indépendance et l'arrivée du capital russe dans le pays, ils seraient peu nombreux à conserver leurs postes ainsi que leurs richesses. Mais on ne peut pas exclure que, mené par un instinct de conservation, le pouvoir bélarussien acceptera les conditions déjà mentionnées de Moscou et organisera un référendum pour les approuver. Il faut savoir que c'est seulement la démocratie, et non pas la dictature, qui peut être la garantie de l'indépendance bélarussienne. Le fait que nous ne parvenions pas pour l'instant à trouver un langage commun avec Moscou ne signifie pas que les forces démocratiques bélarussiennes sont dirigées contre la Russie. Nous voulons vivre dans un État souverain et construire les meilleures relations possibles avec la Russie. Nous sommes prêts à prendre en compte ses intérêts mais à condition qu'ils n'aillent pas à l'encontre de nos propres intérêts. La Russie est pour nous, comme pour l'UE, un partenaire stratégique. Le Bélarus démocratique sera un ami crédible et prévisible pour la Russie. Nous pensons que l'interdiction d'entrée dans les pays de l'Union européenne pour les personnes qui transgressent la Constitution et qui participent aux répressions est une mesure très efficace. La liste de ces "combattants contre la démocratie" doit être élargie. En même temps, je vous appelle à ne pas augmenter le coût des visas Schengen pour les citoyens bélarussiens. Il est prévu qu'à partir du 1er janvier 2007, le prix du visa Schengen sera de 60 euros. Pour la majorité écrasante des Bélarussiens qui ont un besoin énorme de contacts libres avec l'Occident, ce coût serait prohibitif. Suite à cette décision, un nouveau "rideau de fer" risque de s'ériger. Or ces mesures profiteront à Loukachenka qui ne cesse de répéter au peuple bélarussien que "personne ne nous attend en Occident". Nous avons très positivement accueilli les propositions faites le mois dernier par la Commission européenne. Pour le gouvernement de Loukachenka, elles offrent une bonne occasion de sortir de l'auto-isolement international et de la situation économique peu enviable dans laquelle il s'est enfoncé. Aliaksandr Loukachenka lui-même a été obligé de reconnaître, lors de la réunion du gouvernement, que l'année prochaine sera "catastrophiquement dure". Si ces propositions sont acceptées par le régime, le Bélarus pourrait obtenir un soutien considérable pour lancer les réformes politiques et socio-économiques qui sont depuis longtemps tellement nécessaires, et pour commencer un véritable rapprochement avec l'Europe, y compris par la voie d'une intégration économique progressive. Mais les espérances que le gouvernement bélarussien accepte la voie du rapprochement avec l'Union européenne sont presque nulles. Il y a déjà eu assez de propositions similaires, mais le régime n'a jamais donné de réponse concrète positive. Ses fidèles comprennent parfaitement qu'une fois lancée, la démocratisation va inévitablement et très rapidement aboutir à la fin de leur emprise. Le dirigeant actuel du Bélarus ne gagnera plus jamais de vraies élections libres. En même temps, cette offre de l'Union européenne nous donne la possibilité de faire comprendre aux citoyens de notre pays que malgré ce que dit la propagande étatique, l'Europe laisse la porte ouverte au Bélarus, mais à un Bélarus libre et démocratique. Ces propositions sont apparues à un moment très propice, celui de la campagne pour les élections locales. Il n'y aura pas de vraies élections, comme il n'y a pas de vrai gouvernement local au Bélarus. Dans le cadre de cette campagne, nous diffusons l'information sur les propositions de l'Union européenne. Nous apprécions beaucoup votre aide et nous vous en remercions chaleureusement. Je voudrais pourtant vous appeler à l'étendre et à la rendre plus souple. Il s’agit de choses déjà connues: aide aux médias libres, soutien à la société civile et aux personnes réprimées. Les programmes actuels de l'Union européenne sont élaborés pour les pays qui se trouvent déjà sur la voie de la démocratisation et des réformes. Mais ils ne peuvent pas fonctionner dans le cas du Bélarus. Pour le soutien de la démocratie dans des pays comme le mien, il est grand temps de créer un Fonds européen pour la démocratie qui aurait des moyens réels pour œuvrer en direction de pays de régime dictatorial. L'Europe ne doit pas baisser les bras en disant "que peut-on y faire?". Vous pouvez faire beaucoup! Vous pouvez nous aider à casser le blocus informationnel, à briser la vision bornée du monde imposée à mes compatriotes par la propagande gouvernementale, à créer un espace public propice à un débat citoyen ouvert où vont se retrouver les auteurs indépendants, les intellectuels et les autorités morales. Ceci va sans aucun doute contribuer au développement plus rapide de la société civile au Bélarus. Le message récent de l'Europe au peuple bélarussien a été à la fois une démonstration de votre solidarité avec nous et un rappel au régime actuel de sa responsabilité pour ses crimes. Et ce qui est le plus important: dans ce message, il s'agit de la place de notre pays en Europe. Je suis profondément convaincu que l'Europe ne pourra pas être complète sans le Bélarus. C'est pourquoi nous répétons les mêmes mots d'ordre que mes ancêtres qui avaient participé à l'insurrection libératrice contre la tyrannie: "Pour votre et notre liberté". Moi, Bélarussien et citoyen d'un pays européen, je vous remercie de tout mon cœur et aussi de la part de tous ceux qui, en mars dernier, étaient sur la place, et de tous ceux qui ont été ou sont maintenant en prison pour avoir défendu ou pour défendre le droit fondamental de vivre dans un pays libre. Je vous remercie d'avoir foi en notre victoire. Je promets que notre victoire ne tardera pas. Mon pays n'est plus comme autrefois, il a moins peur, il croit aux changements. Bientôt le Bélarus reviendra dans la famille européenne et sera de nouveau un État libre et démocratique. Les dictatures n'ont pas de perspectives historiques et, comme le démontre l'histoire, finissent tristement pour les tyrans. Le seul vrai choix dans les conditions d'une dictature, c'est le combat. Tout simplement parce que nous n'avons pas d'autre choix. Merci pour votre soutien et vive le Bélarus! Tout d’abord permettez-moi d’exprimer ma gratitude la plus sincère au Parlement européen pour m’avoir attribué cette haute distinction, le prix Andreï Sakharov, physicien génial et défenseur ardent des droits de l’homme. Je vous remercie également pour cette occasion de pouvoir parler devant vous. Ce prix ne m'appartient pas à moi seul! Avec moi, ce sont tous les Bélarussiens qui se voient attribuer ce prix, tous ceux qui ont été en mars dernier sur la place de Minsk, qui ont été jetés dans les prisons, expulsés des universités et des lieux de travail. Ce prix est pour tous ceux qui continuent le combat. Nous sommes nombreux! Nous sommes ceux qui veulent que le Bélarus revienne dans la famille des démocraties européennes et qui sont prêts, pour y arriver, à sacrifier leur bien-être personnel, leur liberté et même leur vie. Le Bélarus a toujours été un pays européen. Il a beaucoup donné à l’Europe en faisant beaucoup de sacrifices. Au XVIe siècle, il a donné à l’Europe un prototype de première constitution démocratique, le statut du grand-duché de Lituanie. Il a donné au monde plusieurs personnalités éminentes, telles que Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fédor Dostoïevski, Dmitri Chostakovitch, Tadeusz Kościuszko. Les Bélarussiens ont été les deuxièmes en Europe à traduire la Bible dans leur langue maternelle. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, c’est au Bélarus qu’on a vu se développer le mouvement de résistance le plus puissant en Europe, au prix de la vie d'un habitant sur trois. Sur six millions de Juifs exterminés lors de l’Holocauste, 1 million venait du Bélarus. S'il faut mériter la liberté, nous l’avons méritée! Par toute notre histoire et les sacrifices consentis en son nom. Chaque siècle, à cause de guerres interminables, le Bélarus perdait de un quart jusqu'à un tiers de ses fils et filles, il perdait son élite. Notre peuple a passé par un déracinement forcé de l'identité nationale, par l'amputation de sa mémoire historique. En 1991, nous nous sommes réjouis d’avoir finalement obtenu notre indépendance. Mais nous n'avons pas tout de suite réalisé que la liberté et l’indépendance ne sont pas la même chose. Aujourd'hui, de nouveau, nous luttons pour la liberté et défendons l'indépendance. Nous le faisons non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour nos enfants qui, à l'instar des enfants français, lituaniens, polonais et britanniques, ont le droit de vivre dans un pays libre. Ce sont nos enfants qui, après les élections du 19 mars, restaient debout toute la nuit sur la place de Minsk, lorsque les adultes ne pouvaient plus résister au froid et rentraient chez eux. Ce sont nos enfants qui ont été jetés dans les camions fermés, où l’on étouffait, et mis dans des prisons, tandis que leurs parents mettaient des jours pour les retrouver. Ce sont nos enfants qui, après être sortis des prisons, ont été expulsés des universités pour leur choix de conscience. Mais pas un instant, ils n'ont mis en doute la justesse de notre choix commun. Je suis fier d’eux. Tout au long de la semaine qui a suivi les élections, alors que nous étions restés sur la place et protestions contre les falsifications grossières des résultats de ces élections, les autorités ont arrêté plus d’un millier de personnes. Les prisons de Minsk n'avaient jamais été remplies à craquer: ce fut précisément le cas pendant cette semaine-là. Le régime a compris qu'il n'allait pas faire cesser ce mouvement de protestation, même par la force de ses troupes. C'est pourquoi, au cours de ces quelques jours, les autorités ont arrêté tous ceux qui venaient sur la place, même ceux qui portaient tout simplement de l'eau, de la nourriture et des vêtements chauds aux habitants de la "cité des tentes"."@cs1
"Hr. formand, mine damer og herrer! Jeg vil tale mit modersmål, da jeg ønsker at give udtryk for mine tanker, og jeg tænker altid på belarussisk. Jeg vil derfor bruge det sprog, der gør det nemmest for mig at udtrykke mine følelser. Myndighederne forventede ikke, at titusindvis af demonstranter ville møde op den 19. marts på trods af truslen om repressalier. Det var vores første sejr. Jeg er helt klar over, at der skal en lang række lignende sejre til, før vi kan sætte en stopper for dette ulovlige regime. Den tidligere præsidentkandidat Aleksandr Kazulin sidder nu i fængsel, idet han er blevet idømt fem og et halvt års fængsel. Han har nu sultestrejket i over 50 dage. Hans sundhedstilstand er meget dårlig, da han har tabt 40 kg, og han er i livsfare. Denne pris tilhører også ham og Dmitrij (Zmitser) Dasjkevitj, Pavel Seviarinets, Mikola Statkevitj og Andrej Klimau samt alle de andre politiske fanger i mit land. Tildelingen af denne pris viser, at Europa er opmærksom på situationen i Belarus. Denne pris er et vidunderligt eksempel på en moralsk politik. Denne pris er en anerkendelse af Belarus' europæiske fremtid. Denne fine pris kunne være gået til den tidligere mangeårige leder af den belarussiske demokratiske bevægelse, professor Hienadz Karpienka, eller den tidligere minister for indre anliggender, Jurij Zakharanka, eller Viktar Hantchar, næstformand i det sidste lovlige parlament i Belarus. Disse folk er helte, forkæmpere for frihed i Belarus, men de er enten sporløst forsvundet eller blevet myrdet. Disse metoder, der er lige så gamle som menneskers had og lige så skrækkeligt forældede som inkvisitionen, anvendes i øjeblikket af de belarussiske myndigheder til bekæmpelse af deres modstandere. I sin tale i forbindelse med modtagelsen af Nobels fredspris sagde Andrej Sakharov: "Jeg er overbevist om, at vi ikke kan opnå international tillid, gensidig forståelse, nedrustning og international sikkerhed uden et åbent samfund med informationsfrihed, samvittighedsfrihed retten til at rejse og retten til at vælge bopælsland". Det er jeg enig i. Den akademiske Sakharov argumenterede altid for fredelig modstand. Jeg er også enig med ham på dette punkt. Vi har alt det, der skal til for at vinde, nemlig en tro på Belarus' europæiske fremtid, solidaritet, mod og erfaring. For mange unge er blå - det europæiske flags farve - blevet et symbol. I marts blev dette flag hejst sammen med vores hvide, røde og hvide nationale flag. Litauen, Ukraine, Polen, Rusland og Estland, Aserbajdsjan og Georgien hejste også deres flag for at udtrykke deres solidaritet med os. Vi må overvinde den frygt, der har fået tag i folk inden for de seneste 10 år som følge af den vedvarende propaganda. Andrej Sakharov advarede os: "'Tankefrihed er det eneste værn mod kollektive myter, der i hænderne på perfide hyklere og demagoger kan forvandles til et blodigt diktatur". Det er det, som sker i Belarus i dag. Der opføres nu igen monumenter til ære for Stalin. De "bedste" traditioner fra Sovjetsystemet genoplives, idet de officielle medier udsender en uendelig strøm af løgne og bagvaskelser som på Sakharovs tid. Hovedfjenden er Vesten, og lokale demokrater anses for at være agenter for Vesten. Regimet er i en vanskelig position i dag. Planøkonomien er ikke effektiv, og Rusland truer med at sætte en stopper for økonomiske særordninger. Regeringen er derfor ved at blive nervøs og forsøger at skyde skylden på sine politiske modstandere. Ultimo november udtalte hr. Lukasjenko under et møde med ukrainske journalister følgende: "Denne opposition sniger sig til udlandet, hvor den opfordrer til indførelse af økonomiske sanktioner mod landet, og den glæder sig herefter over, at gaspriserne stiger i morgen". Jeg vil gerne benytte denne lejlighed, hvor jeg taler fra en europæisk talerstol, til under fuldt ansvar at sige til alle, herunder navnlig til den belarussiske befolkning, at det er løgn! Vi har aldrig opfordret til indførelse af økonomiske sanktioner mod vores land, og vi er fuldstændig klar over, at sådanne sanktioner først og fremmest rammer almindelige borgere i Belarus. Det magthavende regime vil altid finde metoder til at støtte sine embedsmænd. Vi har altid sagt, at russisk gas vil blive dyrere for Belarus, og at det også ville blive dyrere i Rusland. Det er en skam, at de belarussiske ledere ikke benyttede sig af den mulighed, der opstod, og at de ikke har benyttet sig af de muligheder, som de længe har haft for at gennemføre reelle økonomiske reformer. Den belarussiske befolkning skal nu betale prisen. Moskvas hovedkrav til hr. Lukasjenko til gengæld for den mangeårige økonomiske og politiske støtte er bl.a. deltagelse i den monetære union, dvs. indførelse af den russiske rubel som fælles valuta, og vedtagelse af forfatningsloven for "unionsstaten", som den kaldes i Rusland. Belarus vil uundgåeligt miste sin suverænitet, hvis landet går ind på disse betingelser. De belarussiske politiske ledere nægter fortsat at bevæge sig i denne retning. Hr. Lukasjenko gav for nylig åbent udtryk for, at han var bekymret over landets uafhængighed. Han taler om sammenhængen mellem uafhængighed og velvære, hvilket de demokratiske kræfter i Belarus har gjort gennem lang tid. I hans tilfælde sker der imidlertid en uheldig sammenblanding mellem hans forsvar for uafhængighed og hans forsvar for personlige interesser og ønske om at fastholde magten for enhver pris. Hr. Lukasjenko og de folk, han omgiver sig med, er fuldstændig klar over, at kun et fåtal af dem vil kunne fastholde deres position eller deres velstand, hvis landet mister sin selvstændighed og accepterer den russiske rubel som fælles valuta. Vi kan imidlertid ikke udelukke den mulighed, at det belarussiske regime på grund af sin selvopholdelsesdrift accepterer Moskvas betingelser og lægger dem ud til folkeafstemning. Der er ingen tvivl om, at Belarus' uafhængighed kun kan sikres gennem demokrati og ikke diktatur. Den kendsgerning, at det endnu ikke er lykkedes os at finde fælles fodslag med Moskva, betyder ikke, at de demokratiske kræfter i Belarus er imod Rusland. Vi ønsker at bo i en suveræn stat og opbygge de bedst mulige forbindelser med Rusland. Vi er indstillet på at tage hensyn til russiske interesser, forudsat at de ikke er i strid med vores egne interesser. Rusland er en strategisk partner for os som for EU. Et demokratisk Belarus vil være en troværdig partner, som Rusland kan have tillid til. Vi mener, at det er en meget effektiv foranstaltning, at personer, der krænker forfatningen og deltager i undertrykkelse, nægtes indrejse i EU-medlemsstaterne. Listen over demokratiets fjender bør udvides. Jeg opfordrer samtidig EU til ikke at øge omkostningerne ved udstedelse af Schengen-visa til belarussiske borgere. Pr. 1. januar 2007 kommer det efter planen til at koste 60 euro at få udstedt et Schengen-visum. Langt de fleste belarussere, der har desperat brug for uhindret kontakt til Vesten, vil ikke kunne betale dette gebyr. Der er således risiko for, at denne afgørelse vil føre til et nyt "jerntæppe". Disse foranstaltninger vil være til fordel for hr. Lukasjenko, der altid fortæller den belarussiske befolkning, at "vi er uønskede i Vesten". Vi glædede os meget over Kommissionens forslag i sidste måned. De giver hr. Lukasjenko mulighed for at lægge den internationale selvvalgte isolation og landets fortsat dårlige økonomiske situation bag sig. På regeringsmødet blev Aleksandr Lukasjenko selv nødt til at erkende, at næste år vil blive "katastrofalt hårdt". Hvis regimet accepterer disse forslag, vil Belarus kunne modtage en betydelig støtte til iværksættelse af politiske og socioøkonomiske reformer, der længe har været hårdt tiltrængte, og landet kan for alvor påbegynde tilnærmelsen til Europa, bl.a. gennem gradvis økonomisk integration. Der er stort set ingen chance for, at den belarussiske regering vil acceptere en sådan tilnærmelse til EU. Der har allerede været forelagt en lang række lignende forslag, men regimet har aldrig reageret positivt og konkret. De rettroende er helt på det rene med, at demokratiseringsprocessen uundgåeligt og meget hurtigt vil sætte en stopper for deres kvælertag, når den er blevet indledt. Den nuværende leder i Belarus vil aldrig kunne vinde et reelt frit valg. Dette EU-forslag giver os samtidig mulighed for at få vores borgere til at forstå, at Europa lader døren stå åben for Belarus, uanset hvad der siges som led i statspropagandaen, men for et frit og demokratisk Belarus. Disse forslag er blevet forelagt på et meget hensigtsmæssigt tidspunkt, nemlig under kampagnen op til lokalvalget. Der vil ikke blive afholdt et reelt frit valg, da der ikke er noget reelt lokalt selvstyre i Belarus. Vi distribuerer oplysningsmateriale om EU's forslag under denne kampagne. Vi værdsætter i høj grad Parlamentets bidrag. Mange tak. Jeg vil imidlertid bede Dem om at yde et større bidrag og udvise større fleksibilitet. Jeg tænker her på allerede velkendte tiltag såsom støtte til frie medier, støtte til civilsamfundet og til undertrykte borgere. EU's eksisterende programmer er udarbejdet til lande, der allerede har indledt demokratiseringsprocessen og gennemførelsen af reformer, men de virker ikke i Belarus. Med henblik på at fremme demokratiet i lande som Belarus er det på høje tid, at der oprettes en europæisk demokratifond med egentlige ressourcer allokeret til diktaturlande. Europa må ikke trække på skuldrene og sige "Hvad kan vi gøre ved det?" Europa kan gøre meget! Europa kan hjælpe os med at nedbryde informationsbarriererne og den snævre opfattelse af verden, som regeringens propaganda pålægger mine landsmænd, at skabe et offentligt rum, der fremmer en åben debat i befolkningen og fører uafhængige forfattere, intellektuelle og moralske autoriteter sammen. Dette vil uden tvivl medvirke til en hurtigere udvikling af civilsamfundet. Europas seneste budskab til den belarussiske befolkning var både udtryk for den europæiske solidaritet og en påmindelse til det nuværende regime om dets ansvar for sine forbrydelser. Det vigtigste aspekt er imidlertid, at dette budskab bør gøre det klart, at vores land er en del af Europa. Jeg er fuldstændig overbevist om, at Europa aldrig bliver et fuldt Europa uden Belarus. Derfor gentager vi det slogan, der blev brugt af vores forfædre, der gjorde oprør mod tyranni i kampen for frihed. "For jeres frihed og for vores". Som belarusser og borger i et europæisk land vil jeg gerne takke Dem af hele mit hjerte, og jeg takker Dem også på vegne af alle demonstranterne på pladsen i marts, og alle de mennesker, der har været - eller stadig er - i fængsel, fordi de har forsvaret deres basale ret til at leve i et frit land. Tak, fordi De tror på vores sejr. Jeg lover Dem, at sejren kommer inden længe. Mit land har forandret sig. Vi er mindre bange og tror på forandringer. Belarus vender snart tilbage til den europæiske familie og vil igen være en fri og demokratisk stat. Historisk set har diktaturer ingen fremtid, og historien har vist, at tyranner lider en krank skæbne. Det eneste rigtige at gøre i et diktatur er at kæmpe imod, fordi vi ganske enkelt ikke har andet valg. Tak for Deres støtte og længe leve Belarus! Jeg vil gerne indledningsvis takke Parlamentet varmt for tildelingen af denne store pris, Andrej Sakharov-prisen, opkaldt efter den geniale fysiker og glødende menneskerettighedsforkæmper. Jeg vil også gerne takke, fordi jeg har fået mulighed for at tale i Parlamentet. Det er ikke kun min pris! Den tilhører alle de belarussere, alle de mennesker, der var samlet på pladsen i Minsk i marts, og som er blevet kastet i fængsel og bortvist fra universiteter og arbejdspladser. Denne pris er til alle, som fortsætter kampen. Vi er mange! Det er os, der vil have, at Belarus skal finde tilbage til familien af europæiske demokratier, og vi er klar til at ofre vores egen velfærd, vores frihed - ja selv vores liv for at nå dette mål. Belarus har altid været et europæisk land. Det har i høj grad bidraget til Europa og bragt mange ofre. I det 19. århundrede bidrog landet med den første prototype på en demokratisk forfatning, Storhertugdømmet Litauens forfatning. En række fremtrædende personligheder kommer fra Belarus som f.eks. Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fyodor Dostojevskij, Dmitrij Sjostakovitj og Tadeusz Kościuszko. Belarus var det andet land i Europa, der oversatte bibelen til modersmålet. Under anden verdenskrig var modstandsbevægelsen i Belarus den største i Europa, og den kostede hver tredje indbygger livet. Af de seks millioner jøder, der blev udryddet under holocausten, kom en million fra Belarus. Hvis der er nogen, der fortjener frihed, er det os! Vi har gjort os fortjent til frihed gennem hele vores historie og de ofre, som vi har bragt for friheden. Belarus mistede mellem en fjerdedel og en tredjedel af sine sønner og døtre hvert århundrede som følge af de endeløse krige. Belarus mistede eliten. Befolkningens nationale identitet er blevet rykket op med rode, og dens historiske hukommelse er blevet slettet. I 1991 blev vi henrykte over, at vi endelig fik frihed, men dengang vidste vi ikke, at frihed og uafhængighed ikke er det samme. I dag kæmper vi på ny for vores frihed og forsvarer vores uafhængighed. Det gør vi ikke kun for vores egen skyld, men også for vores børns skyld, da de har ret til at leve i et frit land i lighed med franske, litauiske, polske og britiske børn. Det var vores børn, der opholdt sig på pladsen i Minsk gennem lange nætter efter valget den 19. marts, da de voksne ikke kunne holde kulden ud og derfor gik hjem. Det var vores børn, der blev smidt ind i lukkede lastvogn, hvor de var ved at blive kvalt, og herefter fængslet, mens deres forældre brugte dage på at lede efter dem. Det var vores børn, der blev bortvist fra universiteterne på grund af deres overbevisning efter deres løsladelse. De var imidlertid ikke et øjeblik i tvivl om, at vi havde valgt rigtigt. Jeg er stolt af dem. Myndighederne arresterede over tusind mennesker i ugen efter valget, hvor vi blev på pladsen for at protestere mod den skandaløse forfalskning af valgresultaterne. Fængslerne i Minsk havde aldrig tidligere været fyldt til bristepunktet, men det var netop, hvad der skete i løbet af denne uge. Styret erkendte, at de kun kunne sætte en stopper for protestbevægelsen ved brug af militær magt. Dette er baggrunden for, at myndighederne i disse få dage arresterede alle, der kom på pladsen, selv dem, der blot bragte mad, vand og varmt tøj til demonstranterne i "teltbyen"."@da2
"Herr Präsident, meine Damen und Herren Abgeordneten! Ich werde in meiner Muttersprache sprechen, denn ich möchte sagen, was ich denke, und ich denke stets auf Belarussisch. Deshalb werde ich mich der Sprache bedienen, die es mir ermöglicht, meine Gefühle am besten zum Ausdruck zu bringen. Am 19. März rechneten die Behörden nicht damit, dass trotz der Androhung von Repressalien Zehntausende Menschen auf die Straße gehen würden. Das war unser erster Sieg. Mir ist klar, dass wir noch viele solcher Siege brauchen, um diesem illegalen Regime ein Ende zu setzen. Heute befindet sich der ehemalige Präsidentschaftskandidat Alexander Kazulin im Gefängnis; er wurde zu fünfeinhalb Jahren Haft verurteilt. Derzeit befindet er sich seit mehr als fünfzig Tagen im Hungerstreik. Sein Gesundheitszustand ist sehr ernst, er hat 40 Kilo verloren, sein Leben ist in Gefahr. Dieser Preis gilt auch ihm, ebenso wie Smitser Daschkewitsch, Pawel Severinets, Nikola Statkewitsch und Andrej Klimaǔ und all den anderen politischen Gefangenen in meinem Land. Dieser Preis ist ein Zeichen dafür, dass sich Europa der Lage in Belarus bewusst wird. Dieser Preis ist ein großartiges Beispiel für eine moralische Politik. Dieser Preis ist ein Zeichen der Anerkennung der europäischen Zukunft von Belarus. Diese hohe Auszeichnung hätte heute auch von Professor Hienadź Karpienka entgegengenommen werden können, der mehrere Jahre lang die belarussische demokratische Bewegung geführt hat. Oder von dem ehemaligen Innenminister Juri Sacharenko. Oder von Viktar Hantschar, dem Vizepräsidenten des letzten rechtmäßigen Parlaments von Belarus. Diese Persönlichkeiten sind Helden, Kämpfer für die Freiheit von Belarus. Aber sie sind spurlos verschwunden oder wurden ermordet. Mit diesen Mitteln, die so alt sind wie der menschliche Hass und hoffnungslos veraltet wie die Inquisition, gehen die belarussischen Machthaber von heute gegen die Opposition vor. In seiner Rede bei der Verleihung des Friedensnobelpreises erklärte Andrej Sacharow: „Ich bin überzeugt, dass internationales Vertrauen, gegenseitiges Verständnis, Abrüstung und internationale Sicherheit nicht denkbar sind ohne eine offene Gesellschaft mit Informationsfreiheit, Gewissensfreiheit, Glasnost, das Recht zu reisen und sein Wohnsitzland frei zu wählen“. Ich teile diesen Standpunkt. Der Wissenschaftler Sacharow hat stets den gewaltfreien Widerstand gepredigt. Auch hier schließe ich mich ihm an. Und wir haben alle Voraussetzungen, um zu siegen: den Glauben an die europäische Zukunft von Belarus, Solidarität, Mut und Erfahrung. Für viele junge Menschen ist Blau – die Farbe der Europaflagge – zum Symbol geworden. Im März wurde diese Flagge an der Seite unserer weiß-rot-weißen Nationalflagge gehisst. Als Zeichen der Solidarität dieser Länder mit uns waren auch die Fahnen Litauens, der Ukraine, Polens, Russlands, Estlands, Aserbaidschans und Georgiens aufgezogen. Wir müssen die Angst überwinden, die das Bewusstsein der Menschen aufgrund der ständigen Propaganda in den letzten zehn Jahren geprägt hat. Andrej Sacharow warnte: „Die Gedankenfreiheit ist die einzige Garantie gegen die Ansteckung der Menschen durch kollektive Mythen, die sich in den Händen perfider Heuchler und Demagogen in eine blutige Diktatur verwandeln können“. Das geschieht heute in Belarus. Man errichtet neue Denkmäler zum Ruhme Stalins. In Fortführung der „besten“ Traditionen des Sowjetsystems verbreiten die offiziellen Medien unaufhörlich Ströme von Lügen und Verleumdungen, ebenso wie zu Zeiten Sacharows. Der Hauptfeind ist der Westen, und die einheimischen Demokraten werden als seine Agenten dargestellt. Das Regime befindet sich heute in einer schwierigen Situation. Seine Planwirtschaft ist nicht effizient, Russland droht mit der Einstellung der Wirtschaftspräferenzen. Aus diesem Grunde verlieren die Machthaber die Nerven und versuchen, die Verantwortung der politischen Opposition zuzuschieben. Ende November erklärte Lukaschenko, dass „diese Opposition ins Ausland flüchtet, wo sie fordert, dass Wirtschaftssanktionen gegen das Land verhängt werden, und sie frohlockt darüber, dass morgen die Gaspreise steigen“. Lassen Sie mich die Gelegenheit nutzen, um von dieser europäischen Tribüne aus in vollem Verantwortungsbewusstsein und vor aller Welt, vor allem dem belarussischen Volk, zu erklären, dass dies Lügen sind! Wir haben niemals Wirtschaftssanktionen gegen unser Land gefordert, denn uns ist vollkommen klar, dass diese Sanktionen in erster Linie die einfachen Bürger von Belarus treffen würden. Die herrschenden Machthaber werden immer Wege finden, um ihren Funktionären Unterstützung zukommen zu lassen. Wir haben ständig erklärt, dass das russische Gas künftig nicht mehr billig für Belarus sein würde, dass es auch in Russland selbst teuer werden würde. Es ist bedauerlich, dass die belarussischen Führer nicht die Chance ergriffen haben und nicht die Möglichkeiten genutzt haben, die sich ihnen lange Zeit boten, um echte Wirtschaftsreformen durchzuführen. Jetzt wird das belarussische Volk die Konsequenzen zu tragen haben. Zu den Hauptbedingungen, die Moskau gegenwärtig Lukaschenko stellt, um ihm langfristig wirtschaftliche und politische Unterstützung zu gewähren, gehört die Einführung einer einheitlichen Währung, de facto des russischen Rubels, und die Annahme des Verfassungsakts eines – wie es im Russischen heißt – „Unionsstaates“. Die Annahme dieser Bedingungen würde bedeuten, dass Belarus unausweichlich seine Souveränität einbüßt. Im Augenblick widersetzen sich die führenden belarussischen Politiker noch einer Entwicklung in diese Richtung. In letzter Zeit bringt Lukaschenko offen seine Beunruhigung hinsichtlich der Unabhängigkeit des Landes zum Ausdruck. Er spricht von dem Zusammenhang zwischen Unabhängigkeit und Wohlstand, auf den die demokratischen belarussischen Kräfte bereits seit langem verweisen. Aber im Falle Lukaschenkos darf man die Verteidigung der Unabhängigkeit nicht mit der Verteidigung seiner persönlichen Interessen und seinem Willen, seine Macht um jeden Preis zu erhalten, verwechseln. Er selbst und seine Umgebung sind sich vollkommen darüber im Klaren, dass mit dem Verlust der Unabhängigkeit und dem Eindringen des russischen Kapitals in das Land nur wenige von ihnen ihre Posten und ihre Reichtümer bewahren könnten. Es ist jedoch nicht auszuschließen, dass die belarussischen Machthaber aus Selbsterhaltungstrieb die Bedingungen Moskaus akzeptieren und eine Volksabstimmung organisieren könnten, um die Zustimmung dafür zu erlangen. Es besteht jedoch kein Zweifel daran, dass allein die Demokratie, nicht aber die Diktatur die belarussische Unabhängigkeit garantieren kann. Die Tatsache, dass wir gegenwärtig keine gemeinsame Sprache mit Moskau finden, bedeutet nicht, dass die belarussischen demokratischen Kräfte gegen Russland eingestellt sind. Wir wollen in einem souveränen Staat leben und die bestmöglichen Beziehungen zu Russland aufbauen. Wir sind bereit, seine Interessen zu berücksichtigen, aber unter der Bedingung, dass sie nicht unseren eigenen zuwiderlaufen. Russland ist für uns wie auch für die EU ein strategischer Partner. Ein demokratisches Belarus wird ein glaubwürdiger und berechenbarer Partner für Russland sein. Wir sehen in dem Einreiseverbot in die EU-Länder für Personen, die die Verfassung verletzen und an Repressionsmaßnahmen beteiligt sind, eine sehr wirksame Maßnahme. Die Liste der Feinde der Demokratie sollte erweitert werden. Gleichzeitig appelliere ich an Sie, die Gebühren für die Schengen-Visa für belarussische Bürger nicht zu erhöhen. Es ist vorgesehen, dass ab 1. Januar 2007 die Gebühren für ein Schengen-Visum 60 Euro betragen. Für die überwiegende Mehrheit der Belarussen, die einen enormen Bedarf an freien Kontakten mit dem Westen haben, wären diese Gebühren unerschwinglich. Von dieser Entscheidung würde die Gefahr ausgehen, dass ein neuer „eiserner Vorhang“ entsteht. Diese Maßnahmen kämen also Lukaschenko zugute, der dem belarussischen Volk ständig einredet, dass „uns im Westen niemand will“. Wir sind sehr erfreut über die Vorschläge, die die Europäische Kommission im vergangenen Monat gemacht hat. Sie bieten der Regierung Lukaschenko eine gute Gelegenheit, aus der internationalen Selbstisolierung und der wenig beneidenswerten wirtschaftlichen Situation herauszukommen, in die sie sich gebracht hat. Alexander Lukaschenko selbst musste auf einer Kabinettssitzung einräumen, dass das nächste Jahr „katastrophal hart“ werden wird. Wenn diese Vorschläge durch das Regime akzeptiert werden, könnte Belarus eine beträchtliche Unterstützung erhalten, um die seit langem anstehenden politischen und sozioökonomischen Reformen einzuleiten und mit einer echten Annäherung an Europa zu beginnen, einschließlich einer schrittweisen Wirtschaftsintegration. Aber die Hoffnungen, dass die belarussische Regierung den Weg der Annährung an die Europäische Union akzeptiert, sind fast gleich null. Es gab genug ähnliche Vorschläge, aber das Regime hat niemals eine konkrete positive Antwort gegeben. Seine Anhänger begreifen sehr wohl, dass die Demokratisierung, wenn sie einmal begonnen hat, unausweichlich und sehr rasch das Ende ihres Einflusses zur Folge haben wird. Der derzeitige Führer von Belarus würde niemals echte freie Wahlen gewinnen. Gleichzeitig bietet uns dieses Angebot der Europäischen Union die Möglichkeit, den Bürgern unseres Landes klar zu machen, dass entgegen der staatlichen Propaganda Europa die Tür für Belarus offen hält, allerdings für ein freies und demokratisches Belarus. Diese Vorschläge kamen zu einem sehr günstigen Zeitpunkt, zur Zeit des Wahlkampfes für die Gemeindewahlen. Es wird keine wirklichen Wahlen geben, wie es keine wirklichen Kommunalvertretungen in Belarus gibt. Im Rahmen dieses Wahlkampfes informieren wir über die Vorschläge der Europäischen Union. Wir schätzen Ihre Hilfe sehr und danken Ihnen von ganzem Herzen dafür. Ich möchte dennoch an Sie appellieren, diese Hilfe noch auszuweiten und flexibler zu handhaben. Es geht um Dinge, die bereits bekannt sind: Hilfe für die freien Medien, Hilfe für die Zivilgesellschaft und unterdrückte Personen. Die derzeitigen Programme der Europäischen Union werden für Länder ausgearbeitet, die sich bereits auf dem Wege der Demokratisierung und der Reformen befinden, doch sie können im Falle von Belarus nicht funktionieren. Für die Unterstützung der Demokratie in Ländern wie dem meinen muss unbedingt ein Europäischer Fonds für Demokratie geschaffen werden, der über reale Mittel verfügt, um auf Länder mit einem diktatorischen Regime einzuwirken. Europa darf nicht untätig bleiben und sagen: Was können wir hier tun? Sie können viel tun! Sie können uns helfen, die Informationsblockade zu durchbrechen, die beschränkte Weltsicht zu beseitigen, die meinen Landsleuten durch die Regierungspropaganda aufgezwungen wird, einen öffentlichen Raum für eine offene Bürgerdebatte zu schaffen, in dem sich unabhängige Autoren, Intellektuelle und moralische Instanzen begegnen. Das wird zweifellos zur rascheren Entwicklung der Zivilgesellschaft in Belarus beitragen. Die jüngste Botschaft Europas an das belarussische Volk war zugleich eine Demonstration Ihrer Solidarität mit uns und eine Mahnung an das gegenwärtige Regime, sich der Verantwortung für seine Verbrechen zu stellen. Am wichtigsten aber ist, dass diese Botschaft klarstellt, dass unseres Land zu Europa gehört. Ich bin zutiefst davon überzeugt, dass Europa ohne Belarus nicht vollständig sein kann. Deshalb wiederholen wir die gleichen Losungen wie unsere Ahnen, die sich gegen die Tyrannei und für die Freiheit erhoben: „Für eure und für unsere Freiheit“. Als Belarusse und Bürger eines europäischen Landes danke ich Ihnen von ganzem Herzen, auch im Namen all derer, die im März dieses Jahres auf dem zentralen Platz versammelt waren, und all derer, die im Gefängnis waren oder sind, weil sie das Grundrecht auf ein Leben in einem freien Land verteidigt haben oder noch verteidigen. Ich danke Ihnen, dass Sie an unseren Sieg glauben. Ich verspreche Ihnen, dass unser Sieg kommen wird. Mein Land hat sich verändert, es hat weniger Angst, es glaubt an den Wandel. Bald wird Belarus in die europäische Familie zurückkehren und wieder ein freier und demokratischer Staat sein. Diktaturen haben keine historische Perspektive und enden, wie die Geschichte beweist, traurig für die Tyrannen. Unter den Bedingungen einer Diktatur ist die einzige wirkliche Alternative der Kampf, ganz einfach weil keine andere Wahl besteht. Danke für Ihre Unterstützung. Es lebe Belarus! Zunächst möchte ich dem Europäischen Parlament aufrichtig für die Verleihung dieser hohen Auszeichnung, des Sacharow-Preises, danken, der benannt ist nach dem genialen Physiker und glühenden Verfechter der Menschenrechte. Zugleich danke ich Ihnen, dass Sie mir Gelegenheit geben, vor Ihnen das Wort zu ergreifen. Dieser Preis gehört nicht mir allein! Mit mir wird dieser Preis allen Belarussen verliehen, all jenen, die im März dieses Jahres auf dem zentralen Platz von Minsk waren, die ins Gefängnis geworfen und aus den Universitäten und von ihren Arbeitsplätzen verjagt wurden. Dieser Preis ist für all jene bestimmt, die den Kampf fortsetzen. Wir sind sehr zahlreich! Wir sind diejenigen, die wollen, dass Belarus in die Familie der europäischen Demokratien zurückkehrt, und die bereit sind, hierfür ihren persönlichen Wohlstand, ihre Freiheit und sogar ihr Leben zu opfern. Belarus war immer ein europäisches Land. Es hat Europa viel gegeben und viele Opfer gebracht. Im 19. Jahrhundert schenkte es Europa den Prototyp einer ersten demokratischen Verfassung, das Statut des Großherzogtums Litauen. Es gab der Welt zahlreiche große Persönlichkeiten wie Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fjodor Dostojewski, Dimitri Schostakowitsch, Tadeusz Kościuszko. Die Belarussen waren das zweite Volk in Europa, das die Bibel in seine Muttersprache übersetzte. Während des zweiten Weltkrieges entwickelte sich in Belarus die mächtigste Widerstandsbewegung in Europa, was jeden dritten Einwohner das Leben kostete. Von den sechs Millionen Juden, die durch den Holocaust ihr Leben lassen mussten, kam eine Million aus Belarus. Wenn man sich die Freiheit verdienen muss, so haben wir sie verdient! Durch unsere ganze Geschichte und die in ihrem Namen gebrachten Opfer haben wir sie verdient. In jedem Jahrhundert verlor Belarus aufgrund nicht enden wollender Kriege ein Drittel bis ein Viertel seiner Söhne und Töchter, es verlor seine Elite. Unser Volk durchlebte die gewaltsame Zerstörung seiner nationalen Identität, die Auslöschung seines historischen Gedächtnisses. Im Jahr 1991 konnten wir zu unserer Freude endlich unsere Unabhängigkeit erlangen. Jedoch haben wir nicht sofort begriffen, dass Freiheit und Unabhängigkeit nicht dasselbe sind. Heute kämpfen wir erneut für die Freiheit und verteidigen die Unabhängigkeit. Wir tun dies nicht nur für uns selbst, sondern auch für unsere Kinder, die ebenso wie die französischen, litauischen, polnischen und britischen Kinder das Recht haben, in einem freien Land zu leben. Unsere Kinder harrten nach den Wahlen vom 19. März die ganze Nacht auf dem zentralen Platz von Minsk aus, als die Erwachsenen die Kälte nicht mehr ertragen konnten und nach Hause gingen. Unsere Kinder wurden in geschlossene Lastwagen geworfen, wo man fast erstickte, und ins Gefängnis gesteckt, während ihre Eltern Tage brauchten, um sie wieder zu finden. Unsere Kinder wurden nach ihrer Freilassung aus dem Gefängnis wegen ihrer Gewissensentscheidung von den Universitäten verjagt. Aber nicht einen Augenblick lang haben sie die Richtigkeit unserer gemeinsamen Entscheidung in Zweifel gezogen. Ich bin stolz auf sie. In der Woche nach den Wahlen, während wir auf dem zentralen Platz ausharrten und gegen die grobe Verfälschung der Wahlergebnisse protestierten, verhafteten die Behörden über tausend Menschen. Die Gefängnisse von Minsk waren niemals so brechend voll wie in jener Woche. Das Regime begriff, dass es diese Protestbewegung auch mit der Kraft seiner Truppen nicht zum Schweigen bringen kann. Deshalb verhafteten die Behörden in diesen wenigen Tagen alle, die auf den Platz kamen, auch diejenigen, die den Bewohnern der „Zeltstadt“ einfach nur Wasser, etwas zu essen oder warme Kleidung brachten."@de9
"Κύριε Πρόεδρε, κυρίες και κύριοι βουλευτές, θα μιλήσω στη μητρική μου γλώσσα, διότι θέλω να πω αυτό που σκέφτομαι και πάντα σκέφτομαι στα λευκορώσικα. Γι’ αυτό και θα μιλήσω στη γλώσσα που μου επιτρέπει καλύτερα να εκφράζω τα αισθήματά μου. Στις 19 Μαρτίου, οι αρχές δεν ανέμεναν να δουν να προσέρχονται δεκάδες χιλιάδες άτομα, παρά τις απειλές για αντίποινα. Αυτή ήταν η πρώτη νίκη μας. Αντιλαμβάνομαι ξεκάθαρα ότι θα χρειαστεί να πετύχουμε πολλές ανάλογες νίκες προτού θέσουμε ένα τέλος σε αυτό το παράνομο καθεστώς. Σήμερα ο κ. Aliaksandr Kazulin, πρώην προεδρικός υποψήφιος, βρίσκεται στη φυλακή, καταδικασμένος σε πεντέμισι χρόνια κάθειρξη. Στην παρούσα φάση, πραγματοποιεί απεργία πείνας για πάνω από 50 ημέρες. Η κατάσταση της υγείας του είναι εξαιρετικά σοβαρή, έχει χάσει πάνω από 40 κιλά, η ζωή του απειλείται. Αυτό το βραβείο ανήκει και σε αυτόν όπως και στον Zmitser Dachkevitch, τον Pavel Seviarynets, τον Mikola Statkevitch, τον Andreï Klimaǔ και όλους τους άλλους πολιτικούς κρατούμενους της χώρας μου. Αυτό το βραβείο αποτελεί ένα μήνυμα ότι η Ευρώπη συνειδητοποιεί την κατάσταση στη Λευκορωσία. Αυτό το βραβείο είναι ένα εξαιρετικό παράδειγμα ηθικής πολιτικής. Αυτό το βραβείο αποτελεί δείγμα αναγνώρισης του ευρωπαϊκού μέλλοντος της Λευκορωσίας. Σήμερα, αυτή την υψηλή διάκριση θα μπορούσε να την έχει λάβει ο επί πολλά έτη ηγέτης του λευκορωσικού δημοκρατικού κινήματος, ο καθηγητής Hienadź Karpienka. Ή ο πρώην Υπουργός Εσωτερικών Yury Zakharanka. Ή ο Viktar Hantchar, ο αντιπρόεδρος του τελευταίου νόμιμου κοινοβουλίου της Λευκορωσίας. Αυτοί οι άνθρωποι είναι οι ήρωες, οι μαχητές της ελευθερίας της Λευκορωσίας. Εξαφανίστηκαν όμως χωρίς να αφήσουν ίχνη ή δολοφονήθηκαν. Με αυτές τις μεθόδους, τόσο παλιές όσο και το ανθρώπινο μίσος και τόσο ξεπερασμένες όσο η Ιερά Εξέταση, οι αρχές της Λευκορωσίας κατατρέχουν σήμερα αυτούς που τις αντιπολιτεύονται. Στην ομιλία του κατά την παραλαβή του βραβείου Νόμπελ ειρήνης, ο Αντρέι Ζαχάρωφ είπε: «Είμαι πεπεισμένος ότι η διεθνής εμπιστοσύνη, η αμοιβαία κατανόηση, ο αφοπλισμός και η διεθνής ασφάλεια δεν νοούνται χωρίς μια ανοικτή κοινωνία με ελευθερία στην ενημέρωση, ελευθερία συνείδησης το δικαίωμα να ταξιδεύει κανείς και να επιλέγει τη χώρα διαμονής του». Συμμερίζομαι αυτή τη θέση. Ο ακαδημαϊκός Ζαχάρωφ ανέκαθεν εκθείαζε τη μη βίαιη αντίσταση. Σε αυτό είμαι επίσης θιασώτης του. Και έχουμε ό,τι χρειάζεται για να κερδίσουμε: πίστη στο ευρωπαϊκό μέλλον της Λευκορωσίας, αλληλεγγύη, τόλμη και εμπειρία. Για πολλούς νέους ανθρώπους, το μπλε –το χρώμα της ευρωπαϊκής σημαίας– κατέστη σύμβολο. Τον περασμένο Μάρτιο, αυτή η σημαία υψώθηκε δίπλα-δίπλα με τα εθνικά μας χρώματα, λευκό-κόκκινο-λευκό. Ως σημάδι αλληλεγγύης προς εμάς υπήρχαν επίσης οι σημαίες της Λιθουανίας, της Ουκρανίας, της Πολωνίας, της Ρωσίας, της Εσθονίας, του Αζερμπαϊτζάν και της Γεωργίας. Πρέπει να υπερβούμε τον φόβο που στη διάρκεια των τελευταίων δέκα ετών έχει διαποτίσει τη συνείδηση των ανθρώπων λόγω μιας συνεχούς προπαγάνδας. Ο Αντρέι Ζαχάρωφ προειδοποιούσε: «Η ελευθερία της σκέψης είναι η μόνη εγγύηση ενάντια στη μόλυνση των ανθρώπων από συλλογικούς μύθους που, στα χέρια των μοχθηρών υποκριτών και των δημαγωγών μπορεί να μεταμορφωθεί σε αιματηρή δικτατορία». Αυτό ακριβώς συμβαίνει σήμερα στη Λευκορωσία. Επαναφέρουμε τα μνημεία προς δόξα του Στάλιν. Αναβιώνοντας τις «καλύτερες» παραδόσεις του σοβιετικού συστήματος, τα επίσημα μέσα ενημέρωσης πλημμυρίζουν ακατάπαυστα χείμαρρους ψευδών και συκοφαντιών, όπως την εποχή του Ζαχάρωφ. Ο βασικός εχθρός είναι η Δύση και οι τοπικοί δημοκράτες παρουσιάζονται ως οι πράκτορές της. Το καθεστώς έχει σήμερα περιέλθει σε δυσχερή θέση, η σχεδιαζόμενη οικονομία του δεν είναι αποδοτική και η Ρωσία απειλεί να άρει το οικονομικό προτιμησιακό καθεστώς. Για τον λόγο αυτόν, η κυβέρνηση εκνευρίζεται και επιχειρεί να επιρρίψει την ευθύνη στους πολιτικούς της αντιπάλους. Στα τέλη Νοεμβρίου, κατά τη συνάντησή του με ουκρανούς δημοσιογράφους, ο κ. Λουκασένκο δήλωσε ότι «αυτή η αντιπολίτευση διαφεύγει στο εξωτερικό και ζητεί την επιβολή οικονομικών κυρώσεων κατά της χώρας και χαίρεται που αύριο θα αυξηθούν οι τιμές του φυσικού αερίου». Δράττομαι της ευκαιρίας για να δηλώσω από αυτό εδώ το ευρωπαϊκό βήμα, με πλήρες αίσθημα ευθύνης και ενώπιον όλων, ιδίως ενώπιον του λαού της Λευκορωσίας, ότι αυτά είναι ψέματα! Ουδέποτε ζητήσαμε την επιβολή οικονομικών κυρώσεων σε βάρος της χώρας μας, αφού αντιλαμβανόμαστε απολύτως ότι αυτές οι κυρώσεις θα πλήξουν κατά κύριο λόγο τους απλούς πολίτες της Λευκορωσίας. Όσον αφορά το σημερινό καθεστώς, πάντα θα βρίσκει τα μέσα για να στηρίζει τους υπαλλήλους του. Δεν πάψαμε να επαναλαμβάνουμε ότι το ρωσικό φυσικό αέριο θα έπαυε να πωλείται φθηνά προς τη Λευκορωσία, ότι θα γινόταν ακριβό ακόμη και στην ίδια τη Ρωσία. Είναι κρίμα που οι λευκορώσοι ηγέτες δεν άδραξαν την ευκαιρία που παρουσιαζόταν και δεν εκμεταλλεύτηκαν τις δυνατότητες που είχαν για μεγάλο διάστημα να προβούν σε πραγματικές οικονομικές μεταρρυθμίσεις. Τώρα ο λαός της Λευκορωσίας είναι αυτός που θα υποστεί τις συνέπειες. Μεταξύ των βασικών όρων που επιβάλλει στην παρούσα φάση η Μόσχα στον Λουκασένκο σε αντάλλαγμα της επί μακρόν οικονομικής και πολιτικής της στήριξη περιλαμβάνεται η ένταξη στη νομισματική ένωση, εκ των πραγμάτων στο ρωσικό ρούβλι, και η υιοθέτηση της συνταγματικής πράξης που οι Ρώσοι αποκαλούν «Κατάσταση της Ένωσης». Η αποδοχή αυτών των όρων θα σημάνει για την Λευκορωσία την αναπόδραστη απώλεια κυριαρχίας. Για την ώρα, οι λευκορώσοι πολιτικοί ηγέτες ανθίστανται ακόμη να κινηθούν προς αυτή την κατεύθυνση. Το τελευταίο διάστημα, ο Λουκασένκο εκφράζει ανοικτά την ανησυχία του όσον αφορά την ανεξαρτησία της χώρας. Μιλά για τη διασύνδεση μεταξύ ανεξαρτησίας και ευημερίας στην οποία αναφέρονται επί μακρόν οι δημοκρατικές δυνάμεις της Λευκορωσίας. Στην περίπτωση Λουκασένκο όμως, δεν πρέπει να συγχέουμε την προάσπιση της ανεξαρτησίας με την προάσπιση των προσωπικών συμφερόντων του και με την επιθυμία του να διατηρήσει την εξουσία πάση θυσία. Ο ίδιος και το περιβάλλον του συνειδητοποιούν πλήρως ότι με την απώλεια της ανεξαρτησίας και την άφιξη του ρωσικού κεφαλαίου στη χώρα, ελάχιστοι από αυτούς θα διατηρήσουν τις θέσεις και τα πλούτη τους. Δεν μπορούμε όμως να αποκλείσουμε το ενδεχόμενο, κινούμενη από ένστικτο αυτοσυντήρησης, το καθεστώς της Λευκορωσίας να αποδεχθεί τους προαναφερθέντες όρους της Μόσχας και να οργανώσει δημοψήφισμα για την έγκρισή τους. Πρέπει να γνωρίζουμε ότι μόνο η δημοκρατία και όχι η δικτατορία δύναται να εγγυηθεί την ανεξαρτησία της Λευκορωσίας. Το γεγονός ότι δεν καταφέραμε μέχρι στιγμής να βρούμε κοινή γλώσσα με τη Μόσχα δεν σημαίνει ότι οι δημοκρατικές δυνάμεις της Λευκορωσίας στρέφονται κατά της Ρωσίας. Θέλουμε να ζήσουμε σε ένα κυρίαρχο κράτος και να οικοδομήσουμε τις καλύτερες δυνατές σχέσεις με τη Ρωσία. Είμαστε έτοιμοι να λάβουμε υπόψη μας τα συμφέροντά της, υπό τον όρο όμως ότι αυτά δεν αντιβαίνουν στα δικά μας συμφέροντα. Η Ρωσία είναι για μας, όπως και για την ΕΕ, στρατηγικός εταίρος. Η δημοκρατική Λευκορωσία θα είναι αξιόπιστος και προβλέψιμος φίλος για τη Ρωσία. Θεωρούμε ότι η απαγόρευση εισόδου στις χώρες της Ευρωπαϊκής Ένωσης των ατόμων που παραβιάζουν το Σύνταγμα και συμμετέχουν στην καταστολή συνιστά λίαν αποτελεσματικό μέτρο. Ο κατάλογος αυτών των «εχθρών της δημοκρατίας» πρέπει να διευρυνθεί. Ταυτόχρονα, σας καλώ να μην αυξήσετε το κόστος των θεωρήσεων Σένγκεν για τους πολίτες της Λευκορωσίας. Προβλέπεται ότι από 1ης Ιανουαρίου 2007 το κόστος της θεώρησης Σένγκεν θα είναι 60 ευρώ. Για τη συντριπτική πλειονότητα των Λευκορώσων, που νιώθουν την τεράστια ανάγκη ελεύθερων επαφών με τη Δύση, αυτό το κόστος είναι απαγορευτικό. Μετά από αυτή την απόφαση, υπάρχει κίνδυνος να ανεγερθεί ένα νέο «σιδηρούν παραπέτασμα». Ωστόσο, αυτά τα μέτρα θα ωφελήσουν τον Λουκασένκο, ο οποίος δεν παύει να επαναλαμβάνει στον λαό της Λευκορωσίας ότι «κανείς δεν μας θέλει στη Δύση». Υποδεχθήκαμε λίαν θετικά τις προτάσεις τις οποίες έκανε τον περασμένο μήνα η Ευρωπαϊκή Επιτροπή. Παρέχουν στην κυβέρνηση Λουκασένκο μια καλή ευκαιρία εξόδου από τη διεθνή αυτο-απομόνωση και την κακή οικονομική κατάσταση στην οποία τελματώθηκε. Ο ίδιος ο Αλεξάντρ Λουκασένκο υποχρεώθηκε να αναγνωρίσει, κατά τη συνεδρίαση της κυβέρνησης, ότι η ερχόμενη χρονιά θα είναι «καταστροφικά σκληρή». Αν αυτές οι προτάσεις γίνουν δεκτές από το καθεστώς, η Λευκορωσία θα μπορέσει να εξασφαλίσει σημαντική στήριξη για τη δρομολόγηση των πολιτικών και κοινωνικο-οικονομικών μεταρρυθμίσεων, οι οποίες επί μακρόν ήταν λίαν αναγκαίες, και για να αρχίσει μια πραγματική προσέγγιση με την Ευρώπη, μεταξύ άλλων μέσω της προοδευτικής οικονομικής ολοκλήρωσης. Οι ελπίδες, όμως, να αποδεχθεί η κυβέρνηση της Λευκορωσίας την οδό της προσέγγισης με την Ευρωπαϊκή Ένωση είναι σχεδόν μηδαμινές. Υπήρξαν ήδη αρκετές παρόμοιες προτάσεις, το καθεστώς όμως ουδέποτε έδωσε σαφή θετική απάντηση. Οι πιστοί του καταλαβαίνουν απολύτως ότι μόλις ξεκινήσει ο εκδημοκρατισμός, αναπόφευκτα και ταχύτατα θα καταλήξει να τερματίσει τη χειραγώγηση που ασκούν. Ο τωρινός ηγέτης της Λευκορωσίας δεν πρόκειται ποτέ πια να κερδίσει ελεύθερες εκλογές. Την ίδια ώρα, αυτή η προσφορά της Ευρωπαϊκής Ένωσης μας δίνει τη δυνατότητα να δώσουμε στους πολίτες της χώρας μας να καταλάβουν ότι παρά τα όσα λέει η κρατική προπαγάνδα, η Ευρώπη αφήνει ανοικτή την πόρτα στη Λευκορωσία, αλλά σε μια ελεύθερη και δημοκρατική Λευκορωσία. Αυτές οι προτάσεις εμφανίστηκαν σε μια πολύ πρόσφορη στιγμή, τη στιγμή του προεκλογικού αγώνα για τις τοπικές εκλογές. Δεν θα υπάρξουν πραγματικές εκλογές, όπως δεν υπάρχει πραγματική τοπική αυτοδιοίκηση στη Λευκορωσία. Στο πλαίσιο αυτής της εκστρατείας, διαχέουμε τις πληροφορίες σχετικά με τις προτάσεις της Ευρωπαϊκής Ένωσης. Εκτιμούμε πολύ τη βοήθειά σας και σας ευχαριστούμε θερμά. Θέλω, ωστόσο, να σας ζητήσω να την επεκτείνετε και να της προσδώσετε ευελιξία. Το ζητούμενο είναι πράγματα ήδη γνωστά: ενίσχυση στα ελεύθερα μέσα ενημέρωσης, στήριξη της κοινωνίας των πολιτών και των κατατρεγμένων. Τα υφιστάμενα προγράμματα της Ευρωπαϊκής Ένωσης καταρτίζονται για τις χώρες που βρίσκονται ήδη σε φάση εκδημοκρατισμού και μεταρρυθμίσεων. Δεν μπορούν, όμως, να λειτουργήσουν στην περίπτωση της Λευκορωσίας. Για τη στήριξη της δημοκρατίας σε χώρες όπως η δική μου, είναι πλέον καιρός να δημιουργηθεί ένα ευρωπαϊκό ταμείο για τη δημοκρατία, το οποίο να έχει πραγματικά μέσα για να παρεμβαίνει σε χώρες υπό δικτατορικό καθεστώς. Η Ευρώπη δεν πρέπει να κατεβάσει τα χέρια λέγοντας «τι μπορούμε να κάνουμε;». Μπορείτε να κάνετε πολλά! Μπορείτε να μας βοηθήσετε να διασπάσουμε τον αποκλεισμό στην ενημέρωση, να αλλάξουμε την κοντόθωρη θεώρηση του κόσμου, την οποία επιβάλλει στους συμπατριώτες μου η κυβερνητική προπαγάνδα, να δημιουργήσουμε έναν δημόσιο χώρο, πρόσφορο σε μια ανοικτή συζήτηση μεταξύ των πολιτών, όπου θα συναντώνται οι ανεξάρτητοι συγγραφείς, οι διανοούμενοι και οι επιφανείς φορείς ηθικού κύρους. Αυτό αναμφίβολα θα συμβάλει στην ταχύτερη ανάπτυξη της κοινωνίας των πολιτών στη Λευκορωσία. Το πρόσφατο μήνυμα της Ευρώπης προς τον λαό της Λευκορωσίας ήταν ταυτόχρονα μια επίδειξη της αλληλεγγύης σας προς εμάς και μια υπενθύμιση προς το τωρινό καθεστώς για την ευθύνη που φέρει για τα εγκλήματά του. Το πλέον δε σημαντικό είναι ότι αυτό το μήνυμα πρέπει να καθιστά σαφές ότι η θέση της χώρας μας είναι στην Ευρώπη. Είμαι βαθιά πεπεισμένος ότι η Ευρώπη δεν θα είναι ποτέ πλήρης χωρίς τη Λευκορωσία. Γι’ αυτό και επαναλαμβάνουμε τα ίδια συνθήματα με τους προγόνους μου, που συμμετείχαν στην απελευθερωτική εξέγερση ενάντια στην τυραννία: «Για τη δική σας και τη δική μας ελευθερία». Εγώ, ως Λευκορώσος και ως πολίτης μιας ευρωπαϊκής χώρας, σας ευχαριστώ ολόψυχα αλλά και εκ μέρους όλων όσοι τον περασμένο Μάρτιο ήταν στην πλατεία και εκ μέρους όλων όσοι ήταν, ή είναι ακόμη, στη φυλακή επειδή προασπίστηκαν το θεμελιώδες δικαίωμα τους να ζουν σε μια ελεύθερη χώρα. Σας ευχαριστώ που πιστεύετε στη νίκη μας. Υπόσχομαι ότι η νίκη μας δεν θα αργήσει. Η χώρα μου έχει αλλάξει, φοβάται πλέον λιγότερο και πιστεύει στις αλλαγές. Οσονούπω η Λευκορωσία θα επανέλθει στην ευρωπαϊκή οικογένεια και θα ξαναγίνει ελεύθερο και δημοκρατικό κράτος. Ιστορικά, οι δικτατορίες δεν έχουν προοπτικές και όπως καταδεικνύει η ιστορία οι τύραννοι έχουν θλιβερή κατάληξη. Η μόνη πραγματική επιλογή σε συνθήκες δικτατορίας είναι ο αγώνας. Απλώς και μόνο διότι δεν έχουμε άλλη επιλογή. Σας ευχαριστώ για την υποστήριξή σας και ζήτω η Λευκορωσία! Καταρχάς, επιτρέψτε μου να εκφράσω την πιο ειλικρινή ευγνωμοσύνη μου προς το Ευρωπαϊκό Κοινοβούλιο, που μου απένειμε αυτή την υψηλή διάκριση, το βραβείο Αντρέι Ζαχάρωφ, το οποίο πήρε το όνομά του από τον λαμπρό φυσικό και διαπρύσιο κήρυκα των ανθρωπίνων δικαιωμάτων. Σας ευχαριστώ, επίσης, για την ευκαιρία που μου δίνετε να μιλήσω ενώπιόν σας. Αυτό το βραβείο δεν ανήκει μόνο σε μένα! Μαζί με μένα, τιμώνται όλοι οι Λευκορώσοι, όλοι αυτοί που ήταν τον περασμένο Μάρτιο στην πλατεία του Μινσκ, οι οποίοι ρίχτηκαν στη φυλακή, εκδιώχθηκαν από τα πανεπιστήμια και τις εργασίες τους. Αυτό το βραβείο ανήκει σε όλους όσοι συνεχίζουν τον αγώνα. Είμαστε πολυάριθμοι! Είμαστε αυτοί που επιδιώκουν να επιστρέψει η Λευκορωσία στην οικογένεια των ευρωπαϊκών δημοκρατιών και που είναι έτοιμοι να θυσιάσουν την προσωπική ευημερία τους, την ελευθερία τους, ακόμη και τη ζωή τους γι’ αυτό. Η Λευκορωσία ήταν ανέκαθεν ευρωπαϊκή χώρα. Έδωσε πολλά στην Ευρώπη, προβαίνοντας σε πολλές θυσίες. Τον 19ο αιώνα, έδωσε στην Ευρώπη ένα πρωτότυπο ενός πρώιμου δημοκρατικού συντάγματος, τον καταστατικό χάρτη του Μεγάλου Δουκάτου της Λιθουανίας. Έδωσε στον κόσμο πολλές εξέχουσες προσωπικότητες, όπως ο Γκιγιώμ Απολινέρ, ο Μαρκ Σαγκάλ, ο Φιοντόρ Ντοστογιέφσκι, ο Ντιμίτρι Σοστακόβιτς, ο Ταντέους Κοσιούσκο. Οι Λευκορώσοι ήταν οι δεύτεροι στην Ευρώπη που μετέφρασαν τη Βίβλο στη μητρική τους γλώσσα. Κατά τον Δεύτερο Παγκόσμιο Πόλεμο, στη Λευκορωσία αναπτύχθηκε το ισχυρότερο αντιστασιακό κίνημα στην Ευρώπη, με τίμημα τη ζωή του ενός στους τρεις κατοίκους. Από τα έξι εκατομμύρια Εβραίους που εξοντώθηκαν κατά το Ολοκαύτωμα, το ένα εκατομμύριο προερχόταν από τη Λευκορωσία. Αν πρέπει να αξίζει κάποιος την ελευθερία, αυτός είμαστε εμείς! Χάρη σε όλη την ιστορία μας και τις θυσίες που κάναμε εν ονόματί της. Κάθε αιώνα, λόγω ατελείωτων πολέμων, η Λευκορωσία έχανε το ένα τέταρτο με ένα τρίτο των παιδιών της, έχανε την ελίτ της. Ο λαός μας βίωσε έναν καταναγκαστικό ξεριζωμό της εθνικής του ταυτότητας και τον ακρωτηριασμό της ιστορικής μνήμης του. Το 1991, χαρήκαμε που επιτέλους εξασφαλίσαμε την ανεξαρτησία μας. Δεν αντιληφθήκαμε όμως αμέσως ότι η ελευθερία και η ανεξαρτησία δεν είναι το ίδιο και το αυτό. Σήμερα, αγωνιζόμαστε εκ νέου για την ελευθερία και υπερασπιζόμαστε την ανεξαρτησία μας. Το κάνουμε όχι μόνο για τους εαυτούς μας, αλλά και για τα παιδιά μας που, κατά το παράδειγμα των παιδιών της Γαλλίας, της Λιθουανίας, της Πολωνίας και της Βρετανίας δικαιούνται να ζουν σε μιαν ελεύθερη χώρα. Τα παιδιά μας ήταν αυτά που, μετά τις εκλογές της 19ης Μαρτίου, παραμένανε όρθια όλη τη νύχτα στην πλατεία του Μινσκ, όταν οι ενήλικες δεν μπορούσαν πλέον να αντέξουν το κρύο και επέστρεφαν σπίτια τους. Τα παιδιά μας ήταν αυτά που φορτώθηκαν σε κλειστά φορτηγά, τα οποία ήταν αποπνικτικά, και ρίχτηκαν στη φυλακή, ενώ οι γονείς τους τα αναζητούσαν επί ημέρες. Τα παιδιά μας ήταν αυτά που, αφού βγήκαν από τη φυλακή, εκδιώχθηκαν από τα πανεπιστήμια λόγω των επιλογών της συνείδησής τους. Ούτε στιγμή όμως, δεν αμφέβαλαν για τον δίκαιο χαρακτήρα της κοινής επιλογής μας. Είμαι υπερήφανος γι’ αυτά. Καθ’ όλη τη διάρκεια της εβδομάδας μετά τις εκλογές, ενώ παραμέναμε στην πλατεία και διαμαρτυρόμασταν για τη χονδροειδή παραποίηση των αποτελεσμάτων αυτών των εκλογών, οι αρχές συνέλαβαν περισσότερα από χίλια άτομα. Οι φυλακές του Μινσκ ποτέ άλλοτε δεν είχαν γεμίσει τόσο ασφυκτικά: αυτό ακριβώς συνέβη εκείνη την εβδομάδα. Το καθεστώς κατάλαβε ότι δεν επρόκειτο να σταματήσει αυτό το κίνημα διαμαρτυρίας, ούτε καν με τη δύναμη των όπλων του. Γι’ αυτό και στη διάρκεια εκείνων των ημερών, οι αρχές συνέλαβαν όλους όσοι προσέρχονταν στην πλατεία, ακόμη και εκείνους που απλώς έφερναν νερό, τρόφιμα και ζεστά ρούχα στους κατοίκους της «πόλης των σκηνών»."@el10,10
"Mr President, ladies and gentlemen, I shall speak in my mother tongue because I would like to say what I think, and I always think in Belarusian. I am therefore going to speak in the language that best allows me to express my feelings. On 19 March, the authorities did not expect to see tens of thousands of people coming out, despite the threat of reprisals. That was our first victory. I am very well aware that we will need many more similar victories before we can put an end to that illegal regime. The former presidential candidate, Mr Aliaksandr Kazulin, is now in prison, sentenced to five and a half years. He has now been on hunger strike for more than 50 days. His state of health is extremely serious: he has lost 40 kilos, and his life is in danger. This prize is also for him, and for Zmitser Dachkevitch, Pavel Seviarynets, Mikola Statkevitch and Andreï Klimaǔ and all of the other political prisoners in my country. This prize is a sign of Europe's awareness of the situation in Belarus. This prize is a wonderful example of moral politics. This prize is a recognition of Belarus's European future. This high distinction today could have been received by the person who was the leader of the Belarusian democratic movement for several years, Professor Hienadź Karpienka. Or by the former Internal Affairs Minister, Yury Zakharanka. Or by Viktar Hantchar, the vice-president of the last legitimate parliament in Belarus. These people are heroes, fighters for the freedom of Belarus, but they have disappeared without trace or have been murdered. These are the methods, as old as human hate and as horrifically outmoded as the inquisition, that the Belarusian authorities currently use against their opponents. In his speech on receiving the Nobel Peace Prize, Andrei Sakharov said: ‘I am convinced that international trust, mutual understanding, disarmament and international security are not possible without an open society with freedom of information, freedom of conscience the right to travel and the right to choose one's country of residence'. I share that view. The academic Sakharov always preached non-violent resistance. I agree with him in that regard too. We have everything we need to win: faith in Belarus’s European future, solidarity, courage and experience. For many young people, blue – the colour of the European flag – has become a symbol. In March, that flag was raised alongside our white, red and white national flag. As a sign of those countries’ solidarity with us, the flags of Lithuania, of Ukraine, of Poland, of Russia, of Estonia, of Azerbaijan and of Georgia were also flown. We must conquer the fear that has impregnated people’s consciences over the last ten years as a result of constant propaganda. Andrei Sakharov issued a warning: ‘Freedom of thought is the only safeguard against the contamination of people by collective myths, which, in the hands of perfidious hypocrites and demagogues, can turn into a bloody dictatorship’. That is what is happening today in Belarus. Monuments to the glory of Stalin are reappearing. Resurrecting the ‘best’ traditions of the Soviet system, the official media endlessly pours out torrents of lies and slander, as in Sakharov’s era. The main enemy is the West and local democrats are depicted as its agents. The regime is in a difficult situation today. Its planned economy is not efficient, and Russia is threatening to put an end to economic preferences. For that reason, the government is getting nervous and is trying to blame its political opponents. At the end of November, at his meeting with Ukrainian journalists, Mr Lukachenka stated that, ‘this opposition sneaks abroad to call for the application of economic sanctions against the country and is then happy that gas prices are going to rise tomorrow’. I would like to take this opportunity to state from this European platform, taking full responsibility and to everybody, particularly the Belarusian people, that these are lies! We have never called for economic sanctions against our country and we are perfectly aware that such sanctions primarily hit the ordinary citizens of Belarus. The regime in power will always find ways to sustain its officials. We have always stated that Russian gas would no longer be cheap for Belarus, that it was going to become expensive in Russia itself. It is a shame that the Belarusian leaders have not taken the opportunity that had presented itself and that they have not taken advantage of the possibilities they have had for a long time to carry out real economic reforms. Now the Belarusian people are going to suffer the consequences. The main conditions that Moscow currently imposes on Mr Lukachenko in return for their long-standing economic and political support include joining the monetary union, effectively the Russian rouble, and the adoption of the constitutional act of what the Russians call the ‘Union State’. Accepting these conditions would inevitably mean a loss of sovereignty for Belarus. The Belarusian political leaders are currently still resisting a move in that direction. Mr Lukachenka has recently openly expressed his concern about the country's independence. He talks about the link, which Belarusian democratic forces have been talking about for a long time, between independence and well-being. But in his case, defending independence must not be confused with defending his personal interests and his desire to hold on to power at all costs. He and his entourage are perfectly aware that, with the loss of independence and the arrival of Russian capital in the country, very few of them would keep their positions or their wealth. We cannot rule out the possibility, however, that, led by an instinct for self-preservation, the Belarusian regime will accept Moscow’s conditions and call a referendum to approve them. There can be no doubt that only democracy, rather than dictatorship, can guarantee Belarus’s independence. The fact that we have not so far found a common language with Moscow does not mean that the Belarusian democratic forces are against Russia. We want to live in a sovereign State and build the best possible relations with Russia. We are prepared to take account of its interests, provided that they do not run counter to our own interests. Russia is a strategic partner for us, as it is for the EU. A democratic Belarus will be a credible and reliable friend to Russia. We believe that banning entry to the countries of the European Union for people violating the Constitution and participating in repression is a very effective measure. This list of enemies of democracy should be extended. At the same time, I would appeal to you not to increase the cost of Schengen visas for Belarusian citizens. From 1 January 2007, the cost of a Schengen visa is expected to be EUR 60. For the overwhelming majority of Belarusians who desperately need free contacts with the West, that cost would be prohibitive. That decision is in danger of creating a new ‘iron curtain’. These measures will benefit Mr Lukachenka, who is always telling the Belarusian people that 'nobody wants us in the West'. We were very pleased with the European Commission’s proposals last month. They offer Mr Lukachenka’s government a good opportunity to leave behind the international self-isolation and the poor economic situation that it is stuck in. Aliaksandr Lukachenka himself was obliged to acknowledge, at the meeting of the government, that next year will be ‘catastrophically tough’. If the regime accepts these proposals, Belarus will be able to receive considerable support for the launching of the political and socio-economic reforms that have been so necessary for so long, and to begin a genuine rapprochement with Europe, including by means of gradual economic integration. However, there is practically no hope that the Belarusian Government will accept the course of rapprochement with the European Union. There have already been plenty of similar proposals, but the regime has never responded in a positive concrete fashion. Its faithful are perfectly aware that, once it is launched, democratisation will inevitably and very quickly put an end to their stranglehold. The current leader of Belarus would never win genuine free elections. At the same time, this European Union proposal offers us the opportunity to make the citizens of our country understand that, despite what the State propaganda says, Europe is leaving the door open to Belarus, but to a free and democratic Belarus. These proposals have appeared at a very appropriate time, during the local election campaign. There will be no genuine elections, just as there is no genuine local government in Belarus. Within the context of that campaign, we are distributing information on the European Union's proposals. We appreciate your assistance very much and we thank you most warmly for it. I would, however, ask you to extend it and make it more flexible. We are talking about things that are already well-known: assistance for free media, support for civil society and for repressed people. The European Union’s current programmes are drawn up for countries that are already moving towards democracy and carrying out reforms, but they cannot work in the case of Belarus. In order to promote democracy in countries such as mine, it is high time that a European Fund for democracy were created with real resources geared towards countries with dictatorial regimes. Europe must not shrug its shoulders and say ‘what can we do about it?’. There is a lot you can do! You can help us to break down the barriers to information and the restricted view of the world imposed upon my fellow countrymen by government propaganda, to create a public space conducive to open debate amongst the citizens, bringing together independent authors, intellectuals and moral authorities. This will undoubtedly help civil society in Belarus to develop more quickly. Europe’s recent message to the Belarusian people was both a demonstration of your solidarity and a reminder to the current regime of its responsibility for its crimes. The most important thing, however, is that that message should make clear that our country belongs in Europe. It is my profound conviction that Europe will never be complete without Belarus. That is why we repeat the same slogans as my ancestors who rose up against tyranny for the sake of freedom: ‘For your freedom and for ours.’ As a Belarusian and a citizen of a European country, I would like to thank you from the bottom of my heart and I also thank you on behalf of all of those people who were on the square in March and those who have been, or still are, in prison for defending their fundamental right to live in a free country. I thank you for having faith in our victory. I promise you that our victory will not be long in coming. My country has changed. It is less afraid and it believes in change. Belarus will soon return to the European family and will once again be a free and democratic State. Historically, dictatorships have no future and, as history shows, they end badly for the tyrants. Under a dictatorship, the only real option is to fight, simply because we have no other choice. Thank you for your support and long live Belarus! I would like to begin by thanking the European Parliament most warmly for awarding me this high honour, the Andrei Sakharov Prize, named after the brilliant physicist and ardent defender of human rights. I would also like to thank you for giving me this opportunity to speak to you. This prize is not for me alone! It is for all the Belarusians, for all of those who were in the square in Minsk last March, who have been thrown into prison and expelled from universities and workplaces. This prize is for all of those who are carrying on with the fight. There are many of us! We are the ones who want Belarus to return to the family of European democracies and who are ready to sacrifice our personal well-being, our freedom and even our lives to get there. Belarus has always been a European country. It has given a lot to Europe, making many sacrifices. In the 19th century, it gave Europe a prototype for a first democratic constitution, the statute of the Grand-Duchy of Lithuania. It gave the world several eminent personalities, such as Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fyodor Dostoevsky, Dimitri Shostakovich and Tadeusz Kościuszko. The Belarusians were the second in Europe to translate the Bible into their mother tongue. During the Second World War, it was in Belarus that the most powerful resistance movement in Europe emerged, costing the lives of one out of every three inhabitants. Of the six million Jews exterminated in the Holocaust, one million came from Belarus. If anyone deserves freedom, it is us! We have earned it through the whole of our history and the sacrifices we have made on its behalf. Every century, as a result of endless wars, Belarus lost from a quarter to a third of its sons and daughters. It lost its elite. Our people have suffered the forced uprooting of their national identity and the eradication of their historical memory. In 1991, we were delighted to finally achieve our independence, but at the time we did not realise that freedom and independence are not the same thing. Today, we are once again fighting for freedom and defending our independence. We are doing so not just for ourselves, but also for our children, who, like French, Lithuanian, Polish and British children, have the right to live in a free country. It was our children who spent long nights standing on the square in Minsk after the elections on 19 March, when the adults could not stand the cold and returned to their homes. It was our children who were thrown into closed lorries, suffocating, and imprisoned, while their parents spent days looking for them. It was our children who, having been released from prison, were expelled from universities for their choice of conscience. But not for one moment did they doubt the justice of our common choice. I am proud of them. Throughout the week following the elections, when we were remaining on the square and protesting against the outrageous falsification of the results of those elections, the authorities arrested more than a thousand people. Minsk’s prisons had never been full to bursting: that was exactly what happened during that week. The regime realised that that protest movement could only be ended by military force. That is why, during those few days, the authorities arrested everybody who came to the square, even those who were simply bringing food, water and warm clothing to the people living in the 'tent city'."@en4
". Señor Presidente, Señorías, me expresaré en mi lengua materna porque quisiera decir lo que pienso y siempre pienso en belaruso. Por ello hablaré en la lengua que me permite expresar mejor mis sentimientos. El 19 de marzo, las autoridades no esperaban ver salir decenas de miles de personas, a pesar de la amenaza de represalias. Esa fue nuestra primera victoria. Comprendo con toda realidad que necesitamos obtener muchas más victorias semejantes para poner fin a este régimen ilegal. El ex candidato presidencial, Aliaksandr Kazulin, se encuentra hoy en prisión, condenado a 5 años y medio de cárcel. Actualmente está en huelga de hambre desde hace más de 50 días. Su estado de salud es extremadamente grave, ha perdido 40 kilos y su vida corre peligro. Este premio también es para él, así como para Zmitser Dachkevitch, Pavel Seviarynets, Mikola Statkevitch y Andreï Klimaǔ y todos los demás presos políticos de mi país. Este premio es una señal de la toma de conciencia de Europa sobre la situación en Belarús. Este premio es un ejemplo formidable de política moral. Este premio es una señal de reconocimiento del futuro europeo de Belarús. Hoy, esta alta distinción habría podido ser recibida por el líder del movimiento democrático belaruso durante varios años, el profesor Hienadź Karpienko. O por el ex ministro del Interior, Yuri Zajaranka. O por Viktar Hantchar, vicepresidente del último Parlamento legítimo de Belarús. Esas personas son los héroes, los combatientes por la libertad de Belarús. Pero han desaparecido sin dejar rastro o han sido asesinados. Con esos medios, antiguos como el odio humano y desesperadamente desusados como la inquisición, los poderes belarusos de hoy arrasan a sus oponentes. En su discurso de recepción del Premio Nobel de la Paz, Andreï Sajarov dijo: «Estoy convencido de que la confianza internacional, la comprensión mutua, el desarme y la seguridad internacional no pueden concebirse sin una sociedad abierta, con libertad de información, libertad de conciencia el derecho a viajar y el derecho a elegir el país de residencia». Comparto esa posición. El académico Sajarov siempre preconizó la resistencia no violenta. También en esto soy adepto suyo. Y lo tenemos todo para ganar: la fe en el futuro europeo de Belarús, la solidaridad, la audacia y la experiencia. Para muchos jóvenes, el azul –el color de la bandera europea– se ha convertido en un símbolo. El pasado mes de marzo, esa bandera fue alzada junto a nuestra bandera nacional, blanca, roja y blanca. En señal de solidaridad con nosotros había también banderas de Lituania, Ucrania, Polonia, Rusia, Estonia, Azerbaiyán y Georgia. Debemos superar el miedo que en los últimos diez años ha impregnado la conciencia de la gente debido a la propaganda permanente. Andreï Sajarov advertía: «La libertad de pensamiento es la única garantía contra la contaminación de la gente por mitos colectivos, que, en manos de pérfidos hipócritas y demagogos, puede transformarse en una dictadura sangrienta». Es lo que pasa hoy en Belarús. Reaparecen monumentos a la gloria de Stalin. Recuperando la «mejor» tradición del sistema soviético, los medios de comunicación oficiales vierten sin cesar torrentes de mentiras y calumnias, como en la época de Sajarov. El principal enemigo es Occidente y los demócratas locales, sus agentes. El régimen se encuentra hoy en una situación difícil, su economía planificada no es eficaz, Rusia amenaza con poner fin a las preferencias económicas. Por esta razón, el Gobierno se pone nervioso e intenta responsabilizar de ello a los oponentes políticos. A finales del mes de noviembre, en su encuentro con periodistas ucranios, el señor Lukashenko declaró que «esta oposición huye al extranjero, donde pide que se apliquen sanciones económicas contra el país y se alegra de que mañana vaya a subir el precio del gas». Quisiera aprovechar la ocasión para declarar, desde esta tribuna europea, con toda responsabilidad y a todo el mundo, en especial al pueblo belaruso, que eso son mentiras. Nunca hemos pedido que se apliquen sanciones económicas contra nuestro país, porque comprendemos perfectamente que esas sanciones perjudicarán en primer lugar a los ciudadanos corrientes de Belarús. En cuanto al poder establecido, siempre encontrará medios para sostener a sus funcionarios. No hemos dejado de repetir que el gas ruso dejaría de ser barato para Belarús, que se iba a encarecer en la propia Rusia. Es una pena que los dirigentes belarusos no hayan aprovechado las oportunidades que se les presentaron y utilizado las posibilidades que tuvieron durante mucho tiempo para efectuar verdaderas reformas económicas. Ahora es el pueblo belaruso el que va a sufrir las consecuencias. Entre las principales condiciones que Moscú impone ahora al señor Lukashenko a cambio de su prolongado apoyo económico y político figuran el paso a la moneda única, de hecho al rublo ruso, y la adopción del acta constitucional del supuesto «Estado de unión» en la versión rusa. La aceptación de estas condiciones significaría para Belarús la pérdida ineluctable de su soberanía. Por el momento, los dirigentes políticos belarusos se resisten a avanzar en esta dirección. En los últimos tiempos, Lukashenko ha manifestado abiertamente su preocupación por la independencia del país. Habla del vínculo, desde hace mucho evocado por las fuerzas democráticas belarusas, entre independencia y bienestar. Pero en el caso de Lukashenko, no hay que confundir la defensa de la independencia con la defensa de sus intereses personales y su voluntad de conservar el poder a cualquier precio. Él mismo y su entorno se dan perfecta cuenta de que con la pérdida de la independencia y la llegada del capital ruso al país, serían pocos los que mantendrían sus cargos y riquezas. Pero no se puede excluir que, llevado por un instinto de conservación, el poder belaruso acepte las condiciones indicadas por Moscú y organice un referéndum para aprobarlas. Hay que saber que solo la democracia, y no la dictadura, puede ser garantía de la independencia belarusa. El hecho de que por el momento no consigamos encontrar un lenguaje común con Moscú no significa que las fuerzas democráticas belarusas estén contra Rusia. Queremos vivir en un Estado soberano y establecer las mejores relaciones posibles con Rusia. Estamos dispuestos a tener en cuenta sus intereses, pero a condición de que no vayan en contra de nuestros propios intereses. Rusia es para nosotros, como para la UE, un socio estratégico. La Belarús democrática será una amiga creíble y fiable de Rusia. Pensamos que prohibir la entrada en los países de la Unión Europea a las personas que violen la Constitución y participen en las represiones es una medida muy eficaz. La lista de los «combatientes contra la democracia» debe ampliarse. Al mismo tiempo, les pido que no aumenten el coste de los visados Schengen para los ciudadanos belarusos. Está previsto que, a partir del 1 de enero de 2007, el precio del visado Schengen sea de 60 euros. Para la aplastante mayoría de belarusos, que tienen una gran necesidad de mantener un contacto libre con Occidente, este coste sería prohibitivo. Con esta decisión puede erigirse un nuevo «telón de acero». Sin embargo, esa medida beneficiará a Lukashenko, que no deja de repetir al pueblo belaruso que «nadie nos espera en Occidente». Hemos acogido de forma muy positiva las propuestas efectuadas el mes pasado por la Comisión Europea. Para el Gobierno de Lukashenko, ofrecen una buena ocasión de salir del autoaislamiento internacional y de la situación económica poco envidiable en la que se ha hundido. El propio Alexander Lukashenko se ha visto obligado a reconocer, en la reunión del Gobierno, que el año próximo será «catastróficamente duro». Si esas propuestas son aceptadas por el régimen, Belarús podría obtener un importante apoyo para lanzar las reformas políticas y socioeconómicas que son tan necesarias desde hace mucho, y comenzar un verdadero acercamiento a Europa, incluso a través de una integración económica progresiva. Pero las esperanzas de que el Gobierno belaruso acepte la vía de la aproximación a la Unión Europea son casi nulas. Ha habido ya bastantes propuestas similares, pero el régimen nunca ha dado respuestas concretas positivas. Sus fieles comprenden perfectamente que, una vez lanzada, la democratización conducirá de forma inevitable y muy rápida al final de su influencia. El dirigente actual de Belarús no ganará nunca unas elecciones verdaderamente libres. Al mismo tiempo, esta oferta de la Unión Europea nos da la posibilidad de hacer comprender a los ciudadanos de nuestro país que, a pesar de lo que diga la propaganda estatal, Europa deja la puerta abierta a Belarús, pero a un Belarús libre y democrático. Estas propuestas han llegado en un momento muy propicio, el de la campaña para las elecciones locales. No habrá verdaderas elecciones, como no habrá verdadero gobierno local en Belarús. En el marco de esta campaña, difundimos información sobre las propuestas de la Unión Europea. Apreciamos mucho su ayuda y se la agradecemos vivamente. Sin embargo, quisiera pedirles que la amplíen y la hagan más flexible. Se trata de cosas ya conocidas: ayuda a unos medios de comunicación libres, apoyo a la sociedad civil y a las personas reprimidas. Los programas actuales de la Unión Europea se elaboran para países que se encuentran ya en la vía de la democratización y las reformas. Pero no pueden funcionar en el caso de Belarús. Para apoyar la democracia en países como el mío, es hora de crear un Fondo europeo para la democracia que disponga de medios reales para trabajar con respecto a los países de régimen dictatorial. Europa no debe cruzarse de brazos diciendo «¿qué podemos hacer?». ¡Pueden hacer mucho! Pueden ayudarnos a romper el bloqueo informativo, a romper la visión limitada del mundo impuesta a mis compatriotas por la propaganda gubernamental, a crear un espacio público propicio a un debate ciudadano abierto donde se encuentren autores independientes, intelectuales y autoridades morales. Ello contribuirá sin duda a un desarrollo más rápido de la sociedad civil en Belarús. El reciente mensaje de Europa al pueblo belaruso fue tanto una demostración de su solidaridad con nosotros como un recordatorio al régimen actual de su responsabilidad por sus crímenes. Y lo que es más importante: en ese mensaje se habla del lugar de nuestro país en Europa. Estoy profundamente convencido de que Europa no estará completa sin Belarús. Por ello, repetimos las mismas consignas que mis ancestros que se alzaron contra la tiranía en aras de la libertad: «Por vuestra libertad y la nuestra». Yo, como belaruso y ciudadano de un país europeo, les doy las gracias de todo corazón, también de parte de todos los que, el pasado mes de marzo, estaban en la plaza, y todos los que han estado o están ahora en prisión por haber defendido o defender el derecho fundamental a vivir en un país libre. Les doy las gracias por tener fe en nuestra victoria. Prometo que nuestra victoria no tardará. Mi país no es como antaño, tiene menos miedo, cree en los cambios. Pronto, Belarús volverá a la familia europea y será de nuevo un Estado libre y democrático. Las dictaduras no tienen futuro y, como muestra la historia, acaban mal para los tiranos. La única elección verdadera en una dictadura es la lucha, simplemente porque no tenemos otra opción. ¡Gracias por su apoyo y viva Belarús! En primer lugar, permítanme expresar mi más sincera gratitud al Parlamento Europeo por haberme concedido tan alta distinción, el Premio Andreï Sajarov, físico genial y ardiente defensor de los derechos humanos. Les agradezco también que me hayan brindado esta ocasión de poder hablar ante ustedes. Este premio no es para mí solo. Junto conmigo lo reciben todos los belarusos, todos los que estuvieron el pasado mes de marzo en la plaza de Minsk y fueron encarcelados y expulsados de las universidades y de sus lugares de trabajo. Este premio es para todos aquellos que siguen en la lucha. ¡Somos muchos! Somos los que queremos que Belarús regrese a la familia de las democracias europeas y, para conseguirlo, estamos dispuestos a sacrificar nuestro bienestar personal, nuestra libertad e incluso nuestra vida. Belarús siempre ha sido un país europeo. Ha dado mucho a Europa, a costa de muchos sacrificios. En el siglo XVI, dio a Europa un prototipo de primera constitución democrática, el Estatuto del Gran Ducado de Lituania. Dio al mundo varias personalidades eminentes, como Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fyodor Dostoievski, Dimitri Shostakóvitch o Tadeusz Kościuszko. Los belarusos fueron los segundos en Europa en traducir la Biblia a su lengua materna. Durante la Segunda Guerra Mundial se desarrolló en Belarús el movimiento de resistencia más fuerte de Europa, al precio de la vida de un habitante de cada tres. De seis millones de judíos exterminados en el Holocausto, 1 millón procedían de Belarús. ¡Si alguien merece la libertad, somos nosotros! Por toda nuestra historia y por los sacrificios realizados en su nombre. Cada siglo, a causa de guerras interminables, Belarús ha perdido de un tercio a un cuarto de sus hijos e hijas, su elite. Nuestro pueblo ha pasado por un desarraigo forzado de la identidad nacional y por la amputación de su memoria histórica. En 1991 celebramos haber conseguido al fin la independencia. Pero no nos dimos cuenta de inmediato que libertad e independencia no son lo mismo. Hoy, de nuevo, luchamos por la libertad y defendemos la independencia. Lo hacemos no solo por nosotros mismos, sino también por nuestros hijos, que, al igual que los niños franceses, lituanos, polacos y británicos, tienen derecho a vivir en un país libre. Fueron nuestros hijos los que, tras las elecciones del 19 de marzo, permanecieron en pie toda la noche en la plaza de Minsk, cuando los adultos no podían resistir ya el frío y regresaban a sus casas. Fueron nuestros hijos los que fueron metidos en camiones cerrados de atmósfera asfixiante y encarcelados, mientras a sus padres les costaba días encontrarlos. Fueron nuestros hijos los que, tras salir de la cárcel, fueron expulsados de las universidades por su elección de conciencia. Pero ni por un momento pusieron en duda la justeza de nuestra elección común. Estoy orgulloso de ellos. Durante toda la semana que siguió a las elecciones, mientras permanecíamos en la plaza y protestábamos por la grosera falsificación de los resultados electorales, las autoridades detuvieron a más de un millar de personas. Las prisiones de Minsk nunca habían estado llenas a reventar: fue lo que sucedió precisamente esa semana. El régimen comprendió que no iba a acallar el movimiento de protesta ni siquiera con la fuerza de sus tropas. Por ello, durante esos días, las autoridades detuvieron a todos los que iban a la plaza, incluso a los que simplemente llevaban agua, alimentos y ropa caliente a los habitantes de la «ciudad de las tiendas»."@es20
"Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, je vais m'exprimer dans ma langue maternelle parce que je voudrais dire ce que je pense et que je pense toujours en bélarusse. C'est pourquoi je vais parler dans la langue qui me permet le mieux d'exprimer mes sentiments. Le 19 mars, les autorités ne s’attendaient pas à voir sortir des dizaines de milliers de personnes, malgré les menaces de représailles. Cela a été notre première victoire. Je réalise très clairement qu’il nous faudra encore obtenir beaucoup de victoires semblables avant de mettre fin à ce régime illégal. Aujourd’hui M. Aliaksandr Kazouline, ancien candidat présidentiel, se trouve en prison, condamné à 5 ans et demi de détention. Actuellement, il est en grève de la faim depuis plus de 50 jours. L'état de sa santé est extrêmement grave, il a perdu 40 kilos, sa vie est menacée. Ce prix est aussi pour lui, ainsi que pour Zmitser Dachkevitch, Pavel Seviarynets, Mikola Statkevitch et Andreï Klimaǔ et tous les autres prisonniers politiques de mon pays. Ce prix est un signe de la prise de conscience de l'Europe par rapport à la situation au Bélarus. Ce prix est un exemple formidable de la politique morale. Ce prix est un signe de reconnaissance de l'avenir européen du Bélarus. Aujourd'hui, cette haute distinction aurait pu être reçue par le leader depuis plusieurs années du mouvement démocratique bélarussien, le professeur Hienadź Karpienka. Ou par l'ancien ministre des affaires intérieures Yury Zakharanka. Ou bien par Viktar Hantchar, le vice-président du dernier parlement légitime au Bélarus. Ces personnes sont les héros, les combattants pour la liberté du Bélarus. Mais elles ont disparu sans laisser de traces ou sont assassinées. C'est par ces moyens, anciens comme la haine humaine et désespérément désuets comme l'inquisition, que les pouvoirs bélarussiens d'aujourd'hui sévissent contre leurs opposants. Dans son discours de réception du prix Nobel de la paix, Andreï Sakharov a dit: "Je suis convaincu que la confiance internationale, la compréhension mutuelle, le désarmement et la sécurité internationale ne sont pas concevables sans une société ouverte avec la liberté d'information, la liberté de conscience, la le droit de voyager et de choisir le pays de résidence". Je partage cette position. L'académicien Sakharov a toujours prôné la résistance non violente. En cela, je suis également son adepte. Et nous avons tout pour gagner: la foi en l'avenir européen du Bélarus, la solidarité, l'audace et l'expérience. Pour beaucoup de jeunes gens, le bleu – la couleur du drapeau européen – est devenu un symbole. En mars dernier, ce drapeau a été hissé à côté de notre drapeau national blanc-rouge-blanc. Comme signe de solidarité avec nous il y avait également les drapeaux de la Lituanie, de l'Ukraine, de la Pologne, de la Russie, de l'Estonie, de l'Azerbaïdjan, de la Géorgie. Nous devons surmonter la peur qui, au cours des dix dernières années, a imprégné la conscience des gens du fait d'une propagande permanente. Andreï Sakharov mettait en garde: "La liberté de pensée est la seule garantie contre la contamination des gens par des mythes collectifs qui, dans les mains des hypocrites perfides et des démagogues peut se transformer en une dictature sanglante". C'est ce qui se passe aujourd'hui au Bélarus. On réintroduit les monuments à la gloire de Staline. En reprenant les "meilleures" traditions du système soviétique, les médias officiels déversent sans arrêt des torrents de mensonges et de calomnies, comme à l'époque de Sakharov. L'ennemi principal est l'Occident et les démocrates locaux sont présentés comme ses agents. Le régime se trouve aujourd'hui dans une situation difficile, son économie planifiée n'est pas efficace, la Russie menace de stopper les préférences économiques. Pour cette raison, le pouvoir s'énerve et essaie d'en rendre les opposants politiques responsables. À la fin du mois de novembre, lors de sa rencontre avec les journalistes ukrainiens, M. Loukachenka a déclaré que "cette opposition fuit à l'étranger où elle demande d'appliquer les sanctions économiques contre le pays et elle est contente que demain les prix du gaz vont augmenter". Je voudrais profiter de l'occasion pour déclarer, du haut de cette tribune européenne, en toute responsabilité et à tout le monde, notamment au peuple bélarussien, que ce sont des mensonges! Nous n'avons jamais demandé d'appliquer des sanctions économiques contre notre pays car nous comprenons parfaitement que ces sanctions vont en premier lieu frapper les citoyens ordinaires du Bélarus. Quant au pouvoir en place, il trouvera toujours les moyens pour soutenir ses fonctionnaires. Nous n'avons eu de cesse de répéter que le gaz russe cesserait d'être bon marché pour le Bélarus, qu'il allait devenir cher en Russie elle-même. Il est dommage que les dirigeants bélarussiens n'aient pas saisi la chance qui se présentait et n'aient pas utilisé les possibilités qu'ils ont eues pendant longtemps de mener de vraies réformes économiques. Maintenant c'est le peuple bélarussien qui va en subir les conséquences. Parmi les conditions principales que Moscou impose à présent à Loukachenka pour son soutien économique et politique de longue date figurent le passage à la monnaie unique au rouble russe, et l'adoption de l'acte constitutionnel du soi-disant "État d'union" dans la version russe. L'acceptation de ces conditions signifierait la perte inéluctable par le Bélarus de sa souveraineté. Pour le moment, les dirigeants politiques bélarussiens résistent encore à aller dans cette direction. Ces derniers temps, Loukachenka exprime ouvertement son inquiétude concernant l'indépendance du pays. Il parle du lien évoqué depuis longtemps déjà par les forces démocratiques bélarussiennes entre l'indépendance et le bien-être. Mais dans le cas de Loukachenka, il ne faut pas confondre la défense de l'indépendance avec la défense de ses intérêts personnels et avec sa volonté de conserver le pouvoir à tout prix. Lui-même et son entourage se rendent parfaitement compte qu'avec la perte de l'indépendance et l'arrivée du capital russe dans le pays, ils seraient peu nombreux à conserver leurs postes ainsi que leurs richesses. Mais on ne peut pas exclure que, mené par un instinct de conservation, le pouvoir bélarussien acceptera les conditions déjà mentionnées de Moscou et organisera un référendum pour les approuver. Il faut savoir que c'est seulement la démocratie, et non pas la dictature, qui peut être la garantie de l'indépendance bélarussienne. Le fait que nous ne parvenions pas pour l'instant à trouver un langage commun avec Moscou ne signifie pas que les forces démocratiques bélarussiennes sont dirigées contre la Russie. Nous voulons vivre dans un État souverain et construire les meilleures relations possibles avec la Russie. Nous sommes prêts à prendre en compte ses intérêts mais à condition qu'ils n'aillent pas à l'encontre de nos propres intérêts. La Russie est pour nous, comme pour l'UE, un partenaire stratégique. Le Bélarus démocratique sera un ami crédible et prévisible pour la Russie. Nous pensons que l'interdiction d'entrée dans les pays de l'Union européenne pour les personnes qui transgressent la Constitution et qui participent aux répressions est une mesure très efficace. La liste de ces "combattants contre la démocratie" doit être élargie. En même temps, je vous appelle à ne pas augmenter le coût des visas Schengen pour les citoyens bélarussiens. Il est prévu qu'à partir du 1er janvier 2007, le prix du visa Schengen sera de 60 euros. Pour la majorité écrasante des Bélarussiens qui ont un besoin énorme de contacts libres avec l'Occident, ce coût serait prohibitif. Suite à cette décision, un nouveau "rideau de fer" risque de s'ériger. Or ces mesures profiteront à Loukachenka qui ne cesse de répéter au peuple bélarussien que "personne ne nous attend en Occident". Nous avons très positivement accueilli les propositions faites le mois dernier par la Commission européenne. Pour le gouvernement de Loukachenka, elles offrent une bonne occasion de sortir de l'auto-isolement international et de la situation économique peu enviable dans laquelle il s'est enfoncé. Aliaksandr Loukachenka lui-même a été obligé de reconnaître, lors de la réunion du gouvernement, que l'année prochaine sera "catastrophiquement dure". Si ces propositions sont acceptées par le régime, le Bélarus pourrait obtenir un soutien considérable pour lancer les réformes politiques et socio-économiques qui sont depuis longtemps tellement nécessaires, et pour commencer un véritable rapprochement avec l'Europe, y compris par la voie d'une intégration économique progressive. Mais les espérances que le gouvernement bélarussien accepte la voie du rapprochement avec l'Union européenne sont presque nulles. Il y a déjà eu assez de propositions similaires, mais le régime n'a jamais donné de réponse concrète positive. Ses fidèles comprennent parfaitement qu'une fois lancée, la démocratisation va inévitablement et très rapidement aboutir à la fin de leur emprise. Le dirigeant actuel du Bélarus ne gagnera plus jamais de vraies élections libres. En même temps, cette offre de l'Union européenne nous donne la possibilité de faire comprendre aux citoyens de notre pays que malgré ce que dit la propagande étatique, l'Europe laisse la porte ouverte au Bélarus, mais à un Bélarus libre et démocratique. Ces propositions sont apparues à un moment très propice, celui de la campagne pour les élections locales. Il n'y aura pas de vraies élections, comme il n'y a pas de vrai gouvernement local au Bélarus. Dans le cadre de cette campagne, nous diffusons l'information sur les propositions de l'Union européenne. Nous apprécions beaucoup votre aide et nous vous en remercions chaleureusement. Je voudrais pourtant vous appeler à l'étendre et à la rendre plus souple. Il s’agit de choses déjà connues: aide aux médias libres, soutien à la société civile et aux personnes réprimées. Les programmes actuels de l'Union européenne sont élaborés pour les pays qui se trouvent déjà sur la voie de la démocratisation et des réformes. Mais ils ne peuvent pas fonctionner dans le cas du Bélarus. Pour le soutien de la démocratie dans des pays comme le mien, il est grand temps de créer un Fonds européen pour la démocratie qui aurait des moyens réels pour œuvrer en direction de pays de régime dictatorial. L'Europe ne doit pas baisser les bras en disant "que peut-on y faire?". Vous pouvez faire beaucoup! Vous pouvez nous aider à casser le blocus informationnel, à briser la vision bornée du monde imposée à mes compatriotes par la propagande gouvernementale, à créer un espace public propice à un débat citoyen ouvert où vont se retrouver les auteurs indépendants, les intellectuels et les autorités morales. Ceci va sans aucun doute contribuer au développement plus rapide de la société civile au Bélarus. Le message récent de l'Europe au peuple bélarussien a été à la fois une démonstration de votre solidarité avec nous et un rappel au régime actuel de sa responsabilité pour ses crimes. Et ce qui est le plus important: dans ce message, il s'agit de la place de notre pays en Europe. Je suis profondément convaincu que l'Europe ne pourra pas être complète sans le Bélarus. C'est pourquoi nous répétons les mêmes mots d'ordre que mes ancêtres qui avaient participé à l'insurrection libératrice contre la tyrannie: "Pour votre et notre liberté". Moi, Bélarussien et citoyen d'un pays européen, je vous remercie de tout mon cœur et aussi de la part de tous ceux qui, en mars dernier, étaient sur la place, et de tous ceux qui ont été ou sont maintenant en prison pour avoir défendu ou pour défendre le droit fondamental de vivre dans un pays libre. Je vous remercie d'avoir foi en notre victoire. Je promets que notre victoire ne tardera pas. Mon pays n'est plus comme autrefois, il a moins peur, il croit aux changements. Bientôt le Bélarus reviendra dans la famille européenne et sera de nouveau un État libre et démocratique. Les dictatures n'ont pas de perspectives historiques et, comme le démontre l'histoire, finissent tristement pour les tyrans. Le seul vrai choix dans les conditions d'une dictature, c'est le combat. Tout simplement parce que nous n'avons pas d'autre choix. Merci pour votre soutien et vive le Bélarus! Tout d’abord permettez-moi d’exprimer ma gratitude la plus sincère au Parlement européen pour m’avoir attribué cette haute distinction, le prix Andreï Sakharov, physicien génial et défenseur ardent des droits de l’homme. Je vous remercie également pour cette occasion de pouvoir parler devant vous. Ce prix ne m'appartient pas à moi seul! Avec moi, ce sont tous les Bélarussiens qui se voient attribuer ce prix, tous ceux qui ont été en mars dernier sur la place de Minsk, qui ont été jetés dans les prisons, expulsés des universités et des lieux de travail. Ce prix est pour tous ceux qui continuent le combat. Nous sommes nombreux! Nous sommes ceux qui veulent que le Bélarus revienne dans la famille des démocraties européennes et qui sont prêts, pour y arriver, à sacrifier leur bien-être personnel, leur liberté et même leur vie. Le Bélarus a toujours été un pays européen. Il a beaucoup donné à l’Europe en faisant beaucoup de sacrifices. Au XVIe siècle, il a donné à l’Europe un prototype de première constitution démocratique, le statut du grand-duché de Lituanie. Il a donné au monde plusieurs personnalités éminentes, telles que Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fédor Dostoïevski, Dmitri Chostakovitch, Tadeusz Kościuszko. Les Bélarussiens ont été les deuxièmes en Europe à traduire la Bible dans leur langue maternelle. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, c’est au Bélarus qu’on a vu se développer le mouvement de résistance le plus puissant en Europe, au prix de la vie d'un habitant sur trois. Sur six millions de Juifs exterminés lors de l’Holocauste, 1 million venait du Bélarus. S'il faut mériter la liberté, nous l’avons méritée! Par toute notre histoire et les sacrifices consentis en son nom. Chaque siècle, à cause de guerres interminables, le Bélarus perdait de un quart jusqu'à un tiers de ses fils et filles, il perdait son élite. Notre peuple a passé par un déracinement forcé de l'identité nationale, par l'amputation de sa mémoire historique. En 1991, nous nous sommes réjouis d’avoir finalement obtenu notre indépendance. Mais nous n'avons pas tout de suite réalisé que la liberté et l’indépendance ne sont pas la même chose. Aujourd'hui, de nouveau, nous luttons pour la liberté et défendons l'indépendance. Nous le faisons non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour nos enfants qui, à l'instar des enfants français, lituaniens, polonais et britanniques, ont le droit de vivre dans un pays libre. Ce sont nos enfants qui, après les élections du 19 mars, restaient debout toute la nuit sur la place de Minsk, lorsque les adultes ne pouvaient plus résister au froid et rentraient chez eux. Ce sont nos enfants qui ont été jetés dans les camions fermés, où l’on étouffait, et mis dans des prisons, tandis que leurs parents mettaient des jours pour les retrouver. Ce sont nos enfants qui, après être sortis des prisons, ont été expulsés des universités pour leur choix de conscience. Mais pas un instant, ils n'ont mis en doute la justesse de notre choix commun. Je suis fier d’eux. Tout au long de la semaine qui a suivi les élections, alors que nous étions restés sur la place et protestions contre les falsifications grossières des résultats de ces élections, les autorités ont arrêté plus d’un millier de personnes. Les prisons de Minsk n'avaient jamais été remplies à craquer: ce fut précisément le cas pendant cette semaine-là. Le régime a compris qu'il n'allait pas faire cesser ce mouvement de protestation, même par la force de ses troupes. C'est pourquoi, au cours de ces quelques jours, les autorités ont arrêté tous ceux qui venaient sur la place, même ceux qui portaient tout simplement de l'eau, de la nourriture et des vêtements chauds aux habitants de la "cité des tentes"."@et5
"Arvoisa puhemies, hyvät parlamentin jäsenet, puhun äidinkielelläni, sillä haluan sanoa, mitä ajattelen, ja ajattelen aina valkovenäjäksi. Puhun näin ollen kielellä, jolla pystyn ilmaisemaan tunteitani parhaiten. Viranomaiset eivät odottaneet 19. maaliskuuta, että kymmeniätuhansia ihmisiä tulisi kaduille kostotoimien uhkasta huolimatta. Tämä oli ensimmäinen voittomme. Tiedän hyvin, että tarvitaan paljon enemmän vastaavia voittoja, ennen kuin laiton hallitus saadaan kaadettua. Entinen presidenttiehdokas Aljaksandr Kazulin on nyt vankilassa kärsimässä viiden ja puolen vuoden tuomiota. Hän on ollut nälkälakossa jo yli 50 päivää. Hänen terveydentilansa on erittäin vakava: hänen painonsa on pudonnut 40 kiloa ja hänen henkensä on vaarassa. Tämä palkinto kuuluu myös hänelle sekä Zmitser Daškevitšille, Pavel Seviarinetsille, Mikola Statkevitšille ja Andreï Klimaǔlle sekä kaikille muille poliittisille vangeille kotimaassani. Tämä palkinto osoittaa, että Valko-Venäjän tilanne tiedetään Euroopan unionissa. Se on hieno esimerkki moraalisesta politiikasta. Sillä tunnustetaan Valko-Venäjän eurooppalainen tulevaisuus. Tämä suuri kunnianosoitus olisi voitu myöntää myös Valko-Venäjän demokraattista liikettä vuosia johtaneelle professori Hienadź Karpienkalle. Tai entiselle sisäministerille Juri Zakharankalle. Tai Viktar Hantšarille, Valko-Venäjän edellisen legitiimin parlamentin varapuhemiehelle. He ovat sankareita, Valko-Venäjän vapauden puolustajia. He ovat kuitenkin joko kadonneet jäljettömiin tai heidät on murhattu. Tällaisia menetelmiä, yhtä vanhoja kuin viha ja yhtä pahasti vanhentuneita kuin inkvisitio, Valko-Venäjän viranomaiset soveltavat nykypäivänä vastustajiinsa. Nobelin rauhanpalkintoa vastaanottaessaan Andrei Saharov totesi: "Olen vakuuttunut siitä, etteivät kansainvälinen luottamus, keskinäinen ymmärrys, asevarustelusta luopuminen ja kansainvälinen turvallisuus toteudu ilman avointa yhteiskuntaa, jossa vallitsee tiedonsaannin vapaus, omantunnonvapaus, glasnost, oikeus matkustaa ja oikeus valita asuinmaansa." Olen samaa mieltä. Akateemikko Saharov puhui aina väkivallattoman vastarinnan puolesta. Olen tästäkin samaa mieltä. Meillä on kaikkea, mitä voittoon tarvitaan: uskoa Valko-Venäjän eurooppalaiseen tulevaisuuteen, solidaarisuutta, rohkeutta ja kokemusta. Monille nuorille sinisestä – Euroopan unionin lipun väristä – on tullut symbolinen väri. Maaliskuussa tuo lippu nostettiin maamme punavalkoisen lipun rinnalle. Osoituksena maiden solidaarisuudesta meitä kohtaan myös Liettuan, Ukrainan, Puolan, Venäjän, Viron, Azerbaidžanin ja Georgian liput saivat liehua. Ihmisten mieliin on hiipinyt kymmenen viime vuoden aikana pelko jatkuvan propagandan vuoksi. Pelko on voitettava. Andrei Saharov varoitti: "Ajatuksenvapaus on ainoa turva, joka estää ihmisten mieliä myrkyttymästä kollektiivisista myyteistä, joista voi syntyä kavalien ja tekopyhien kansankiihottajien käsissä verinen diktatuuri." Näin on nyt käynyt Valko-Venäjällä. Stalinia ylistäviä monumentteja ilmestyy jälleen katukuvaan. Neuvostojärjestelmän "parhaita" perinteitä herätetään henkiin, ja viralliset tiedotusvälineet suoltavat lakkaamatta valheita ja herjauksia, kuten Saharovin aikaan. Länsi on pahin vihollinen ja paikalliset demokraatit sen kätyreitä. Hallinnon tilanne on nyt hankala. Sen suunnitelmatalous ei toimi, ja Venäjä uhkaa lopettaa sen taloudelliset erioikeudet. Tästä syystä hallitus on hermostunut ja yrittää syyttää poliittisia vastustajiaan. Tavatessaan ukrainalaisia toimittajia marraskuun lopussa presidentti Lukašenka väitti opposition livahtavan ulkomaille vaatimaan taloudellisten pakotteiden kohdistamista Valko-Venäjään ja iloitsevan siitä, että kaasunhinta nousisi seuraavana päivänä. Käytän tämän tilaisuuden ilmoittaakseni täältä Euroopan parlamentista kaikille, etenkin Valko-Venäjän kansalle, kantaen asiasta täyden vastuun, että tämä on valetta! Emme ole koskaan vaatineet taloudellisten pakotteiden kohdistamista maahamme, ja tiedämme vallan hyvin, että sellaisista kärsisivät lähinnä tavalliset Valko-Venäjän kansalaiset. Vallassa oleva hallinto löytää aina keinot tukea virkamiehiään. Olemme aina sanoneet, ettei venäläinen kaasu olisi enää halpaa Valko-Venäjälle ja että siitä tulisi kallista myös Venäjälle itselleen. On häpeällistä, ettei Valko-Venäjän johto ole käyttänyt tarjolla ollutta tilaisuutta eikä hyödyntänyt pitkään tarjolla ollutta mahdollisuutta uudistaa maan taloutta. Nyt Valko-Venäjän kansa joutuu kärsimään seuraukset. Tällä hetkellä Moskovassa vaaditaan pitkäaikaisen taloudellisen ja poliittisen tuen vastineeksi presidentti Lukašenkalta liittymistä rahaliittoon – eli Venäjän ruplan käyttöönottoa – sekä venäläisten kutsumaa "valtioliittoa" koskevan perustuslaillisen säädöksen hyväksymistä. Vaatimusten hyväksyminen tarkoittaisi eittämättä Valko-Venäjän itsemääräämisoikeuden menettämistä. Valko-Venäjän poliittinen johto vastustaa vielä tällä hetkellä etenemistä tällaiseen suuntaan. Presidentti Lukašenka ilmoitti hiljattain avoimesti olevansa huolissaan maan itsenäisyyden puolesta. Hän puhuu itsenäisyyden ja hyvinvoinnin välisestä yhteydestä, josta Valko-Venäjän demokraatit ovat puhuneet jo pitkään. Hänen tapauksessaan itsenäisyyden puolustamista ei saisi kuitenkaan sekoittaa henkilökohtaisten etujen puolustamiseen eikä haluun pysyä vallan kahvassa hintaan mihin hyvänsä. Hän tietää lähipiirinsä kanssa varsin hyvin, että jos itsenäisyys menetettäisiin ja maa saisi venäläisen pääkaupungin, harvat heistä säilyttäisivät asemansa ja vauraan elämänsä. Emme voi kuitenkaan sulkea täysin pois sellaista mahdollisuutta, että itsesuojeluvaisto ajaa Valko-Venäjän hallinnon hyväksymään Moskovan vaatimukset ja järjestämään kansanäänestyksen niiden hyväksymisestä. On täysin selvää, että Valko-Venäjän itsenäisyys voidaan taata ainoastaan demokratialla, ei diktatuurilla. Toistaiseksi emme ole löytäneet Moskovan kanssa yhteistä säveltä, mikä ei kuitenkaan tarkoita, että Valko-Venäjän demokraattinen oppositio vastustaisi Venäjää. Haluamme elää itsenäisessä valtiossa ja luoda parhaat mahdolliset suhteet Venäjään. Olemme valmiita ottamaan sen edut huomioon, kunhan ne eivät ole omien etujemme vastaisia. Venäjä on meille strateginen kumppani, kuten myös EU:lle. Demokraattinen Valko-Venäjä olisi uskottava ja luotettava toveri Venäjälle. Perustuslakia rikkoville ja sortotoimiin osallistuville henkilöille määrättävä maahantulokielto Euroopan unionin maihin on mielestämme hyvin tehokas toimenpide. Demokratian vihollisista laadittua luetteloa olisi täydennettävä. Samalla pyytäisin, ettette nostaisi Valko-Venäjän kansalaisten Schengen-viisumimaksuja. Schengen-viisumimaksun odotetaan nousevan 60 euroon 1. tammikuuta 2007. Näin suuri maksu olisi este valtaosalle Valko-Venäjän kansalaisista, jotka tarvitsevat kipeästi vapaita yhteyksiä Länteen. Kyseinen päätös on vaarassa luoda uuden "rautaesiripun". Nämä toimet hyödyttävät presidentti Lukašenkaa, joka väittää aina valkovenäläisille, ettei kukaan Lännessä halua heitä. Olimme erittäin tyytyväisiä Euroopan komission viime kuun ehdotuksiin. Ne tarjoavat presidentti Lukašenkan hallitukselle oivan tilaisuuden päästä kansanvälisestä eristyneisyydestä ja kehnosta taloustilanteesta. Aljaksandr Lukašenkankin oli pakko tunnustaa hallituksen kokouksessa, että ensi vuodesta tulee "katastrofaalisen vaikea". Jos hallinto hyväksyy ehdotukset, Valko-Venäjä voi saada huomattavasti tukea kauan kaivattujen poliittisten ja yhteiskunnallis-taloudellisten uudistusten käynnistämiseen ja aloittaa todellisen lähentymisen Euroopan unioniin, vähitellen tapahtuva taloudellinen yhdentyminen mukaan luettuna. Käytännössä ei ole toivoakaan, että Valko-Venäjän hallitus hyväksyisi lähentymisen Euroopan unioniin. Vastaavia ehdotuksia on ollut useita, mutta hallinto ei ole vastannut koskaan myönteisesti eikä konkreettisesti. Hallinnon uskotut tietävät varsin hyvin, että kun demokratisoituminen käynnistyy, hallinnon kuristusote heltiää erittäin nopeasti. Valko-Venäjän nykyjohto ei ikipäivänä voittaisi todellisia, vapaita vaaleja. Samalla Euroopan unionin ehdotus antaa tilaisuuden saada maamme kansalaiset ymmärtämään, että valtion propagandakoneiston väitteistä huolimatta Euroopan unionin ovi on avoinna Valko-Venäjälle – nimenomaan vapaalle ja demokraattiselle Valko-Venäjälle. Ehdotukset annettiin erittäin osuvaan aikaan paikallisvaalikampanjan ollessa käynnissä. Vaaleista ei tule todelliset – eihän Valko-Venäjällä ole todellista paikallishallintoakaan. Jaamme kampanjan yhteydessä tietoa Euroopan unionin ehdotuksista. Arvostamme apuanne erittäin paljon, ja esitämme teille mitä lämpimimmät kiitokset. Pyytäisimme kuitenkin teitä laajentamaan sitä ja tekemään siitä joustavampaa. Tarkoitamme asioita, jotka ovat hyvin tiedossa: vapaiden tiedotusvälineiden avustaminen ja kansalaisyhteiskunnan sekä sorrettujen ihmisten tukeminen. Euroopan unionin nykyiset ohjelmat on laadittu maille, joissa demokratiakehitys on jo käynnissä ja uudistuksia toteutetaan. Ne eivät kuitenkaan toimi Valko-Venäjän tapauksessa. Kotimaani kaltaisessa maassa demokratian edistäminen edellyttää kipeästi kaivatun eurooppalaisen demokratiarahaston perustamista, josta varoja todella ohjataan diktatuurihallinnon maihin. Euroopan unionin ei pidä vain kohauttaa olkapäitään ja sanoa: "Mitä me sille voimme!" Te voitte paljonkin! Voitte auttaa meitä poistamaan tiedonsaannin esteet ja laajentamaan rajoitettua maailmankuvaa, jota hallituksen propagandakoneisto syöttää maanmiehilleni. Voitte auttaa luomaan julkisen foorumin kansalaisten välistä avointa keskustelua varten ja saattamaan yhteen kirjailijat, älyköt ja moraaliset johtajat. Tämä nopeuttaisi varmasti kansalaisyhteiskunnan kehittymistä Valko-Venäjällä. Euroopan unionin hiljattainen viesti Valko-Venäjän kansalle osoitti solidaarisuutenne ja muistutti nykyhallintoa siitä, että se on vastuussa rikoksistaan. Tärkeintä kuitenkin on, että viestin perusteella lienee käynyt selväksi, että maamme kuuluu Eurooppaan. Olen perin pohjin vakuuttunut siitä, ettei Eurooppa ole koskaan täydellinen ilman Valko-Venäjää. Siksi toistamme samoja iskulauseita kuin edeltäjäni, jotka nousivat hirmuvaltaa vastaan vapauden puolesta: "Vapautta teille ja meille!" Valkovenäläisenä ja Euroopan maan kansalaisena haluan kiittää teitä sydämeni pohjasta. Kiitän teitä myös kaikkien niiden puolesta, jotka kokoontuivat aukiolle maaliskuussa ja jotka joutuivat vankilaan – tai ovat yhä vankilassa – koska puolustivat perusoikeuttaan elää vapaassa maassa. Kiitos, että uskotte voittoomme. Lupaan teille, että voiton päivä koittaa pian. Kotimaani on muuttunut. Se ei pelkää enää yhtä paljon vaan uskoo muutokseen. Valko-Venäjä palaa pian Euroopan valtioiden joukkoon, ja siitä tulee jälleen vapaa ja demokraattinen valtio. Historian perusteella diktatuureilla ei ole tulevaisuutta ja hirmuvaltiaiden tarina päättyy huonosti. Diktatuurissa ainoa todellinen vaihtoehto on taistella, sillä muuta mahdollisuutta ei yksinkertaisesti ole. Kiitos tuestanne. Kauan eläköön Valko-Venäjä! Haluan aloittaa esittämällä Euroopan parlamentille mitä lämpimimmät kiitokset tästä kunniasta, Andrei Saharov -palkinnosta, joka on nimetty erinomaisen fyysikon ja ihmisoikeuksien kiivaan puolustajan mukaan. Haluan kiittää teitä myös tilaisuudestani puhua teille. Tämä palkinto ei kuulu yksin minulle. Se kuuluu kaikille valkovenäläisille – kaikille niille, jotka kokoontuivat aukiolle Minskiin viime maaliskuussa, jotka on heitetty vankilaan ja erotettu yliopistoista ja työpaikoistaan. Tämä palkinto kuuluu kaikille niille, jotka jatkavat taistelua. Meitä on paljon! Me haluamme Valko-Venäjän palaavan Euroopan demokraattisten valtioiden joukkoon, ja olemme valmiita uhraamaan oman hyvinvointimme, vapautemme ja jopa henkemme sen puolesta. Valko-Venäjä on aina ollut eurooppalainen maa. Se on antanut Euroopalle paljon ja tehnyt monia uhrauksia. 1800-luvulla se tarjosi Euroopalle prototyypin ensimmäisestä demokraattisesta perustuslaista, Liettuan suurherttuakunnan statuutin. Maasta on noussut maailmalle monia tunnettuja henkilöitä, kuten Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fjodor Dostojevski, Dimitri Šostakovitš ja Tadeusz Kościuszko. Valkovenäläiset olivat Euroopan toinen kansa, jonka äidinkielelle Raamattu käännettiin. Toisen maailmansodan aikaan Valko-Venäjän vastarintaliike oli voimakkainta Euroopassa, ja joka kolmas asukas menetti henkensä. Holokaustin aikana tapetuista kuudesta miljoonasta juutalaisesta miljoona oli kotoisin Valko-Venäjältä. Me, jos ketkä, ansaitsemme vapauden! Olemme ansainneet sen koko historiamme ja sen puolesta tehtyjen uhrausten perusteella. Jokaisella vuosisadalla Valko-Venäjä on menettänyt loputtomissa sodissa neljäs- tai jopa kolmasosan pojistaan ja tyttäristään. Se on menettänyt yläluokan. Kansa on kärsinyt kansallisen identiteetin riistämisestä ja historiallisen muistinsa pyyhkimisestä. Vuonna 1991 iloitsimme saadessamme viimein itsenäisyytemme, mutta tuolloin emme vielä tienneet, etteivät vapaus ja itsenäisyys ole sama asia. Nyt taistelemme jälleen vapauden puolesta ja puolustamme itsenäisyyttämme. Teemme tämän myös lastemme puolesta. Lapsillamme on Ranskan, Liettuan, Puolan ja Yhdistyneen kuningaskunnan lasten tavoin oikeus elää vapaassa maassa. Juuri lapsemme viettivät pitkiä öitä aukiolla Minskissä 19. maaliskuuta pidettyjen vaalien jälkeen, sillä aikuiset eivät kestäneet kylmyyttä vaan palasivat kotiin. Lapsiamme heitettiin suljettuihin rekkoihin tukehtumaan, ja heitä pidettiin vankilassa, kun vanhemmat etsivät heitä päivien ajan. Lapsiamme myös erotettiin yliopistoista heidän omantunnonpäätöksensä takia vankilasta vapauttamisen jälkeen. Silti he eivät epäröineet hetkeäkään, ettei yhteinen päätöksemme olisi ollut oikeudenmukainen. Olen ylpeä heistä. Koko vaalien jälkeisen viikon ajan pysyttelimme aukiolla ja protestoimme vaalien tulosten pöyristyttävää vääristämistä vastaan. Viranomaiset pidättivät yli tuhat henkilöä. Minskin vankilat eivät ole koskaan olleet yhtä täynnä, ratkeamispisteessä, kuin ne olivat kyseisen viikon aikana. Hallinto tajusi, että vastarinta voitaisiin tukahduttaa vain sotilasvoimin. Siksi viranomaiset pidättivät noiden parin päivän ajan jokaisen aukiolle saapuneen – jopa ne, jotka vain toivat ruokaa, juomaa ja lämpimiä vaatteita telttakylässä asuneille."@fi7
"Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, je vais m'exprimer dans ma langue maternelle parce que je voudrais dire ce que je pense et que je pense toujours en bélarusse. C'est pourquoi je vais parler dans la langue qui me permet le mieux d'exprimer mes sentiments. Le 19 mars, les autorités ne s’attendaient pas à voir sortir des dizaines de milliers de personnes, malgré les menaces de représailles. Cela a été notre première victoire. Je réalise très clairement qu’il nous faudra encore obtenir beaucoup de victoires semblables avant de mettre fin à ce régime illégal. Aujourd’hui M. Aliaksandr Kazouline, ancien candidat présidentiel, se trouve en prison, condamné à 5 ans et demi de détention. Actuellement, il est en grève de la faim depuis plus de 50 jours. L'état de sa santé est extrêmement grave, il a perdu 40 kilos, sa vie est menacée. Ce prix est aussi pour lui, ainsi que pour Zmitser Dachkevitch, Pavel Seviarynets, Mikola Statkevitch et Andreï Klimaǔ et tous les autres prisonniers politiques de mon pays. Ce prix est un signe de la prise de conscience de l'Europe par rapport à la situation au Bélarus. Ce prix est un exemple formidable de la politique morale. Ce prix est un signe de reconnaissance de l'avenir européen du Bélarus. Aujourd'hui, cette haute distinction aurait pu être reçue par le leader depuis plusieurs années du mouvement démocratique bélarussien, le professeur Hienadź Karpienka. Ou par l'ancien ministre des affaires intérieures Yury Zakharanka. Ou bien par Viktar Hantchar, le vice-président du dernier parlement légitime au Bélarus. Ces personnes sont les héros, les combattants pour la liberté du Bélarus. Mais elles ont disparu sans laisser de traces ou sont assassinées. C'est par ces moyens, anciens comme la haine humaine et désespérément désuets comme l'inquisition, que les pouvoirs bélarussiens d'aujourd'hui sévissent contre leurs opposants. Dans son discours de réception du prix Nobel de la paix, Andreï Sakharov a dit: "Je suis convaincu que la confiance internationale, la compréhension mutuelle, le désarmement et la sécurité internationale ne sont pas concevables sans une société ouverte avec la liberté d'information, la liberté de conscience, la le droit de voyager et de choisir le pays de résidence". Je partage cette position. L'académicien Sakharov a toujours prôné la résistance non violente. En cela, je suis également son adepte. Et nous avons tout pour gagner: la foi en l'avenir européen du Bélarus, la solidarité, l'audace et l'expérience. Pour beaucoup de jeunes gens, le bleu – la couleur du drapeau européen – est devenu un symbole. En mars dernier, ce drapeau a été hissé à côté de notre drapeau national blanc-rouge-blanc. Comme signe de solidarité avec nous il y avait également les drapeaux de la Lituanie, de l'Ukraine, de la Pologne, de la Russie, de l'Estonie, de l'Azerbaïdjan, de la Géorgie. Nous devons surmonter la peur qui, au cours des dix dernières années, a imprégné la conscience des gens du fait d'une propagande permanente. Andreï Sakharov mettait en garde: "La liberté de pensée est la seule garantie contre la contamination des gens par des mythes collectifs qui, dans les mains des hypocrites perfides et des démagogues peut se transformer en une dictature sanglante". C'est ce qui se passe aujourd'hui au Bélarus. On réintroduit les monuments à la gloire de Staline. En reprenant les "meilleures" traditions du système soviétique, les médias officiels déversent sans arrêt des torrents de mensonges et de calomnies, comme à l'époque de Sakharov. L'ennemi principal est l'Occident et les démocrates locaux sont présentés comme ses agents. Le régime se trouve aujourd'hui dans une situation difficile, son économie planifiée n'est pas efficace, la Russie menace de stopper les préférences économiques. Pour cette raison, le pouvoir s'énerve et essaie d'en rendre les opposants politiques responsables. À la fin du mois de novembre, lors de sa rencontre avec les journalistes ukrainiens, M. Loukachenka a déclaré que "cette opposition fuit à l'étranger où elle demande d'appliquer les sanctions économiques contre le pays et elle est contente que demain les prix du gaz vont augmenter". Je voudrais profiter de l'occasion pour déclarer, du haut de cette tribune européenne, en toute responsabilité et à tout le monde, notamment au peuple bélarussien, que ce sont des mensonges! Nous n'avons jamais demandé d'appliquer des sanctions économiques contre notre pays car nous comprenons parfaitement que ces sanctions vont en premier lieu frapper les citoyens ordinaires du Bélarus. Quant au pouvoir en place, il trouvera toujours les moyens pour soutenir ses fonctionnaires. Nous n'avons eu de cesse de répéter que le gaz russe cesserait d'être bon marché pour le Bélarus, qu'il allait devenir cher en Russie elle-même. Il est dommage que les dirigeants bélarussiens n'aient pas saisi la chance qui se présentait et n'aient pas utilisé les possibilités qu'ils ont eues pendant longtemps de mener de vraies réformes économiques. Maintenant c'est le peuple bélarussien qui va en subir les conséquences. Parmi les conditions principales que Moscou impose à présent à Loukachenka pour son soutien économique et politique de longue date figurent le passage à la monnaie unique au rouble russe, et l'adoption de l'acte constitutionnel du soi-disant "État d'union" dans la version russe. L'acceptation de ces conditions signifierait la perte inéluctable par le Bélarus de sa souveraineté. Pour le moment, les dirigeants politiques bélarussiens résistent encore à aller dans cette direction. Ces derniers temps, Loukachenka exprime ouvertement son inquiétude concernant l'indépendance du pays. Il parle du lien évoqué depuis longtemps déjà par les forces démocratiques bélarussiennes entre l'indépendance et le bien-être. Mais dans le cas de Loukachenka, il ne faut pas confondre la défense de l'indépendance avec la défense de ses intérêts personnels et avec sa volonté de conserver le pouvoir à tout prix. Lui-même et son entourage se rendent parfaitement compte qu'avec la perte de l'indépendance et l'arrivée du capital russe dans le pays, ils seraient peu nombreux à conserver leurs postes ainsi que leurs richesses. Mais on ne peut pas exclure que, mené par un instinct de conservation, le pouvoir bélarussien acceptera les conditions déjà mentionnées de Moscou et organisera un référendum pour les approuver. Il faut savoir que c'est seulement la démocratie, et non pas la dictature, qui peut être la garantie de l'indépendance bélarussienne. Le fait que nous ne parvenions pas pour l'instant à trouver un langage commun avec Moscou ne signifie pas que les forces démocratiques bélarussiennes sont dirigées contre la Russie. Nous voulons vivre dans un État souverain et construire les meilleures relations possibles avec la Russie. Nous sommes prêts à prendre en compte ses intérêts mais à condition qu'ils n'aillent pas à l'encontre de nos propres intérêts. La Russie est pour nous, comme pour l'UE, un partenaire stratégique. Le Bélarus démocratique sera un ami crédible et prévisible pour la Russie. Nous pensons que l'interdiction d'entrée dans les pays de l'Union européenne pour les personnes qui transgressent la Constitution et qui participent aux répressions est une mesure très efficace. La liste de ces "combattants contre la démocratie" doit être élargie. En même temps, je vous appelle à ne pas augmenter le coût des visas Schengen pour les citoyens bélarussiens. Il est prévu qu'à partir du 1er janvier 2007, le prix du visa Schengen sera de 60 euros. Pour la majorité écrasante des Bélarussiens qui ont un besoin énorme de contacts libres avec l'Occident, ce coût serait prohibitif. Suite à cette décision, un nouveau "rideau de fer" risque de s'ériger. Or ces mesures profiteront à Loukachenka qui ne cesse de répéter au peuple bélarussien que "personne ne nous attend en Occident". Nous avons très positivement accueilli les propositions faites le mois dernier par la Commission européenne. Pour le gouvernement de Loukachenka, elles offrent une bonne occasion de sortir de l'auto-isolement international et de la situation économique peu enviable dans laquelle il s'est enfoncé. Aliaksandr Loukachenka lui-même a été obligé de reconnaître, lors de la réunion du gouvernement, que l'année prochaine sera "catastrophiquement dure". Si ces propositions sont acceptées par le régime, le Bélarus pourrait obtenir un soutien considérable pour lancer les réformes politiques et socio-économiques qui sont depuis longtemps tellement nécessaires, et pour commencer un véritable rapprochement avec l'Europe, y compris par la voie d'une intégration économique progressive. Mais les espérances que le gouvernement bélarussien accepte la voie du rapprochement avec l'Union européenne sont presque nulles. Il y a déjà eu assez de propositions similaires, mais le régime n'a jamais donné de réponse concrète positive. Ses fidèles comprennent parfaitement qu'une fois lancée, la démocratisation va inévitablement et très rapidement aboutir à la fin de leur emprise. Le dirigeant actuel du Bélarus ne gagnera plus jamais de vraies élections libres. En même temps, cette offre de l'Union européenne nous donne la possibilité de faire comprendre aux citoyens de notre pays que malgré ce que dit la propagande étatique, l'Europe laisse la porte ouverte au Bélarus, mais à un Bélarus libre et démocratique. Ces propositions sont apparues à un moment très propice, celui de la campagne pour les élections locales. Il n'y aura pas de vraies élections, comme il n'y a pas de vrai gouvernement local au Bélarus. Dans le cadre de cette campagne, nous diffusons l'information sur les propositions de l'Union européenne. Nous apprécions beaucoup votre aide et nous vous en remercions chaleureusement. Je voudrais pourtant vous appeler à l'étendre et à la rendre plus souple. Il s’agit de choses déjà connues: aide aux médias libres, soutien à la société civile et aux personnes réprimées. Les programmes actuels de l'Union européenne sont élaborés pour les pays qui se trouvent déjà sur la voie de la démocratisation et des réformes. Mais ils ne peuvent pas fonctionner dans le cas du Bélarus. Pour le soutien de la démocratie dans des pays comme le mien, il est grand temps de créer un Fonds européen pour la démocratie qui aurait des moyens réels pour œuvrer en direction de pays de régime dictatorial. L'Europe ne doit pas baisser les bras en disant "que peut-on y faire?". Vous pouvez faire beaucoup! Vous pouvez nous aider à casser le blocus informationnel, à briser la vision bornée du monde imposée à mes compatriotes par la propagande gouvernementale, à créer un espace public propice à un débat citoyen ouvert où vont se retrouver les auteurs indépendants, les intellectuels et les autorités morales. Ceci va sans aucun doute contribuer au développement plus rapide de la société civile au Bélarus. Le message récent de l'Europe au peuple bélarussien a été à la fois une démonstration de votre solidarité avec nous et un rappel au régime actuel de sa responsabilité pour ses crimes. Et ce qui est le plus important: dans ce message, il s'agit de la place de notre pays en Europe. Je suis profondément convaincu que l'Europe ne pourra pas être complète sans le Bélarus. C'est pourquoi nous répétons les mêmes mots d'ordre que mes ancêtres qui avaient participé à l'insurrection libératrice contre la tyrannie: "Pour votre et notre liberté". Moi, Bélarussien et citoyen d'un pays européen, je vous remercie de tout mon cœur et aussi de la part de tous ceux qui, en mars dernier, étaient sur la place, et de tous ceux qui ont été ou sont maintenant en prison pour avoir défendu ou pour défendre le droit fondamental de vivre dans un pays libre. Je vous remercie d'avoir foi en notre victoire. Je promets que notre victoire ne tardera pas. Mon pays n'est plus comme autrefois, il a moins peur, il croit aux changements. Bientôt le Bélarus reviendra dans la famille européenne et sera de nouveau un État libre et démocratique. Les dictatures n'ont pas de perspectives historiques et, comme le démontre l'histoire, finissent tristement pour les tyrans. Le seul vrai choix dans les conditions d'une dictature, c'est le combat. Tout simplement parce que nous n'avons pas d'autre choix. Merci pour votre soutien et vive le Bélarus! Tout d’abord permettez-moi d’exprimer ma gratitude la plus sincère au Parlement européen pour m’avoir attribué cette haute distinction, le prix Andreï Sakharov, physicien génial et défenseur ardent des droits de l’homme. Je vous remercie également pour cette occasion de pouvoir parler devant vous. Ce prix ne m'appartient pas à moi seul! Avec moi, ce sont tous les Bélarussiens qui se voient attribuer ce prix, tous ceux qui ont été en mars dernier sur la place de Minsk, qui ont été jetés dans les prisons, expulsés des universités et des lieux de travail. Ce prix est pour tous ceux qui continuent le combat. Nous sommes nombreux! Nous sommes ceux qui veulent que le Bélarus revienne dans la famille des démocraties européennes et qui sont prêts, pour y arriver, à sacrifier leur bien-être personnel, leur liberté et même leur vie. Le Bélarus a toujours été un pays européen. Il a beaucoup donné à l’Europe en faisant beaucoup de sacrifices. Au XVIe siècle, il a donné à l’Europe un prototype de première constitution démocratique, le statut du grand-duché de Lituanie. Il a donné au monde plusieurs personnalités éminentes, telles que Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fédor Dostoïevski, Dmitri Chostakovitch, Tadeusz Kościuszko. Les Bélarussiens ont été les deuxièmes en Europe à traduire la Bible dans leur langue maternelle. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, c’est au Bélarus qu’on a vu se développer le mouvement de résistance le plus puissant en Europe, au prix de la vie d'un habitant sur trois. Sur six millions de Juifs exterminés lors de l’Holocauste, 1 million venait du Bélarus. S'il faut mériter la liberté, nous l’avons méritée! Par toute notre histoire et les sacrifices consentis en son nom. Chaque siècle, à cause de guerres interminables, le Bélarus perdait de un quart jusqu'à un tiers de ses fils et filles, il perdait son élite. Notre peuple a passé par un déracinement forcé de l'identité nationale, par l'amputation de sa mémoire historique. En 1991, nous nous sommes réjouis d’avoir finalement obtenu notre indépendance. Mais nous n'avons pas tout de suite réalisé que la liberté et l’indépendance ne sont pas la même chose. Aujourd'hui, de nouveau, nous luttons pour la liberté et défendons l'indépendance. Nous le faisons non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour nos enfants qui, à l'instar des enfants français, lituaniens, polonais et britanniques, ont le droit de vivre dans un pays libre. Ce sont nos enfants qui, après les élections du 19 mars, restaient debout toute la nuit sur la place de Minsk, lorsque les adultes ne pouvaient plus résister au froid et rentraient chez eux. Ce sont nos enfants qui ont été jetés dans les camions fermés, où l’on étouffait, et mis dans des prisons, tandis que leurs parents mettaient des jours pour les retrouver. Ce sont nos enfants qui, après être sortis des prisons, ont été expulsés des universités pour leur choix de conscience. Mais pas un instant, ils n'ont mis en doute la justesse de notre choix commun. Je suis fier d’eux. Tout au long de la semaine qui a suivi les élections, alors que nous étions restés sur la place et protestions contre les falsifications grossières des résultats de ces élections, les autorités ont arrêté plus d’un millier de personnes. Les prisons de Minsk n'avaient jamais été remplies à craquer: ce fut précisément le cas pendant cette semaine-là. Le régime a compris qu'il n'allait pas faire cesser ce mouvement de protestation, même par la force de ses troupes. C'est pourquoi, au cours de ces quelques jours, les autorités ont arrêté tous ceux qui venaient sur la place, même ceux qui portaient tout simplement de l'eau, de la nourriture et des vêtements chauds aux habitants de la "cité des tentes"."@hu11
"Signor Presidente, onorevoli parlamentari, pronuncerò il mio intervento nella mia lingua madre perché vorrei dire quello che penso, e penso sempre in bielorusso. Parlerò dunque nella lingua che mi permette di esprimere meglio i miei sentimenti. Oggi Aliaksandr Kazulin, l’ex candidato presidenziale, è in carcere, e sconta una pena detentiva di cinque anni e sei mesi. Attualmente sta facendo uno sciopero della fame da oltre 50 giorni; e il suo stato di salute è estremamente grave: ha già perso 40 chili ed è in pericolo di vita. Questo premio appartiene anche a lui, nonché a Zmitser Dachkevich, Pavel Seviarynets, Mikola Statkevich e ad Andrej Klimaǔ, insieme a tutti gli altri prigionieri politici del mio paese. Vedo nel Premio Sacharov un segno della presa di coscienza dell’Europa rispetto alla situazione in Bielorussia. E’ un esempio eccellente di politica morale, un segno di riconoscimento del futuro europeo della Bielorussia. Oggi questa alta onorificenza avrebbe potuto essere ritirata dal professor Hienadź Karpienka ormai da alcuni anni del movimento democratico bielorusso, o dall’ex ministro degli Interni Yuri Zakharanka, o ancora da Viktar Hantchar, vicepresidente dell’ultimo parlamento bielorusso legittimo. Sono questi gli eroi, i combattenti per la libertà in Bielorussia, ma sono tutti scomparsi senza aver lasciato tracce o sono stati assassinati. Oggi le autorità bielorusse utilizzano questi mezzi, antichi come l’odio umano e spaventosamente desueti come l’inquisizione, per contrastare l’opposizione. Nel suo discorso tenuto in occasione del conferimento del premio Nobel per la pace, Andrej Sacharov ha affermato: “Sono convinto che la fiducia internazionale, la comprensione reciproca, il disarmo e la sicurezza internazionali siano inconcepibili senza una società aperta, con la libertà di informazione, la libertà di coscienza, la il diritto di viaggiare e di scegliere il paese di residenza”. Condivido questa posizione. L’accademico Sacharov ha sempre praticato la resistenza non violenta. Anche in questo sono suo discepolo. Abbiamo tutte le carte per vincere: la fede nel futuro europeo della Bielorussia, la solidarietà, il coraggio e l’esperienza. Per molti giovani l’azzurro – il colore della bandiera europea – è diventato un simbolo. Lo scorso marzo tale bandiera è stata issata a fianco della nostra bandiera nazionale bianca rossa e bianca. In segno di solidarietà nei nostri confronti c’erano anche le bandiere di Lituania, Ucraina, Polonia, Russia, Estonia, Azerbaigian e Georgia. Dobbiamo superare la paura che, nel corso degli ultimi dieci anni, ha pervaso la coscienza della gente per via di una propaganda costante. Andrej Sacharov ammoniva: “La libertà di pensiero è la sola garanzia contro la contaminazione della gente con miti collettivi che, in mano a perfidi ipocriti e demagoghi, può trasformarsi in una dittatura sanguinosa”. E’ quello che succede oggi in Bielorussia. Si restaurano i monumenti a Stalin. Riprendendo le “migliori” tradizioni del regime sovietico, i mezzi di informazione ufficiali riversano incessantemente fiumi di menzogne e calunnie, come all’epoca di Sacharov. Il nemico principale è l’Occidente e i democratici locali vengono presentati come suoi agenti. Oggi il regime si trova in una situazione difficile, la sua economia pianificata non è efficace, la Russia minaccia di sospendere le preferenze commerciali. Per questo motivo il potere si indebolisce e cerca di dare la colpa agli oppositori politici. A fine novembre, in occasione del suo incontro con i giornalisti ucraini, Lukashenko ha dichiarato che “l’opposizione scappa all’estero dove chiede di applicare sanzioni economiche al paese e si rallegra che domani i prezzi del gas salgano”. Vorrei cogliere quest’occasione per dichiarare, dall’alto di questa tribuna europea, assumendomi tutta la responsabilità e rivolgendomi a tutti, in particolare al popolo bielorusso, che si tratta di menzogne! Noi non abbiamo mai chiesto di applicare sanzioni contro il nostro paese in quanto capiamo perfettamente che le sanzioni colpiscono in primo luogo i comuni cittadini bielorussi. Quanto alle autorità in carica, troveranno sempre il modo di sostenere i loro funzionari. Non abbiamo mai smesso di ripetere che il gas naturale russo a un certo punto non sarebbe più stato a basso prezzo per la Bielorussia e che sarebbe diventato caro persino in Russia. Peccato che i dirigenti bielorussi non abbiano colto l’occasione che si presentava e non abbiano sfruttato le possibilità che hanno avuto per tanto tempo di attuare delle vere riforme economiche. Ora è il popolo bielorusso a subirne le conseguenze. Tra le principali condizioni che Mosca impone attualmente a Lukashenko in cambio del suo sostegno economico e politico di lunga data ci sono il passaggio alla moneta unica, di fatto al rublo russo, e l’adozione dell’atto costituzionale del cosiddetto “Stato d’Unione” in versione russa. L’accettazione di tali condizioni significherebbe inevitabilmente la perdita della sovranità da parte della Bielorussia. Per il momento, i dirigenti politici bielorussi oppongono ancora resistenza ad andare in questa direzione. Negli ultimi tempi, Lukashenko esprime apertamente i suoi timori riguardo all’indipendenza del paese. Parla del legame segnalato già da tempo dalle forze democratiche bielorusse tra l’indipendenza e il benessere. Tuttavia nel caso di Lukashenko non si deve confondere la difesa dell’indipendenza con la difesa dei suoi interessi personali e con la volontà di mantenere il potere a qualsiasi prezzo. Lui stesso e il suo seguito si rendono perfettamente conto che, con la perdita dell’indipendenza e l’ingresso del capitale russo nel paese, sarebbero in pochi a conservare i loro posti e le ricchezze possedute. Peraltro non si può escludere che le autorità bielorusse, spinte da un istinto di conservazione, accetteranno le condizioni imposte da Mosca e organizzeranno un per approvarle. Si deve tener presente che solo la democrazia, e non la dittatura, può essere garante dell’indipendenza bielorussa. Il fatto che al momento non riusciamo a trovare un linguaggio comune con Mosca non significa che le forze democratiche bielorusse siano dirette contro la Russia. Vogliamo vivere in uno Stato sovrano e costruire le migliori relazioni possibili con la Russia. Siamo disposti a tener conto dei suoi interessi, a condizione che non vadano contro i nostri stessi interessi. La Russia, per noi, è un strategico, come l’Unione europea. La Bielorussia democratica sarà un amico credibile e affidabile per la Russia. Pensiamo che il divieto di ingresso nei paesi dell’Unione europea per coloro che violano la costituzione e partecipano alle repressioni sia una misura molto efficace. La lista di questi “nemici della democrazia” deve essere estesa. Al contempo, vi esorto a non aumentare i costi dei visti Schengen per i cittadini bielorussi. E’ previsto che, a partire dal 1° gennaio 2007, il costo del visto Schengen passi a 60 euro. Per la grande maggioranza dei bielorussi, che hanno un bisogno enorme di contatti liberi con l’Occidente, questo costo sarebbe proibitivo. Una nuova “cortina di ferro” rischia di erigersi in seguito a tale decisione. Orbene, queste misure torneranno a vantaggio di Lukashenko, che non fa che ripetere al popolo bielorusso che “nessuno ci vuole in Occidente”. Abbiamo accolto molto positivamente le proposte avanzate il mese scorso dalla Commissione europea. Per il governo di Lukashenko, esse rappresentano una buona occasione di uscire dall’autoisolamento internazionale e dalla situazione economica poco invidiabile che si è venuta a creare. Lo stesso Lukashenko ha dovuto riconoscere, alla riunione di governo, che l’anno prossimo sarà “catastroficamente duro”. Se le proposte in questione vengono accettate dal regime, la Bielorussia potrebbe ottenere un notevole sostegno per lanciare le riforme politiche e socioeconomiche che sono necessarie da lungo tempo e per iniziare un autentico avvicinamento all’Europa, anche attraverso una progressiva integrazione economica. Tuttavia le speranze che il governo bielorusso imbocchi la via dell’avvicinamento all’Europa sono pressoché nulle. Ci sono già state diverse proposte simili, ma il regime non ha mai dato risposte positive concrete. I suoi fedeli sanno bene che, una volta avviata, la democratizzazione avanzerà inarrestabile e in breve porrà fine al loro dominio. L’attuale dirigenza della Bielorussia non potrà mai più vincere in vere elezioni libere. L’offerta dell’Unione europea ci dà al tempo stesso la possibilità di far capire ai cittadini del nostro paese che, malgrado le affermazioni della propaganda di Stato, l’Europa lascia la porta aperta alla Bielorussia, ma a una Bielorussia libera e democratica. Queste proposte sono giunte in un momento molto propizio, ovvero durante la campagna per le elezioni amministrative. Non ci saranno vere elezioni, come non esiste un vero governo locale in Bielorussia. Nel quadro di tale campagna, diffondiamo le informazioni sulle proposte dell’Unione europea. Apprezziamo molto il vostro sostegno e ve ne siamo molto grati. Vorrei pertanto invitarvi ad estendere gli aiuti e a renderli più flessibili. Si tratta di iniziative note: aiuti ai mezzi di informazione liberi, sostegno alla società civile e alle vittime di repressioni. Gli attuali programmi comunitari sono elaborati per i paesi che sono già sulla strada della democratizzazione e delle riforme, ma non possono funzionare nel caso della Bielorussia. Per dare sostegno alla democrazia in paesi come il mio è ora di creare un Fondo europeo per la democrazia, che disponga di strumenti reali per operare nei confronti di paesi con regimi dittatoriali. L’Europa non deve allargare le braccia dicendo “che si può fare?”, perché può fare molto! Potete aiutarci a rompere il blocco dell’informazione, a infrangere la visione limitata del mondo imposta ai miei connazionali dalla propaganda governativa, a creare uno spazio pubblico propizio a un dibattito civico aperto in cui si incontrino gli autori indipendenti, gli intellettuali e le autorità morali. Tutto questo contribuirà senz’altro ad accelerare lo sviluppo della società civile in Bielorussia. Il recente messaggio rivolto dall’Europa al popolo bielorusso è stato al contempo una dimostrazione di solidarietà nei nostri confronti e, per il regime attuale, un richiamo alla responsabilità per i crimini compiuti. Cosa ancora più importante, tale messaggio riguarda il ruolo del nostro paese in Europa. Sono profondamente convinto che l’Europa non possa essere completa senza la Bielorussia. Per questo ripetiamo le parole d’ordine dei miei antenati che parteciparono all’insurrezione per la liberazione dalla tirannia: “Per la vostra e la nostra libertà”. In quanto bielorusso e cittadino di un paese europeo, vi ringrazio con tutto il cuore, anche da parte di tutti coloro che, lo scorso marzo, erano in piazza, e di tutti coloro che sono stati o si trovano attualmente in carcere per aver difeso o perché difendono il diritto fondamentale di vivere in un paese libero. Vi ringrazio per la fiducia nella nostra vittoria. Vi prometto che tale vittoria non tarderà ad arrivare. Il mio paese non è più come una volta, ha meno paura e crede nel cambiamento. Presto la Bielorussia tornerà nella famiglia europea e sarà nuovamente uno Stato libero e democratico. Le dittature non hanno prospettive storiche e la storia ci insegna che finiscono male per i tiranni. La sola vera scelta a disposizione in una situazione di dittatura è la lotta. Semplicemente perché non c’è altra scelta. Grazie per il sostegno e viva la Bielorussia! Consentitemi anzitutto di ringraziare sinceramente il Parlamento europeo per avermi attribuito questa alta onorificenza, il Premio intitolato a Andrej Sacharov, fisico geniale e fervido difensore dei diritti umani. Sono altresì riconoscente per l’occasione offertami di intervenire dinanzi alla vostra Assemblea. Questo premio non è solo per me, esso appartiene a tutti i bielorussi, a tutti coloro che lo scorso marzo hanno manifestato nella piazza di Minsk, che sono stati incarcerati, espulsi dalle università e hanno perso il lavoro. Questo premio va a tutti coloro che continuano la lotta, e siamo numerosi. Siamo quelli che vogliono riportare la Bielorussia nella famiglia delle democrazie europee e che sono disposti, per conseguire tale obiettivo, a sacrificare il benessere personale, la libertà e persino la vita. La Bielorussia è sempre stata un paese europeo. Essa ha dato molto all’Europa, a costo di duri sacrifici. Nel XVI secolo ha dato all’Europa un prototipo di prima costituzione democratica, lo statuto del Granducato di Lituania. Ha dato al mondo eminenti personalità, quali Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fedor Dostoevskij, Dmitrij Shostakovich, Tadeusz Kościuszko. I bielorussi sono stati i secondi in Europa a tradurre la Bibbia nella loro lingua. Durante la Seconda guerra mondiale, in Bielorussia abbiamo visto nascere il movimento di resistenza più forte in Europa, a prezzo della vita di un abitante su tre. Dei sei milioni di ebrei sterminati nell’Olocausto, un milione proveniva della Bielorussia. Se occorre guadagnarsi la libertà, noi ce la siamo meritata! Con tutta la nostra storia e i sacrifici accettati in suo nome. Ogni secolo, a causa di guerre interminabili, la popolazione bielorussa perdeva da un terzo a un quarto dei suoi membri, e soprattutto perdeva la sua . Il nostro popolo è passato attraverso lo sradicamento forzato dell’identità nazionale e l’amputazione della sua memoria storica. Nel 1991 abbiamo esultato di aver finalmente ottenuto l’indipendenza. Purtroppo non abbiamo compreso subito che libertà e indipendenza non sono la stessa cosa. Oggi, nuovamente, lottiamo per la libertà e difendiamo l’indipendenza. Lo facciamo non solo per noi, ma per i nostri figli che, come i giovani francesi, lituani, polacchi o britannici, hanno diritto di vivere in un paese libero. Sono i nostri figli che, dopo le elezioni del 19 marzo, restavano in piedi tutta la notte sulla piazza di Minsk, mentre gli adulti non resistevano più al freddo e dovevano tornare a casa. Sono i nostri figli che sono stati chiusi su autocarri sigillati, dove si soffocava, e messi in prigione, con i loro genitori che impiegavano giorni prima di ritrovarli. Sono i nostri figli che, dopo esser stati rilasciati, sono stati espulsi dalle università per le loro scelte di coscienza. Ma neanche per un momento hanno messo in dubbio la correttezza della nostra scelta comune. Sono fiero di loro. Durante l’intera settimana successiva alle elezioni, mentre rimanevamo in piazza e protestavamo contro le grossolane falsificazioni dei risultati elettorali, le autorità hanno arrestato oltre mille persone. Le prigioni di Minsk non erano mai state stipate fino a scoppiare come in quella settimana. Il regime ha capito che non poteva soffocare il movimento di protesta, neppure con la forza dei militari. Ecco perché, in quei pochi giorni, tutti coloro che si recavano in piazza venivano arrestati, anche chi portava solo acqua, cibo e indumenti caldi agli abitanti della “tendopoli”. Il 19 marzo le autorità non si aspettavano di veder uscire decine di migliaia di persone, malgrado le minacce di rappresaglie. Questa è stata la nostra prima vittoria. Mi rendo conto benissimo che occorreranno molte altre vittorie simili prima di porre fine a questo regime illegale."@it12
"Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, je vais m'exprimer dans ma langue maternelle parce que je voudrais dire ce que je pense et que je pense toujours en bélarusse. C'est pourquoi je vais parler dans la langue qui me permet le mieux d'exprimer mes sentiments. Le 19 mars, les autorités ne s’attendaient pas à voir sortir des dizaines de milliers de personnes, malgré les menaces de représailles. Cela a été notre première victoire. Je réalise très clairement qu’il nous faudra encore obtenir beaucoup de victoires semblables avant de mettre fin à ce régime illégal. Aujourd’hui M. Aliaksandr Kazouline, ancien candidat présidentiel, se trouve en prison, condamné à 5 ans et demi de détention. Actuellement, il est en grève de la faim depuis plus de 50 jours. L'état de sa santé est extrêmement grave, il a perdu 40 kilos, sa vie est menacée. Ce prix est aussi pour lui, ainsi que pour Zmitser Dachkevitch, Pavel Seviarynets, Mikola Statkevitch et Andreï Klimaǔ et tous les autres prisonniers politiques de mon pays. Ce prix est un signe de la prise de conscience de l'Europe par rapport à la situation au Bélarus. Ce prix est un exemple formidable de la politique morale. Ce prix est un signe de reconnaissance de l'avenir européen du Bélarus. Aujourd'hui, cette haute distinction aurait pu être reçue par le leader depuis plusieurs années du mouvement démocratique bélarussien, le professeur Hienadź Karpienka. Ou par l'ancien ministre des affaires intérieures Yury Zakharanka. Ou bien par Viktar Hantchar, le vice-président du dernier parlement légitime au Bélarus. Ces personnes sont les héros, les combattants pour la liberté du Bélarus. Mais elles ont disparu sans laisser de traces ou sont assassinées. C'est par ces moyens, anciens comme la haine humaine et désespérément désuets comme l'inquisition, que les pouvoirs bélarussiens d'aujourd'hui sévissent contre leurs opposants. Dans son discours de réception du prix Nobel de la paix, Andreï Sakharov a dit: "Je suis convaincu que la confiance internationale, la compréhension mutuelle, le désarmement et la sécurité internationale ne sont pas concevables sans une société ouverte avec la liberté d'information, la liberté de conscience, la le droit de voyager et de choisir le pays de résidence". Je partage cette position. L'académicien Sakharov a toujours prôné la résistance non violente. En cela, je suis également son adepte. Et nous avons tout pour gagner: la foi en l'avenir européen du Bélarus, la solidarité, l'audace et l'expérience. Pour beaucoup de jeunes gens, le bleu – la couleur du drapeau européen – est devenu un symbole. En mars dernier, ce drapeau a été hissé à côté de notre drapeau national blanc-rouge-blanc. Comme signe de solidarité avec nous il y avait également les drapeaux de la Lituanie, de l'Ukraine, de la Pologne, de la Russie, de l'Estonie, de l'Azerbaïdjan, de la Géorgie. Nous devons surmonter la peur qui, au cours des dix dernières années, a imprégné la conscience des gens du fait d'une propagande permanente. Andreï Sakharov mettait en garde: "La liberté de pensée est la seule garantie contre la contamination des gens par des mythes collectifs qui, dans les mains des hypocrites perfides et des démagogues peut se transformer en une dictature sanglante". C'est ce qui se passe aujourd'hui au Bélarus. On réintroduit les monuments à la gloire de Staline. En reprenant les "meilleures" traditions du système soviétique, les médias officiels déversent sans arrêt des torrents de mensonges et de calomnies, comme à l'époque de Sakharov. L'ennemi principal est l'Occident et les démocrates locaux sont présentés comme ses agents. Le régime se trouve aujourd'hui dans une situation difficile, son économie planifiée n'est pas efficace, la Russie menace de stopper les préférences économiques. Pour cette raison, le pouvoir s'énerve et essaie d'en rendre les opposants politiques responsables. À la fin du mois de novembre, lors de sa rencontre avec les journalistes ukrainiens, M. Loukachenka a déclaré que "cette opposition fuit à l'étranger où elle demande d'appliquer les sanctions économiques contre le pays et elle est contente que demain les prix du gaz vont augmenter". Je voudrais profiter de l'occasion pour déclarer, du haut de cette tribune européenne, en toute responsabilité et à tout le monde, notamment au peuple bélarussien, que ce sont des mensonges! Nous n'avons jamais demandé d'appliquer des sanctions économiques contre notre pays car nous comprenons parfaitement que ces sanctions vont en premier lieu frapper les citoyens ordinaires du Bélarus. Quant au pouvoir en place, il trouvera toujours les moyens pour soutenir ses fonctionnaires. Nous n'avons eu de cesse de répéter que le gaz russe cesserait d'être bon marché pour le Bélarus, qu'il allait devenir cher en Russie elle-même. Il est dommage que les dirigeants bélarussiens n'aient pas saisi la chance qui se présentait et n'aient pas utilisé les possibilités qu'ils ont eues pendant longtemps de mener de vraies réformes économiques. Maintenant c'est le peuple bélarussien qui va en subir les conséquences. Parmi les conditions principales que Moscou impose à présent à Loukachenka pour son soutien économique et politique de longue date figurent le passage à la monnaie unique au rouble russe, et l'adoption de l'acte constitutionnel du soi-disant "État d'union" dans la version russe. L'acceptation de ces conditions signifierait la perte inéluctable par le Bélarus de sa souveraineté. Pour le moment, les dirigeants politiques bélarussiens résistent encore à aller dans cette direction. Ces derniers temps, Loukachenka exprime ouvertement son inquiétude concernant l'indépendance du pays. Il parle du lien évoqué depuis longtemps déjà par les forces démocratiques bélarussiennes entre l'indépendance et le bien-être. Mais dans le cas de Loukachenka, il ne faut pas confondre la défense de l'indépendance avec la défense de ses intérêts personnels et avec sa volonté de conserver le pouvoir à tout prix. Lui-même et son entourage se rendent parfaitement compte qu'avec la perte de l'indépendance et l'arrivée du capital russe dans le pays, ils seraient peu nombreux à conserver leurs postes ainsi que leurs richesses. Mais on ne peut pas exclure que, mené par un instinct de conservation, le pouvoir bélarussien acceptera les conditions déjà mentionnées de Moscou et organisera un référendum pour les approuver. Il faut savoir que c'est seulement la démocratie, et non pas la dictature, qui peut être la garantie de l'indépendance bélarussienne. Le fait que nous ne parvenions pas pour l'instant à trouver un langage commun avec Moscou ne signifie pas que les forces démocratiques bélarussiennes sont dirigées contre la Russie. Nous voulons vivre dans un État souverain et construire les meilleures relations possibles avec la Russie. Nous sommes prêts à prendre en compte ses intérêts mais à condition qu'ils n'aillent pas à l'encontre de nos propres intérêts. La Russie est pour nous, comme pour l'UE, un partenaire stratégique. Le Bélarus démocratique sera un ami crédible et prévisible pour la Russie. Nous pensons que l'interdiction d'entrée dans les pays de l'Union européenne pour les personnes qui transgressent la Constitution et qui participent aux répressions est une mesure très efficace. La liste de ces "combattants contre la démocratie" doit être élargie. En même temps, je vous appelle à ne pas augmenter le coût des visas Schengen pour les citoyens bélarussiens. Il est prévu qu'à partir du 1er janvier 2007, le prix du visa Schengen sera de 60 euros. Pour la majorité écrasante des Bélarussiens qui ont un besoin énorme de contacts libres avec l'Occident, ce coût serait prohibitif. Suite à cette décision, un nouveau "rideau de fer" risque de s'ériger. Or ces mesures profiteront à Loukachenka qui ne cesse de répéter au peuple bélarussien que "personne ne nous attend en Occident". Nous avons très positivement accueilli les propositions faites le mois dernier par la Commission européenne. Pour le gouvernement de Loukachenka, elles offrent une bonne occasion de sortir de l'auto-isolement international et de la situation économique peu enviable dans laquelle il s'est enfoncé. Aliaksandr Loukachenka lui-même a été obligé de reconnaître, lors de la réunion du gouvernement, que l'année prochaine sera "catastrophiquement dure". Si ces propositions sont acceptées par le régime, le Bélarus pourrait obtenir un soutien considérable pour lancer les réformes politiques et socio-économiques qui sont depuis longtemps tellement nécessaires, et pour commencer un véritable rapprochement avec l'Europe, y compris par la voie d'une intégration économique progressive. Mais les espérances que le gouvernement bélarussien accepte la voie du rapprochement avec l'Union européenne sont presque nulles. Il y a déjà eu assez de propositions similaires, mais le régime n'a jamais donné de réponse concrète positive. Ses fidèles comprennent parfaitement qu'une fois lancée, la démocratisation va inévitablement et très rapidement aboutir à la fin de leur emprise. Le dirigeant actuel du Bélarus ne gagnera plus jamais de vraies élections libres. En même temps, cette offre de l'Union européenne nous donne la possibilité de faire comprendre aux citoyens de notre pays que malgré ce que dit la propagande étatique, l'Europe laisse la porte ouverte au Bélarus, mais à un Bélarus libre et démocratique. Ces propositions sont apparues à un moment très propice, celui de la campagne pour les élections locales. Il n'y aura pas de vraies élections, comme il n'y a pas de vrai gouvernement local au Bélarus. Dans le cadre de cette campagne, nous diffusons l'information sur les propositions de l'Union européenne. Nous apprécions beaucoup votre aide et nous vous en remercions chaleureusement. Je voudrais pourtant vous appeler à l'étendre et à la rendre plus souple. Il s’agit de choses déjà connues: aide aux médias libres, soutien à la société civile et aux personnes réprimées. Les programmes actuels de l'Union européenne sont élaborés pour les pays qui se trouvent déjà sur la voie de la démocratisation et des réformes. Mais ils ne peuvent pas fonctionner dans le cas du Bélarus. Pour le soutien de la démocratie dans des pays comme le mien, il est grand temps de créer un Fonds européen pour la démocratie qui aurait des moyens réels pour œuvrer en direction de pays de régime dictatorial. L'Europe ne doit pas baisser les bras en disant "que peut-on y faire?". Vous pouvez faire beaucoup! Vous pouvez nous aider à casser le blocus informationnel, à briser la vision bornée du monde imposée à mes compatriotes par la propagande gouvernementale, à créer un espace public propice à un débat citoyen ouvert où vont se retrouver les auteurs indépendants, les intellectuels et les autorités morales. Ceci va sans aucun doute contribuer au développement plus rapide de la société civile au Bélarus. Le message récent de l'Europe au peuple bélarussien a été à la fois une démonstration de votre solidarité avec nous et un rappel au régime actuel de sa responsabilité pour ses crimes. Et ce qui est le plus important: dans ce message, il s'agit de la place de notre pays en Europe. Je suis profondément convaincu que l'Europe ne pourra pas être complète sans le Bélarus. C'est pourquoi nous répétons les mêmes mots d'ordre que mes ancêtres qui avaient participé à l'insurrection libératrice contre la tyrannie: "Pour votre et notre liberté". Moi, Bélarussien et citoyen d'un pays européen, je vous remercie de tout mon cœur et aussi de la part de tous ceux qui, en mars dernier, étaient sur la place, et de tous ceux qui ont été ou sont maintenant en prison pour avoir défendu ou pour défendre le droit fondamental de vivre dans un pays libre. Je vous remercie d'avoir foi en notre victoire. Je promets que notre victoire ne tardera pas. Mon pays n'est plus comme autrefois, il a moins peur, il croit aux changements. Bientôt le Bélarus reviendra dans la famille européenne et sera de nouveau un État libre et démocratique. Les dictatures n'ont pas de perspectives historiques et, comme le démontre l'histoire, finissent tristement pour les tyrans. Le seul vrai choix dans les conditions d'une dictature, c'est le combat. Tout simplement parce que nous n'avons pas d'autre choix. Merci pour votre soutien et vive le Bélarus! Tout d’abord permettez-moi d’exprimer ma gratitude la plus sincère au Parlement européen pour m’avoir attribué cette haute distinction, le prix Andreï Sakharov, physicien génial et défenseur ardent des droits de l’homme. Je vous remercie également pour cette occasion de pouvoir parler devant vous. Ce prix ne m'appartient pas à moi seul! Avec moi, ce sont tous les Bélarussiens qui se voient attribuer ce prix, tous ceux qui ont été en mars dernier sur la place de Minsk, qui ont été jetés dans les prisons, expulsés des universités et des lieux de travail. Ce prix est pour tous ceux qui continuent le combat. Nous sommes nombreux! Nous sommes ceux qui veulent que le Bélarus revienne dans la famille des démocraties européennes et qui sont prêts, pour y arriver, à sacrifier leur bien-être personnel, leur liberté et même leur vie. Le Bélarus a toujours été un pays européen. Il a beaucoup donné à l’Europe en faisant beaucoup de sacrifices. Au XVIe siècle, il a donné à l’Europe un prototype de première constitution démocratique, le statut du grand-duché de Lituanie. Il a donné au monde plusieurs personnalités éminentes, telles que Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fédor Dostoïevski, Dmitri Chostakovitch, Tadeusz Kościuszko. Les Bélarussiens ont été les deuxièmes en Europe à traduire la Bible dans leur langue maternelle. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, c’est au Bélarus qu’on a vu se développer le mouvement de résistance le plus puissant en Europe, au prix de la vie d'un habitant sur trois. Sur six millions de Juifs exterminés lors de l’Holocauste, 1 million venait du Bélarus. S'il faut mériter la liberté, nous l’avons méritée! Par toute notre histoire et les sacrifices consentis en son nom. Chaque siècle, à cause de guerres interminables, le Bélarus perdait de un quart jusqu'à un tiers de ses fils et filles, il perdait son élite. Notre peuple a passé par un déracinement forcé de l'identité nationale, par l'amputation de sa mémoire historique. En 1991, nous nous sommes réjouis d’avoir finalement obtenu notre indépendance. Mais nous n'avons pas tout de suite réalisé que la liberté et l’indépendance ne sont pas la même chose. Aujourd'hui, de nouveau, nous luttons pour la liberté et défendons l'indépendance. Nous le faisons non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour nos enfants qui, à l'instar des enfants français, lituaniens, polonais et britanniques, ont le droit de vivre dans un pays libre. Ce sont nos enfants qui, après les élections du 19 mars, restaient debout toute la nuit sur la place de Minsk, lorsque les adultes ne pouvaient plus résister au froid et rentraient chez eux. Ce sont nos enfants qui ont été jetés dans les camions fermés, où l’on étouffait, et mis dans des prisons, tandis que leurs parents mettaient des jours pour les retrouver. Ce sont nos enfants qui, après être sortis des prisons, ont été expulsés des universités pour leur choix de conscience. Mais pas un instant, ils n'ont mis en doute la justesse de notre choix commun. Je suis fier d’eux. Tout au long de la semaine qui a suivi les élections, alors que nous étions restés sur la place et protestions contre les falsifications grossières des résultats de ces élections, les autorités ont arrêté plus d’un millier de personnes. Les prisons de Minsk n'avaient jamais été remplies à craquer: ce fut précisément le cas pendant cette semaine-là. Le régime a compris qu'il n'allait pas faire cesser ce mouvement de protestation, même par la force de ses troupes. C'est pourquoi, au cours de ces quelques jours, les autorités ont arrêté tous ceux qui venaient sur la place, même ceux qui portaient tout simplement de l'eau, de la nourriture et des vêtements chauds aux habitants de la "cité des tentes"."@lt14
"Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, je vais m'exprimer dans ma langue maternelle parce que je voudrais dire ce que je pense et que je pense toujours en bélarusse. C'est pourquoi je vais parler dans la langue qui me permet le mieux d'exprimer mes sentiments. Le 19 mars, les autorités ne s’attendaient pas à voir sortir des dizaines de milliers de personnes, malgré les menaces de représailles. Cela a été notre première victoire. Je réalise très clairement qu’il nous faudra encore obtenir beaucoup de victoires semblables avant de mettre fin à ce régime illégal. Aujourd’hui M. Aliaksandr Kazouline, ancien candidat présidentiel, se trouve en prison, condamné à 5 ans et demi de détention. Actuellement, il est en grève de la faim depuis plus de 50 jours. L'état de sa santé est extrêmement grave, il a perdu 40 kilos, sa vie est menacée. Ce prix est aussi pour lui, ainsi que pour Zmitser Dachkevitch, Pavel Seviarynets, Mikola Statkevitch et Andreï Klimaǔ et tous les autres prisonniers politiques de mon pays. Ce prix est un signe de la prise de conscience de l'Europe par rapport à la situation au Bélarus. Ce prix est un exemple formidable de la politique morale. Ce prix est un signe de reconnaissance de l'avenir européen du Bélarus. Aujourd'hui, cette haute distinction aurait pu être reçue par le leader depuis plusieurs années du mouvement démocratique bélarussien, le professeur Hienadź Karpienka. Ou par l'ancien ministre des affaires intérieures Yury Zakharanka. Ou bien par Viktar Hantchar, le vice-président du dernier parlement légitime au Bélarus. Ces personnes sont les héros, les combattants pour la liberté du Bélarus. Mais elles ont disparu sans laisser de traces ou sont assassinées. C'est par ces moyens, anciens comme la haine humaine et désespérément désuets comme l'inquisition, que les pouvoirs bélarussiens d'aujourd'hui sévissent contre leurs opposants. Dans son discours de réception du prix Nobel de la paix, Andreï Sakharov a dit: "Je suis convaincu que la confiance internationale, la compréhension mutuelle, le désarmement et la sécurité internationale ne sont pas concevables sans une société ouverte avec la liberté d'information, la liberté de conscience, la le droit de voyager et de choisir le pays de résidence". Je partage cette position. L'académicien Sakharov a toujours prôné la résistance non violente. En cela, je suis également son adepte. Et nous avons tout pour gagner: la foi en l'avenir européen du Bélarus, la solidarité, l'audace et l'expérience. Pour beaucoup de jeunes gens, le bleu – la couleur du drapeau européen – est devenu un symbole. En mars dernier, ce drapeau a été hissé à côté de notre drapeau national blanc-rouge-blanc. Comme signe de solidarité avec nous il y avait également les drapeaux de la Lituanie, de l'Ukraine, de la Pologne, de la Russie, de l'Estonie, de l'Azerbaïdjan, de la Géorgie. Nous devons surmonter la peur qui, au cours des dix dernières années, a imprégné la conscience des gens du fait d'une propagande permanente. Andreï Sakharov mettait en garde: "La liberté de pensée est la seule garantie contre la contamination des gens par des mythes collectifs qui, dans les mains des hypocrites perfides et des démagogues peut se transformer en une dictature sanglante". C'est ce qui se passe aujourd'hui au Bélarus. On réintroduit les monuments à la gloire de Staline. En reprenant les "meilleures" traditions du système soviétique, les médias officiels déversent sans arrêt des torrents de mensonges et de calomnies, comme à l'époque de Sakharov. L'ennemi principal est l'Occident et les démocrates locaux sont présentés comme ses agents. Le régime se trouve aujourd'hui dans une situation difficile, son économie planifiée n'est pas efficace, la Russie menace de stopper les préférences économiques. Pour cette raison, le pouvoir s'énerve et essaie d'en rendre les opposants politiques responsables. À la fin du mois de novembre, lors de sa rencontre avec les journalistes ukrainiens, M. Loukachenka a déclaré que "cette opposition fuit à l'étranger où elle demande d'appliquer les sanctions économiques contre le pays et elle est contente que demain les prix du gaz vont augmenter". Je voudrais profiter de l'occasion pour déclarer, du haut de cette tribune européenne, en toute responsabilité et à tout le monde, notamment au peuple bélarussien, que ce sont des mensonges! Nous n'avons jamais demandé d'appliquer des sanctions économiques contre notre pays car nous comprenons parfaitement que ces sanctions vont en premier lieu frapper les citoyens ordinaires du Bélarus. Quant au pouvoir en place, il trouvera toujours les moyens pour soutenir ses fonctionnaires. Nous n'avons eu de cesse de répéter que le gaz russe cesserait d'être bon marché pour le Bélarus, qu'il allait devenir cher en Russie elle-même. Il est dommage que les dirigeants bélarussiens n'aient pas saisi la chance qui se présentait et n'aient pas utilisé les possibilités qu'ils ont eues pendant longtemps de mener de vraies réformes économiques. Maintenant c'est le peuple bélarussien qui va en subir les conséquences. Parmi les conditions principales que Moscou impose à présent à Loukachenka pour son soutien économique et politique de longue date figurent le passage à la monnaie unique au rouble russe, et l'adoption de l'acte constitutionnel du soi-disant "État d'union" dans la version russe. L'acceptation de ces conditions signifierait la perte inéluctable par le Bélarus de sa souveraineté. Pour le moment, les dirigeants politiques bélarussiens résistent encore à aller dans cette direction. Ces derniers temps, Loukachenka exprime ouvertement son inquiétude concernant l'indépendance du pays. Il parle du lien évoqué depuis longtemps déjà par les forces démocratiques bélarussiennes entre l'indépendance et le bien-être. Mais dans le cas de Loukachenka, il ne faut pas confondre la défense de l'indépendance avec la défense de ses intérêts personnels et avec sa volonté de conserver le pouvoir à tout prix. Lui-même et son entourage se rendent parfaitement compte qu'avec la perte de l'indépendance et l'arrivée du capital russe dans le pays, ils seraient peu nombreux à conserver leurs postes ainsi que leurs richesses. Mais on ne peut pas exclure que, mené par un instinct de conservation, le pouvoir bélarussien acceptera les conditions déjà mentionnées de Moscou et organisera un référendum pour les approuver. Il faut savoir que c'est seulement la démocratie, et non pas la dictature, qui peut être la garantie de l'indépendance bélarussienne. Le fait que nous ne parvenions pas pour l'instant à trouver un langage commun avec Moscou ne signifie pas que les forces démocratiques bélarussiennes sont dirigées contre la Russie. Nous voulons vivre dans un État souverain et construire les meilleures relations possibles avec la Russie. Nous sommes prêts à prendre en compte ses intérêts mais à condition qu'ils n'aillent pas à l'encontre de nos propres intérêts. La Russie est pour nous, comme pour l'UE, un partenaire stratégique. Le Bélarus démocratique sera un ami crédible et prévisible pour la Russie. Nous pensons que l'interdiction d'entrée dans les pays de l'Union européenne pour les personnes qui transgressent la Constitution et qui participent aux répressions est une mesure très efficace. La liste de ces "combattants contre la démocratie" doit être élargie. En même temps, je vous appelle à ne pas augmenter le coût des visas Schengen pour les citoyens bélarussiens. Il est prévu qu'à partir du 1er janvier 2007, le prix du visa Schengen sera de 60 euros. Pour la majorité écrasante des Bélarussiens qui ont un besoin énorme de contacts libres avec l'Occident, ce coût serait prohibitif. Suite à cette décision, un nouveau "rideau de fer" risque de s'ériger. Or ces mesures profiteront à Loukachenka qui ne cesse de répéter au peuple bélarussien que "personne ne nous attend en Occident". Nous avons très positivement accueilli les propositions faites le mois dernier par la Commission européenne. Pour le gouvernement de Loukachenka, elles offrent une bonne occasion de sortir de l'auto-isolement international et de la situation économique peu enviable dans laquelle il s'est enfoncé. Aliaksandr Loukachenka lui-même a été obligé de reconnaître, lors de la réunion du gouvernement, que l'année prochaine sera "catastrophiquement dure". Si ces propositions sont acceptées par le régime, le Bélarus pourrait obtenir un soutien considérable pour lancer les réformes politiques et socio-économiques qui sont depuis longtemps tellement nécessaires, et pour commencer un véritable rapprochement avec l'Europe, y compris par la voie d'une intégration économique progressive. Mais les espérances que le gouvernement bélarussien accepte la voie du rapprochement avec l'Union européenne sont presque nulles. Il y a déjà eu assez de propositions similaires, mais le régime n'a jamais donné de réponse concrète positive. Ses fidèles comprennent parfaitement qu'une fois lancée, la démocratisation va inévitablement et très rapidement aboutir à la fin de leur emprise. Le dirigeant actuel du Bélarus ne gagnera plus jamais de vraies élections libres. En même temps, cette offre de l'Union européenne nous donne la possibilité de faire comprendre aux citoyens de notre pays que malgré ce que dit la propagande étatique, l'Europe laisse la porte ouverte au Bélarus, mais à un Bélarus libre et démocratique. Ces propositions sont apparues à un moment très propice, celui de la campagne pour les élections locales. Il n'y aura pas de vraies élections, comme il n'y a pas de vrai gouvernement local au Bélarus. Dans le cadre de cette campagne, nous diffusons l'information sur les propositions de l'Union européenne. Nous apprécions beaucoup votre aide et nous vous en remercions chaleureusement. Je voudrais pourtant vous appeler à l'étendre et à la rendre plus souple. Il s’agit de choses déjà connues: aide aux médias libres, soutien à la société civile et aux personnes réprimées. Les programmes actuels de l'Union européenne sont élaborés pour les pays qui se trouvent déjà sur la voie de la démocratisation et des réformes. Mais ils ne peuvent pas fonctionner dans le cas du Bélarus. Pour le soutien de la démocratie dans des pays comme le mien, il est grand temps de créer un Fonds européen pour la démocratie qui aurait des moyens réels pour œuvrer en direction de pays de régime dictatorial. L'Europe ne doit pas baisser les bras en disant "que peut-on y faire?". Vous pouvez faire beaucoup! Vous pouvez nous aider à casser le blocus informationnel, à briser la vision bornée du monde imposée à mes compatriotes par la propagande gouvernementale, à créer un espace public propice à un débat citoyen ouvert où vont se retrouver les auteurs indépendants, les intellectuels et les autorités morales. Ceci va sans aucun doute contribuer au développement plus rapide de la société civile au Bélarus. Le message récent de l'Europe au peuple bélarussien a été à la fois une démonstration de votre solidarité avec nous et un rappel au régime actuel de sa responsabilité pour ses crimes. Et ce qui est le plus important: dans ce message, il s'agit de la place de notre pays en Europe. Je suis profondément convaincu que l'Europe ne pourra pas être complète sans le Bélarus. C'est pourquoi nous répétons les mêmes mots d'ordre que mes ancêtres qui avaient participé à l'insurrection libératrice contre la tyrannie: "Pour votre et notre liberté". Moi, Bélarussien et citoyen d'un pays européen, je vous remercie de tout mon cœur et aussi de la part de tous ceux qui, en mars dernier, étaient sur la place, et de tous ceux qui ont été ou sont maintenant en prison pour avoir défendu ou pour défendre le droit fondamental de vivre dans un pays libre. Je vous remercie d'avoir foi en notre victoire. Je promets que notre victoire ne tardera pas. Mon pays n'est plus comme autrefois, il a moins peur, il croit aux changements. Bientôt le Bélarus reviendra dans la famille européenne et sera de nouveau un État libre et démocratique. Les dictatures n'ont pas de perspectives historiques et, comme le démontre l'histoire, finissent tristement pour les tyrans. Le seul vrai choix dans les conditions d'une dictature, c'est le combat. Tout simplement parce que nous n'avons pas d'autre choix. Merci pour votre soutien et vive le Bélarus! Tout d’abord permettez-moi d’exprimer ma gratitude la plus sincère au Parlement européen pour m’avoir attribué cette haute distinction, le prix Andreï Sakharov, physicien génial et défenseur ardent des droits de l’homme. Je vous remercie également pour cette occasion de pouvoir parler devant vous. Ce prix ne m'appartient pas à moi seul! Avec moi, ce sont tous les Bélarussiens qui se voient attribuer ce prix, tous ceux qui ont été en mars dernier sur la place de Minsk, qui ont été jetés dans les prisons, expulsés des universités et des lieux de travail. Ce prix est pour tous ceux qui continuent le combat. Nous sommes nombreux! Nous sommes ceux qui veulent que le Bélarus revienne dans la famille des démocraties européennes et qui sont prêts, pour y arriver, à sacrifier leur bien-être personnel, leur liberté et même leur vie. Le Bélarus a toujours été un pays européen. Il a beaucoup donné à l’Europe en faisant beaucoup de sacrifices. Au XVIe siècle, il a donné à l’Europe un prototype de première constitution démocratique, le statut du grand-duché de Lituanie. Il a donné au monde plusieurs personnalités éminentes, telles que Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fédor Dostoïevski, Dmitri Chostakovitch, Tadeusz Kościuszko. Les Bélarussiens ont été les deuxièmes en Europe à traduire la Bible dans leur langue maternelle. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, c’est au Bélarus qu’on a vu se développer le mouvement de résistance le plus puissant en Europe, au prix de la vie d'un habitant sur trois. Sur six millions de Juifs exterminés lors de l’Holocauste, 1 million venait du Bélarus. S'il faut mériter la liberté, nous l’avons méritée! Par toute notre histoire et les sacrifices consentis en son nom. Chaque siècle, à cause de guerres interminables, le Bélarus perdait de un quart jusqu'à un tiers de ses fils et filles, il perdait son élite. Notre peuple a passé par un déracinement forcé de l'identité nationale, par l'amputation de sa mémoire historique. En 1991, nous nous sommes réjouis d’avoir finalement obtenu notre indépendance. Mais nous n'avons pas tout de suite réalisé que la liberté et l’indépendance ne sont pas la même chose. Aujourd'hui, de nouveau, nous luttons pour la liberté et défendons l'indépendance. Nous le faisons non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour nos enfants qui, à l'instar des enfants français, lituaniens, polonais et britanniques, ont le droit de vivre dans un pays libre. Ce sont nos enfants qui, après les élections du 19 mars, restaient debout toute la nuit sur la place de Minsk, lorsque les adultes ne pouvaient plus résister au froid et rentraient chez eux. Ce sont nos enfants qui ont été jetés dans les camions fermés, où l’on étouffait, et mis dans des prisons, tandis que leurs parents mettaient des jours pour les retrouver. Ce sont nos enfants qui, après être sortis des prisons, ont été expulsés des universités pour leur choix de conscience. Mais pas un instant, ils n'ont mis en doute la justesse de notre choix commun. Je suis fier d’eux. Tout au long de la semaine qui a suivi les élections, alors que nous étions restés sur la place et protestions contre les falsifications grossières des résultats de ces élections, les autorités ont arrêté plus d’un millier de personnes. Les prisons de Minsk n'avaient jamais été remplies à craquer: ce fut précisément le cas pendant cette semaine-là. Le régime a compris qu'il n'allait pas faire cesser ce mouvement de protestation, même par la force de ses troupes. C'est pourquoi, au cours de ces quelques jours, les autorités ont arrêté tous ceux qui venaient sur la place, même ceux qui portaient tout simplement de l'eau, de la nourriture et des vêtements chauds aux habitants de la "cité des tentes"."@lv13
"Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, je vais m'exprimer dans ma langue maternelle parce que je voudrais dire ce que je pense et que je pense toujours en bélarusse. C'est pourquoi je vais parler dans la langue qui me permet le mieux d'exprimer mes sentiments. Le 19 mars, les autorités ne s’attendaient pas à voir sortir des dizaines de milliers de personnes, malgré les menaces de représailles. Cela a été notre première victoire. Je réalise très clairement qu’il nous faudra encore obtenir beaucoup de victoires semblables avant de mettre fin à ce régime illégal. Aujourd’hui M. Aliaksandr Kazouline, ancien candidat présidentiel, se trouve en prison, condamné à 5 ans et demi de détention. Actuellement, il est en grève de la faim depuis plus de 50 jours. L'état de sa santé est extrêmement grave, il a perdu 40 kilos, sa vie est menacée. Ce prix est aussi pour lui, ainsi que pour Zmitser Dachkevitch, Pavel Seviarynets, Mikola Statkevitch et Andreï Klimaǔ et tous les autres prisonniers politiques de mon pays. Ce prix est un signe de la prise de conscience de l'Europe par rapport à la situation au Bélarus. Ce prix est un exemple formidable de la politique morale. Ce prix est un signe de reconnaissance de l'avenir européen du Bélarus. Aujourd'hui, cette haute distinction aurait pu être reçue par le leader depuis plusieurs années du mouvement démocratique bélarussien, le professeur Hienadź Karpienka. Ou par l'ancien ministre des affaires intérieures Yury Zakharanka. Ou bien par Viktar Hantchar, le vice-président du dernier parlement légitime au Bélarus. Ces personnes sont les héros, les combattants pour la liberté du Bélarus. Mais elles ont disparu sans laisser de traces ou sont assassinées. C'est par ces moyens, anciens comme la haine humaine et désespérément désuets comme l'inquisition, que les pouvoirs bélarussiens d'aujourd'hui sévissent contre leurs opposants. Dans son discours de réception du prix Nobel de la paix, Andreï Sakharov a dit: "Je suis convaincu que la confiance internationale, la compréhension mutuelle, le désarmement et la sécurité internationale ne sont pas concevables sans une société ouverte avec la liberté d'information, la liberté de conscience, la le droit de voyager et de choisir le pays de résidence". Je partage cette position. L'académicien Sakharov a toujours prôné la résistance non violente. En cela, je suis également son adepte. Et nous avons tout pour gagner: la foi en l'avenir européen du Bélarus, la solidarité, l'audace et l'expérience. Pour beaucoup de jeunes gens, le bleu – la couleur du drapeau européen – est devenu un symbole. En mars dernier, ce drapeau a été hissé à côté de notre drapeau national blanc-rouge-blanc. Comme signe de solidarité avec nous il y avait également les drapeaux de la Lituanie, de l'Ukraine, de la Pologne, de la Russie, de l'Estonie, de l'Azerbaïdjan, de la Géorgie. Nous devons surmonter la peur qui, au cours des dix dernières années, a imprégné la conscience des gens du fait d'une propagande permanente. Andreï Sakharov mettait en garde: "La liberté de pensée est la seule garantie contre la contamination des gens par des mythes collectifs qui, dans les mains des hypocrites perfides et des démagogues peut se transformer en une dictature sanglante". C'est ce qui se passe aujourd'hui au Bélarus. On réintroduit les monuments à la gloire de Staline. En reprenant les "meilleures" traditions du système soviétique, les médias officiels déversent sans arrêt des torrents de mensonges et de calomnies, comme à l'époque de Sakharov. L'ennemi principal est l'Occident et les démocrates locaux sont présentés comme ses agents. Le régime se trouve aujourd'hui dans une situation difficile, son économie planifiée n'est pas efficace, la Russie menace de stopper les préférences économiques. Pour cette raison, le pouvoir s'énerve et essaie d'en rendre les opposants politiques responsables. À la fin du mois de novembre, lors de sa rencontre avec les journalistes ukrainiens, M. Loukachenka a déclaré que "cette opposition fuit à l'étranger où elle demande d'appliquer les sanctions économiques contre le pays et elle est contente que demain les prix du gaz vont augmenter". Je voudrais profiter de l'occasion pour déclarer, du haut de cette tribune européenne, en toute responsabilité et à tout le monde, notamment au peuple bélarussien, que ce sont des mensonges! Nous n'avons jamais demandé d'appliquer des sanctions économiques contre notre pays car nous comprenons parfaitement que ces sanctions vont en premier lieu frapper les citoyens ordinaires du Bélarus. Quant au pouvoir en place, il trouvera toujours les moyens pour soutenir ses fonctionnaires. Nous n'avons eu de cesse de répéter que le gaz russe cesserait d'être bon marché pour le Bélarus, qu'il allait devenir cher en Russie elle-même. Il est dommage que les dirigeants bélarussiens n'aient pas saisi la chance qui se présentait et n'aient pas utilisé les possibilités qu'ils ont eues pendant longtemps de mener de vraies réformes économiques. Maintenant c'est le peuple bélarussien qui va en subir les conséquences. Parmi les conditions principales que Moscou impose à présent à Loukachenka pour son soutien économique et politique de longue date figurent le passage à la monnaie unique au rouble russe, et l'adoption de l'acte constitutionnel du soi-disant "État d'union" dans la version russe. L'acceptation de ces conditions signifierait la perte inéluctable par le Bélarus de sa souveraineté. Pour le moment, les dirigeants politiques bélarussiens résistent encore à aller dans cette direction. Ces derniers temps, Loukachenka exprime ouvertement son inquiétude concernant l'indépendance du pays. Il parle du lien évoqué depuis longtemps déjà par les forces démocratiques bélarussiennes entre l'indépendance et le bien-être. Mais dans le cas de Loukachenka, il ne faut pas confondre la défense de l'indépendance avec la défense de ses intérêts personnels et avec sa volonté de conserver le pouvoir à tout prix. Lui-même et son entourage se rendent parfaitement compte qu'avec la perte de l'indépendance et l'arrivée du capital russe dans le pays, ils seraient peu nombreux à conserver leurs postes ainsi que leurs richesses. Mais on ne peut pas exclure que, mené par un instinct de conservation, le pouvoir bélarussien acceptera les conditions déjà mentionnées de Moscou et organisera un référendum pour les approuver. Il faut savoir que c'est seulement la démocratie, et non pas la dictature, qui peut être la garantie de l'indépendance bélarussienne. Le fait que nous ne parvenions pas pour l'instant à trouver un langage commun avec Moscou ne signifie pas que les forces démocratiques bélarussiennes sont dirigées contre la Russie. Nous voulons vivre dans un État souverain et construire les meilleures relations possibles avec la Russie. Nous sommes prêts à prendre en compte ses intérêts mais à condition qu'ils n'aillent pas à l'encontre de nos propres intérêts. La Russie est pour nous, comme pour l'UE, un partenaire stratégique. Le Bélarus démocratique sera un ami crédible et prévisible pour la Russie. Nous pensons que l'interdiction d'entrée dans les pays de l'Union européenne pour les personnes qui transgressent la Constitution et qui participent aux répressions est une mesure très efficace. La liste de ces "combattants contre la démocratie" doit être élargie. En même temps, je vous appelle à ne pas augmenter le coût des visas Schengen pour les citoyens bélarussiens. Il est prévu qu'à partir du 1er janvier 2007, le prix du visa Schengen sera de 60 euros. Pour la majorité écrasante des Bélarussiens qui ont un besoin énorme de contacts libres avec l'Occident, ce coût serait prohibitif. Suite à cette décision, un nouveau "rideau de fer" risque de s'ériger. Or ces mesures profiteront à Loukachenka qui ne cesse de répéter au peuple bélarussien que "personne ne nous attend en Occident". Nous avons très positivement accueilli les propositions faites le mois dernier par la Commission européenne. Pour le gouvernement de Loukachenka, elles offrent une bonne occasion de sortir de l'auto-isolement international et de la situation économique peu enviable dans laquelle il s'est enfoncé. Aliaksandr Loukachenka lui-même a été obligé de reconnaître, lors de la réunion du gouvernement, que l'année prochaine sera "catastrophiquement dure". Si ces propositions sont acceptées par le régime, le Bélarus pourrait obtenir un soutien considérable pour lancer les réformes politiques et socio-économiques qui sont depuis longtemps tellement nécessaires, et pour commencer un véritable rapprochement avec l'Europe, y compris par la voie d'une intégration économique progressive. Mais les espérances que le gouvernement bélarussien accepte la voie du rapprochement avec l'Union européenne sont presque nulles. Il y a déjà eu assez de propositions similaires, mais le régime n'a jamais donné de réponse concrète positive. Ses fidèles comprennent parfaitement qu'une fois lancée, la démocratisation va inévitablement et très rapidement aboutir à la fin de leur emprise. Le dirigeant actuel du Bélarus ne gagnera plus jamais de vraies élections libres. En même temps, cette offre de l'Union européenne nous donne la possibilité de faire comprendre aux citoyens de notre pays que malgré ce que dit la propagande étatique, l'Europe laisse la porte ouverte au Bélarus, mais à un Bélarus libre et démocratique. Ces propositions sont apparues à un moment très propice, celui de la campagne pour les élections locales. Il n'y aura pas de vraies élections, comme il n'y a pas de vrai gouvernement local au Bélarus. Dans le cadre de cette campagne, nous diffusons l'information sur les propositions de l'Union européenne. Nous apprécions beaucoup votre aide et nous vous en remercions chaleureusement. Je voudrais pourtant vous appeler à l'étendre et à la rendre plus souple. Il s’agit de choses déjà connues: aide aux médias libres, soutien à la société civile et aux personnes réprimées. Les programmes actuels de l'Union européenne sont élaborés pour les pays qui se trouvent déjà sur la voie de la démocratisation et des réformes. Mais ils ne peuvent pas fonctionner dans le cas du Bélarus. Pour le soutien de la démocratie dans des pays comme le mien, il est grand temps de créer un Fonds européen pour la démocratie qui aurait des moyens réels pour œuvrer en direction de pays de régime dictatorial. L'Europe ne doit pas baisser les bras en disant "que peut-on y faire?". Vous pouvez faire beaucoup! Vous pouvez nous aider à casser le blocus informationnel, à briser la vision bornée du monde imposée à mes compatriotes par la propagande gouvernementale, à créer un espace public propice à un débat citoyen ouvert où vont se retrouver les auteurs indépendants, les intellectuels et les autorités morales. Ceci va sans aucun doute contribuer au développement plus rapide de la société civile au Bélarus. Le message récent de l'Europe au peuple bélarussien a été à la fois une démonstration de votre solidarité avec nous et un rappel au régime actuel de sa responsabilité pour ses crimes. Et ce qui est le plus important: dans ce message, il s'agit de la place de notre pays en Europe. Je suis profondément convaincu que l'Europe ne pourra pas être complète sans le Bélarus. C'est pourquoi nous répétons les mêmes mots d'ordre que mes ancêtres qui avaient participé à l'insurrection libératrice contre la tyrannie: "Pour votre et notre liberté". Moi, Bélarussien et citoyen d'un pays européen, je vous remercie de tout mon cœur et aussi de la part de tous ceux qui, en mars dernier, étaient sur la place, et de tous ceux qui ont été ou sont maintenant en prison pour avoir défendu ou pour défendre le droit fondamental de vivre dans un pays libre. Je vous remercie d'avoir foi en notre victoire. Je promets que notre victoire ne tardera pas. Mon pays n'est plus comme autrefois, il a moins peur, il croit aux changements. Bientôt le Bélarus reviendra dans la famille européenne et sera de nouveau un État libre et démocratique. Les dictatures n'ont pas de perspectives historiques et, comme le démontre l'histoire, finissent tristement pour les tyrans. Le seul vrai choix dans les conditions d'une dictature, c'est le combat. Tout simplement parce que nous n'avons pas d'autre choix. Merci pour votre soutien et vive le Bélarus! Tout d’abord permettez-moi d’exprimer ma gratitude la plus sincère au Parlement européen pour m’avoir attribué cette haute distinction, le prix Andreï Sakharov, physicien génial et défenseur ardent des droits de l’homme. Je vous remercie également pour cette occasion de pouvoir parler devant vous. Ce prix ne m'appartient pas à moi seul! Avec moi, ce sont tous les Bélarussiens qui se voient attribuer ce prix, tous ceux qui ont été en mars dernier sur la place de Minsk, qui ont été jetés dans les prisons, expulsés des universités et des lieux de travail. Ce prix est pour tous ceux qui continuent le combat. Nous sommes nombreux! Nous sommes ceux qui veulent que le Bélarus revienne dans la famille des démocraties européennes et qui sont prêts, pour y arriver, à sacrifier leur bien-être personnel, leur liberté et même leur vie. Le Bélarus a toujours été un pays européen. Il a beaucoup donné à l’Europe en faisant beaucoup de sacrifices. Au XVIe siècle, il a donné à l’Europe un prototype de première constitution démocratique, le statut du grand-duché de Lituanie. Il a donné au monde plusieurs personnalités éminentes, telles que Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fédor Dostoïevski, Dmitri Chostakovitch, Tadeusz Kościuszko. Les Bélarussiens ont été les deuxièmes en Europe à traduire la Bible dans leur langue maternelle. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, c’est au Bélarus qu’on a vu se développer le mouvement de résistance le plus puissant en Europe, au prix de la vie d'un habitant sur trois. Sur six millions de Juifs exterminés lors de l’Holocauste, 1 million venait du Bélarus. S'il faut mériter la liberté, nous l’avons méritée! Par toute notre histoire et les sacrifices consentis en son nom. Chaque siècle, à cause de guerres interminables, le Bélarus perdait de un quart jusqu'à un tiers de ses fils et filles, il perdait son élite. Notre peuple a passé par un déracinement forcé de l'identité nationale, par l'amputation de sa mémoire historique. En 1991, nous nous sommes réjouis d’avoir finalement obtenu notre indépendance. Mais nous n'avons pas tout de suite réalisé que la liberté et l’indépendance ne sont pas la même chose. Aujourd'hui, de nouveau, nous luttons pour la liberté et défendons l'indépendance. Nous le faisons non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour nos enfants qui, à l'instar des enfants français, lituaniens, polonais et britanniques, ont le droit de vivre dans un pays libre. Ce sont nos enfants qui, après les élections du 19 mars, restaient debout toute la nuit sur la place de Minsk, lorsque les adultes ne pouvaient plus résister au froid et rentraient chez eux. Ce sont nos enfants qui ont été jetés dans les camions fermés, où l’on étouffait, et mis dans des prisons, tandis que leurs parents mettaient des jours pour les retrouver. Ce sont nos enfants qui, après être sortis des prisons, ont été expulsés des universités pour leur choix de conscience. Mais pas un instant, ils n'ont mis en doute la justesse de notre choix commun. Je suis fier d’eux. Tout au long de la semaine qui a suivi les élections, alors que nous étions restés sur la place et protestions contre les falsifications grossières des résultats de ces élections, les autorités ont arrêté plus d’un millier de personnes. Les prisons de Minsk n'avaient jamais été remplies à craquer: ce fut précisément le cas pendant cette semaine-là. Le régime a compris qu'il n'allait pas faire cesser ce mouvement de protestation, même par la force de ses troupes. C'est pourquoi, au cours de ces quelques jours, les autorités ont arrêté tous ceux qui venaient sur la place, même ceux qui portaient tout simplement de l'eau, de la nourriture et des vêtements chauds aux habitants de la "cité des tentes"."@mt15
"Mijnheer de Voorzitter, dames en heren, ik zal u in mijn moedertaal toespreken, omdat ik graag wil zeggen wat ik denk, en ik denk nu eenmaal in het Wit-Russisch. Ik zal dus spreken in de taal waarin ik mijn gevoelens het best kan uiten. De autoriteiten hadden niet verwacht dat er op 19 maart ondanks de dreigementen met represailles toch tienduizenden mensen de straat zouden opgaan. Dat was onze eerste overwinning. Ik ben me er echter terdege van bewust dat we meer van dit soort overwinningen zullen moeten boeken om van dit illegale regime af te komen. De voormalige presidentskandidaat Aleksandr Kozoelin, bevindt zich thans in de gevangenis, omdat hij tot vijf en een half jaar cel is veroordeeld. Hij is nu al vijftig dagen lang in hongerstaking. Zijn gezondheidstoestand is heel precair: hij heeft 40 kilo verloren en zijn leven is in gevaar. Deze prijs is ook voor hem, en voor Zmitser Dachkevitsj, Pavel Seviarynets, Mikola Statkevitsj en Andrei Klimaǔ en alle ander politieke gevangenen in mijn land. Deze prijs is een signaal dat Europa zich bewust is van wat er in Wit-Rusland gebeurt. Deze prijs is dan ook een prachtig voorbeeld van morele politiek. Het is een erkenning van Wit-Ruslands Europese toekomst. Deze hoge onderscheiding zou ook in ontvangst kunnen zijn genomen door professor Hienadź Karpienka, die jarenlang de leider van de Wit-Russische democratische beweging is geweest. Of door de voormalige minister van binnenlandse zaken, Joeri Zacharenko. Of door Viktor Gontsjar, de vice-president van het laatste wettelijke Parlement van Wit-Rusland. Deze mensen zijn helden, strijders voor de vrijheid van Wit-Rusland – maar ze zijn ofwel vermoord ofwel spoorloos verdwenen. Dat zijn de methoden die de autoriteiten van Wit-Rusland tegen hun opponenten gebruiken, methoden die net zo oud zijn als de haat tussen mensen en net zo hopeloos ouderwets als de inquisitie. In zijn speech bij het in ontvangst nemen van de Nobelprijs zei Andrei Sacharov: "Ik ben ervan overtuigd dat internationaal vertrouwen, wederzijds begrip, ontwapening en internationale veiligheid niet kunnen bestaan zonder een open maatschappij met vrijheid van informatie, vrijheid van geweten het recht om te reizen en zelf het land te kiezen waar men wenst te verblijven". Ik ben het daarmee eens. De academicus Sacharov heeft altijd gepleit voor geweldloos verzet. Ook in dat opzicht ben ik het met hem eens. We beschikken over alles wat we nodig hebben om te winnen: vertrouwen in Wit-Ruslands Europese toekomst, solidariteit, moed en ervaring. Voor veel jonge mensen heeft de kleur blauw – de kleur van de Europese vlag – een symbolische waarde gekregen. Die vlag is in maart naast onze eigen wit-rood-witte nationale vlag overal omhoog gehouden. Er is ook gezwaaid met de vlaggen van Litouwen, Oekraïne, Polen, Rusland, Estland, Azerbeidzjan en Georgië, als blijk van de solidariteit van deze landen met ons. We moeten de angst die zich de afgelopen tien jaar als gevolg van de constante propaganda meester heeft gemaakt van het geweten van de mensen proberen te overwinnen. Andrei Sacharov heeft daarvoor gewaarschuwd: "De vrijheid van denken is de enige garantie dat mensen niet door collectieve mythen worden besmet. Die mythen kunnen in de handen van kwaadwillende hypocrieten en volksmenners de aanzet geven tot een bloedige dictatuur". Dat is wat er nu in Wit-Rusland gebeurt. Er verschijnen weer monumenten ter verheerlijking van Stalin. In de "beste" traditie van het Sovjetsysteem wordt er via de officiële media een eindeloze stroom leugens en verdachtmakingen uitgebraakt, net als ten tijde van Sacharov. Het Westen is dan de belangrijkste vijand, terwijl democraten uit eigen landen worden afgeschilderd als zijn agenten. Het regime bevindt zich momenteel in een moeilijke situatie. De planeconomie is niet erg efficiënt en Rusland dreigt een einde te maken aan de economische preferenties. Dat maakt de regering nerveus en daarom probeert ze haar politieke tegenstanders de schuld in de schoenen te schuiven. Eind november beweerde Loekasjenko in een gesprek met journalisten uit Oekraïne dat "de oppositie naar het buitenland uitwijkt om daar op te roepen tot economische sancties tegen ons land, en ze zijn dolblij als morgen de gasprijs omhoog gaat". Ik wil van deze gelegenheid gebruik maken om hier, in dit Europese forum, in alle oprechtheid tegenover de gehele wereld – en in het bijzonder het volk van Wit-Rusland – te verklaren dat het hier om leugens gaat. Wij hebben nooit opgeroepen tot economische sancties tegen ons land. Wij zijn ons er maar al te goed van bewust dat zulke sancties vooral de gewone burgers van Wit-Rusland treffen. Want het regime dat nu aan de macht is vindt altijd wel een manier om zijn ambtenaren te onderhouden. Wij hebben altijd gezegd dat Russisch gas voor Wit-Rusland niet altijd goedkoop zou zijn en dat het ook in Rusland zelf duur zou worden. Het is een schande dat de Wit-Russische leiders geen echte economische hervormingen hebben doorgevoerd, terwijl daar toch heel lang een goede gelegenheid voor is geweest. Het volk van Wit-Rusland zal van dat verzuim nu de gevolgen ondervinden. De belangrijkste voorwaarden die Moskou de heer Loekasjenko nu in ruil voor economische en politieke steun op de lange termijn oplegt is dat Wit-Rusland toetreedt tot de monetaire unie – de Russische roebel – en dat het een constitutionele akte aanvaardt van wat de Russen de "Unie" noemen. Als Wit-Rusland die voorwaarden aanvaardt, zal het zeker een belangrijk deel van zijn soevereiniteit verliezen. De Wit-Russische politieke leiders zijn nu nog niet bereid dergelijke stappen te ondernemen. De heer Loekasjenko heeft onlangs zijn bezorgdheid met betrekking tot de onafhankelijkheid geuit. Hij heeft het over het verband tussen onafhankelijkheid en welzijn – een verband dat de democratische beweging al zo lang heeft benadrukt. Als hij het over onafhankelijkheid heeft moeten we echter wel bedenken dat hij het over zijn eigen belangen heeft en zijn verlangen om koste wat het kost aan de macht te blijven. Loekasjenko en zijn entourage zijn zich er maar al te goed van bewust dat het verlies van de onafhankelijkheid en het binnenstromen van Russisch kapitaal tot gevolg zou hebben dat maar weinigen onder hen erin zouden slagen hun positie of hun rijkdom te handhaven. We kunnen echter niet uitsluiten dat het Wit-Russische regime met het oog op zelfbehoud de door Moskou gestelde voorwaarden aanvaardt en dan een referendum uitschrijft om die aanvaarding te bekrachtigen. Het staat dan ook buiten kijf dat alleen democratie – en dus niet een dictatuur – de onafhankelijkheid van Wit-Rusland kan garanderen. Het feit dat we met Moskou nog steeds niet op een gelijke golflengte zitten wil niet zeggen dat de democratische beweging zich tegen Rusland afzet. We willen leven in een onafhankelijke staat en op die basis zo goed mogelijke betrekkingen met Rusland opbouwen. We zijn bereid rekening te houden met de belangen van Rusland, zolang die belangen maar niet haaks op de onze staan. Rusland is voor ons een strategische partner, net als de EU. Een democratisch Wit-Rusland zal een geloofwaardige en betrouwbare vriend van Rusland zijn. Wij geloven dat een heel doeltreffende maatregel is om mensen de toegang tot de landen van de Europese Unie te weigeren op grond van schending van de Grondwet en deelname aan de repressie. De lijst van vijanden van de democratie zal evenwel moeten worden uitgebreid. Ik wil u tegelijkertijd verzoeken de kosten van een Schengenvisum voor Wit-Russische onderdanen niet te verhogen. Verwacht wordt dat zo'n visum vanaf 1 januari 2007 zestig euro zal gaan kosten. Voor de overgrote meerderheid van de Wit-Russen die dringend behoefte hebben aan vrije contacten met het Westen is die prijs een obstakel. Het besluit om de prijs te verhogen zou dus een nieuw "IJzeren Gordijn" kunnen creëren. Zulke maatregelen spelen Loekasjenko in de kaart: hij vertelt de burgers immers de hele tijd dat "in het Westen niemand iets van ons wil weten". We zijn heel tevreden met de voorstellen die de Europese Commissie afgelopen maand heeft gedaan. Ze zouden de regering-Loekasjenko een goede gelegenheid geven een einde te maken aan het internationaal isolement en iets te doen aan de uiterst zwakke economische situatie waarin het land is verzeild. Loekasjenko heeft tijdens een regeringsvergadering zelf moeten toegeven dat het volgende jaar "catastrofaal moeilijk" zal worden. Als de regering de voorstellen van de Commissie aanvaardt, zal Wit-Rusland aanzienlijke steun kunnen ontvangen voor het doorvoeren van de politieke en economische hervormingen die het al lang geleden had moeten realiseren, om zo een begin te maken met toenadering tot Europa, onder andere door een stapsgewijze economische integratie. De kans dat de Wit-Russische regering zal kiezen voor toenadering tot Europa is echter zeer gering. Er zijn al talrijke vergelijkbare voorstellen gedaan, maar het regime is daarop nooit concreet ingegaan. De aanhangers weten heel goed dat als de democratisering eenmaal in gang is gezet, er snel een einde zal komen aan de wurggreep waarin ze het land houden. De huidige leider van Wit-Rusland zal bij werkelijk vrije verkiezingen nooit als winnaar uit de bus komen. De voorstellen van de Europese Unie verschaffen ons echter een gelegenheid om de burgers van ons land duidelijk te maken dat in strijd met hetgeen de staatspropaganda beweert de Europese Unie de deur voor Wit-Rusland wel degelijk openlaat, maar dan wel voor een vrij en democratisch Wit-Rusland. Deze voorstellen komen precies op het juiste moment – tijdens de campagne voor de lokale verkiezingen. Er zullen evenwel geen echte verkiezingen worden gehouden, net zo min als er werkelijk plaatselijk bestuur bestaat in Wit-Rusland. In het kader van die campagne kunnen we echter wel informatie verspreiden over de voorstellen van de Europese Unie. Wij waarderen uw steun ten zeerste en willen u daarvoor ook hartelijk bedanken. Ik zou u echter willen vragen deze steun uit te breiden en flexibeler toe te passen. We hebben het nu over dingen waarover we het al vaker hebben gehad: ondersteuning van vrije media, steun voor het maatschappelijk middenveld en de slachtoffers van de repressie. De bestaande programma's van de Europese Unie zijn opgesteld voor landen die reeds aan het democratiseren zijn en waar al hervormingen worden doorgevoerd. Ze zullen in Wit-Rusland echter niet werken. Om de democratie in een land als het mijne te bevorderen, zal er dringend een Europees Fonds voor de Democratie moeten worden opgezet, gericht op landen met dictatoriale regimes en voorzien van de nodige middelen. Europa mag zijn schouders niet ophalen en zeggen: "wat kunnen wij daaraan doen?". U kunt nu juist heel veel doen. U kunt ons helpen iets te ondernemen tegen de beperkte visie op de wereld die mijn medeburgers door de regeringspropaganda wordt opgedrongen, en wel door de barrières die de verspreiding van informatie tegengaan te slechten en een openbare ruimte te creëren die aanspoort tot een debat tussen de burgers, een ruimte waarin onafhankelijke schrijvers, intellectuelen en mensen met een groot moreel gezag worden samengebracht. Dat zal er zeker toe bijdragen dat het maatschappelijk middenveld zich in Wit-Rusland sneller kan ontwikkelen. De boodschap die Europa het volk van Wit-Rusland onlangs heeft doorgegeven is een blijk van uw solidariteit. Ze herinnert het huidige regime er ook aan dat het verantwoordelijk wordt gehouden voor de begane misdaden. Het belangrijkste is echter wel dat uw boodschap duidelijk maakt dat ons land bij Europa hoort. Ik ben er heilig van overtuigd dat Europa niet volledig zal zijn zonder Wit-Rusland. Daarom gebruiken we dezelfde slogans als mijn voorouders die deelnamen aan het verzet tegen de tirannie: "Voor uw vrijheid en die van ons". Als Wit-Rus en burger van een Europees land wil ik u vanuit het diepst van mijn hart bedanken, ook namens al degenen die in maart op het plein gedemonstreerd hebben en al degenen die in de gevangenis zitten – of hebben gezeten – omdat ze zijn opgekomen voor het grondrecht om in een vrij land te mogen wonen. Ik dank u voor uw vertrouwen in onze overwinning. En ik beloof u dat die overwinning niet lang op zich zal laten wachten. Mijn land is veranderd: het is minder bevreesd en het gelooft in verandering. Wit-Rusland zal spoedig terugkeren tot de Europese familie en zal dan weer een vrije en democratische staat zijn. Dictaturen hebben geen toekomst. De geschiedenis toont aan dat het slecht met ze afloopt – net als met de tirannen zelf. Onder een dictatuur is er maar één optie: vechten. Er is gewoonweg geen andere keuze. Dank u voor uw steun en leve Wit-Rusland! Om te beginnen wil ik het Europees Parlement bedanken voor het feit dat het mij deze enorme eer heeft willen bewijzen – de Sacharovprijs, vernoemd naar Andrei Sacharov, de geniale natuurkundige en begeesterd verdediger van de mensenrechten. Ik dank u ook voor deze gelegenheid om u toe te spreken. Deze prijs komt mij niet alleen toe! Naast mij staan al die Wit-Russen die deze prijs verdiend hebben – al degenen die afgelopen maart op het plein van Minsk gedemonstreerd hebben, al degenen die in de gevangenis zijn beland, en al degenen die de toegang tot universiteit is ontzegd of die hun baan hebben verloren. Deze prijs is voor iedereen die de strijd voortzet. En dat zijn er velen. Wij zijn de mensen die willen dat Wit-Rusland zich weer aansluit bij de familie van Europese democratieën. En we zijn bereid daarvoor ons persoonlijk welzijn, onze vrijheid en zelf ons leven op te offeren. Wit-Rusland is altijd een Europees land geweest. Het heeft Europa veel gegeven en daarbij grote offers gebracht. Ons land heeft Europa in de zestiende eeuw het prototype van een democratische grondwet verschaft – het statuut van het Groothertogdom Litouwen. We hebben de wereld een aantal bijzonder persoonlijkheden geleverd, mensen als Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fjodor Dostojevski, Dimitri Sjostakowitsj en Tadeusz Kościusko. Wit-Rusland is het tweede land in Europa geweest dat de Bijbel in de landstaal heeft vertaald. Tijdens de Tweede Wereldoorlog is in Wit-Rusland de sterkste verzetsbeweging van Europa tot stand gekomen, wat één op de drie inwoners van het land het leven heeft gekost. Van de 6 miljoen Joden die er in de Holocaust zijn omgekomen, waren er een miljoen uit Wit-Rusland afkomstig. Als iemand vrijheid heeft verdiend, zijn wij het! Uit hoofde van onze geschiedenis en de offers die we in naam van die geschiedenis hebben gemaakt. Elke eeuw heeft Wit-Rusland in de loop van nimmer eindigende oorlogen tussen een kwart en een derde van zijn zonen en dochters verloren en is zo steeds weer de bloem der natie kwijtgeraakt. Ons volk is met geweld van zijn nationale identiteit losgerukt omdat ons historisch bewustzijn ons is ontnomen. In 1991 hebben we eindelijk onze onafhankelijkheid kunnen vieren. We hebben ons echter niet direct gerealiseerd dat onafhankelijkheid en vrijheid niet hetzelfde zijn. Ook nu weer moeten wij voor onze vrijheid en onafhankelijkheid vechten. We doen dat niet alleen voor onszelf, maar ook voor onze kinderen, die net als Franse, Poolse, Litouwse en Britse kinderen het recht hebben om in een vrij land te wonen. Het zijn die kinderen die na de verkiezingen van 19 maart hele nachten op het plein in Minsk hebben doorgebracht toen de volwassenen de kou niet langer konden weerstaan en huiswaarts keerden. Dat zijn de kinderen die in gesloten vrachtwagens zijn geworpen – waar ze bijkans stikten – om vervolgens naar de gevangenis te worden overgebracht, waar hun ouders dagenlang naar hen hebben moeten zoeken. Het zijn deze jongeren die, na uit de gevangenis te zijn vrijgelaten, hun plaats aan de universiteit hebben verloren, omdat ze hun geweten hadden gevolgd. Ze hebben de juistheid van onze gemeenschappelijke keuze echter nooit betwijfeld, en ik ben trots op hen. De week volgend op de verkiezingen zijn we op het plein gebleven om te protesteren tegen de kolossale fraude die er met de uitslag van die verkiezingen is bedreven. Gedurende die week hebben de autoriteiten meer dan duizend mensen gearresteerd. De gevangenissen van Minsk zijn nog nooit zo vol geweest – ze barstten bijna. Dat is wat er die week gebeurd is. Het regime heeft toen ingezien dat de protestbeweging alleen met geweld het zwijgen kon worden opgelegd. Daarom hebben de autoriteiten die paar dagen iedereen die zich naar het plein begaf gearresteerd, waaronder ook al degenen die alleen maar voedsel, water en warme kleren kwamen brengen aan de mensen die op het plein hun "tentenstad" hadden opgezet."@nl3
"Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, je vais m'exprimer dans ma langue maternelle parce que je voudrais dire ce que je pense et que je pense toujours en bélarusse. C'est pourquoi je vais parler dans la langue qui me permet le mieux d'exprimer mes sentiments. Le 19 mars, les autorités ne s’attendaient pas à voir sortir des dizaines de milliers de personnes, malgré les menaces de représailles. Cela a été notre première victoire. Je réalise très clairement qu’il nous faudra encore obtenir beaucoup de victoires semblables avant de mettre fin à ce régime illégal. Aujourd’hui M. Aliaksandr Kazouline, ancien candidat présidentiel, se trouve en prison, condamné à 5 ans et demi de détention. Actuellement, il est en grève de la faim depuis plus de 50 jours. L'état de sa santé est extrêmement grave, il a perdu 40 kilos, sa vie est menacée. Ce prix est aussi pour lui, ainsi que pour Zmitser Dachkevitch, Pavel Seviarynets, Mikola Statkevitch et Andreï Klimaǔ et tous les autres prisonniers politiques de mon pays. Ce prix est un signe de la prise de conscience de l'Europe par rapport à la situation au Bélarus. Ce prix est un exemple formidable de la politique morale. Ce prix est un signe de reconnaissance de l'avenir européen du Bélarus. Aujourd'hui, cette haute distinction aurait pu être reçue par le leader depuis plusieurs années du mouvement démocratique bélarussien, le professeur Hienadź Karpienka. Ou par l'ancien ministre des affaires intérieures Yury Zakharanka. Ou bien par Viktar Hantchar, le vice-président du dernier parlement légitime au Bélarus. Ces personnes sont les héros, les combattants pour la liberté du Bélarus. Mais elles ont disparu sans laisser de traces ou sont assassinées. C'est par ces moyens, anciens comme la haine humaine et désespérément désuets comme l'inquisition, que les pouvoirs bélarussiens d'aujourd'hui sévissent contre leurs opposants. Dans son discours de réception du prix Nobel de la paix, Andreï Sakharov a dit: "Je suis convaincu que la confiance internationale, la compréhension mutuelle, le désarmement et la sécurité internationale ne sont pas concevables sans une société ouverte avec la liberté d'information, la liberté de conscience, la le droit de voyager et de choisir le pays de résidence". Je partage cette position. L'académicien Sakharov a toujours prôné la résistance non violente. En cela, je suis également son adepte. Et nous avons tout pour gagner: la foi en l'avenir européen du Bélarus, la solidarité, l'audace et l'expérience. Pour beaucoup de jeunes gens, le bleu – la couleur du drapeau européen – est devenu un symbole. En mars dernier, ce drapeau a été hissé à côté de notre drapeau national blanc-rouge-blanc. Comme signe de solidarité avec nous il y avait également les drapeaux de la Lituanie, de l'Ukraine, de la Pologne, de la Russie, de l'Estonie, de l'Azerbaïdjan, de la Géorgie. Nous devons surmonter la peur qui, au cours des dix dernières années, a imprégné la conscience des gens du fait d'une propagande permanente. Andreï Sakharov mettait en garde: "La liberté de pensée est la seule garantie contre la contamination des gens par des mythes collectifs qui, dans les mains des hypocrites perfides et des démagogues peut se transformer en une dictature sanglante". C'est ce qui se passe aujourd'hui au Bélarus. On réintroduit les monuments à la gloire de Staline. En reprenant les "meilleures" traditions du système soviétique, les médias officiels déversent sans arrêt des torrents de mensonges et de calomnies, comme à l'époque de Sakharov. L'ennemi principal est l'Occident et les démocrates locaux sont présentés comme ses agents. Le régime se trouve aujourd'hui dans une situation difficile, son économie planifiée n'est pas efficace, la Russie menace de stopper les préférences économiques. Pour cette raison, le pouvoir s'énerve et essaie d'en rendre les opposants politiques responsables. À la fin du mois de novembre, lors de sa rencontre avec les journalistes ukrainiens, M. Loukachenka a déclaré que "cette opposition fuit à l'étranger où elle demande d'appliquer les sanctions économiques contre le pays et elle est contente que demain les prix du gaz vont augmenter". Je voudrais profiter de l'occasion pour déclarer, du haut de cette tribune européenne, en toute responsabilité et à tout le monde, notamment au peuple bélarussien, que ce sont des mensonges! Nous n'avons jamais demandé d'appliquer des sanctions économiques contre notre pays car nous comprenons parfaitement que ces sanctions vont en premier lieu frapper les citoyens ordinaires du Bélarus. Quant au pouvoir en place, il trouvera toujours les moyens pour soutenir ses fonctionnaires. Nous n'avons eu de cesse de répéter que le gaz russe cesserait d'être bon marché pour le Bélarus, qu'il allait devenir cher en Russie elle-même. Il est dommage que les dirigeants bélarussiens n'aient pas saisi la chance qui se présentait et n'aient pas utilisé les possibilités qu'ils ont eues pendant longtemps de mener de vraies réformes économiques. Maintenant c'est le peuple bélarussien qui va en subir les conséquences. Parmi les conditions principales que Moscou impose à présent à Loukachenka pour son soutien économique et politique de longue date figurent le passage à la monnaie unique au rouble russe, et l'adoption de l'acte constitutionnel du soi-disant "État d'union" dans la version russe. L'acceptation de ces conditions signifierait la perte inéluctable par le Bélarus de sa souveraineté. Pour le moment, les dirigeants politiques bélarussiens résistent encore à aller dans cette direction. Ces derniers temps, Loukachenka exprime ouvertement son inquiétude concernant l'indépendance du pays. Il parle du lien évoqué depuis longtemps déjà par les forces démocratiques bélarussiennes entre l'indépendance et le bien-être. Mais dans le cas de Loukachenka, il ne faut pas confondre la défense de l'indépendance avec la défense de ses intérêts personnels et avec sa volonté de conserver le pouvoir à tout prix. Lui-même et son entourage se rendent parfaitement compte qu'avec la perte de l'indépendance et l'arrivée du capital russe dans le pays, ils seraient peu nombreux à conserver leurs postes ainsi que leurs richesses. Mais on ne peut pas exclure que, mené par un instinct de conservation, le pouvoir bélarussien acceptera les conditions déjà mentionnées de Moscou et organisera un référendum pour les approuver. Il faut savoir que c'est seulement la démocratie, et non pas la dictature, qui peut être la garantie de l'indépendance bélarussienne. Le fait que nous ne parvenions pas pour l'instant à trouver un langage commun avec Moscou ne signifie pas que les forces démocratiques bélarussiennes sont dirigées contre la Russie. Nous voulons vivre dans un État souverain et construire les meilleures relations possibles avec la Russie. Nous sommes prêts à prendre en compte ses intérêts mais à condition qu'ils n'aillent pas à l'encontre de nos propres intérêts. La Russie est pour nous, comme pour l'UE, un partenaire stratégique. Le Bélarus démocratique sera un ami crédible et prévisible pour la Russie. Nous pensons que l'interdiction d'entrée dans les pays de l'Union européenne pour les personnes qui transgressent la Constitution et qui participent aux répressions est une mesure très efficace. La liste de ces "combattants contre la démocratie" doit être élargie. En même temps, je vous appelle à ne pas augmenter le coût des visas Schengen pour les citoyens bélarussiens. Il est prévu qu'à partir du 1er janvier 2007, le prix du visa Schengen sera de 60 euros. Pour la majorité écrasante des Bélarussiens qui ont un besoin énorme de contacts libres avec l'Occident, ce coût serait prohibitif. Suite à cette décision, un nouveau "rideau de fer" risque de s'ériger. Or ces mesures profiteront à Loukachenka qui ne cesse de répéter au peuple bélarussien que "personne ne nous attend en Occident". Nous avons très positivement accueilli les propositions faites le mois dernier par la Commission européenne. Pour le gouvernement de Loukachenka, elles offrent une bonne occasion de sortir de l'auto-isolement international et de la situation économique peu enviable dans laquelle il s'est enfoncé. Aliaksandr Loukachenka lui-même a été obligé de reconnaître, lors de la réunion du gouvernement, que l'année prochaine sera "catastrophiquement dure". Si ces propositions sont acceptées par le régime, le Bélarus pourrait obtenir un soutien considérable pour lancer les réformes politiques et socio-économiques qui sont depuis longtemps tellement nécessaires, et pour commencer un véritable rapprochement avec l'Europe, y compris par la voie d'une intégration économique progressive. Mais les espérances que le gouvernement bélarussien accepte la voie du rapprochement avec l'Union européenne sont presque nulles. Il y a déjà eu assez de propositions similaires, mais le régime n'a jamais donné de réponse concrète positive. Ses fidèles comprennent parfaitement qu'une fois lancée, la démocratisation va inévitablement et très rapidement aboutir à la fin de leur emprise. Le dirigeant actuel du Bélarus ne gagnera plus jamais de vraies élections libres. En même temps, cette offre de l'Union européenne nous donne la possibilité de faire comprendre aux citoyens de notre pays que malgré ce que dit la propagande étatique, l'Europe laisse la porte ouverte au Bélarus, mais à un Bélarus libre et démocratique. Ces propositions sont apparues à un moment très propice, celui de la campagne pour les élections locales. Il n'y aura pas de vraies élections, comme il n'y a pas de vrai gouvernement local au Bélarus. Dans le cadre de cette campagne, nous diffusons l'information sur les propositions de l'Union européenne. Nous apprécions beaucoup votre aide et nous vous en remercions chaleureusement. Je voudrais pourtant vous appeler à l'étendre et à la rendre plus souple. Il s’agit de choses déjà connues: aide aux médias libres, soutien à la société civile et aux personnes réprimées. Les programmes actuels de l'Union européenne sont élaborés pour les pays qui se trouvent déjà sur la voie de la démocratisation et des réformes. Mais ils ne peuvent pas fonctionner dans le cas du Bélarus. Pour le soutien de la démocratie dans des pays comme le mien, il est grand temps de créer un Fonds européen pour la démocratie qui aurait des moyens réels pour œuvrer en direction de pays de régime dictatorial. L'Europe ne doit pas baisser les bras en disant "que peut-on y faire?". Vous pouvez faire beaucoup! Vous pouvez nous aider à casser le blocus informationnel, à briser la vision bornée du monde imposée à mes compatriotes par la propagande gouvernementale, à créer un espace public propice à un débat citoyen ouvert où vont se retrouver les auteurs indépendants, les intellectuels et les autorités morales. Ceci va sans aucun doute contribuer au développement plus rapide de la société civile au Bélarus. Le message récent de l'Europe au peuple bélarussien a été à la fois une démonstration de votre solidarité avec nous et un rappel au régime actuel de sa responsabilité pour ses crimes. Et ce qui est le plus important: dans ce message, il s'agit de la place de notre pays en Europe. Je suis profondément convaincu que l'Europe ne pourra pas être complète sans le Bélarus. C'est pourquoi nous répétons les mêmes mots d'ordre que mes ancêtres qui avaient participé à l'insurrection libératrice contre la tyrannie: "Pour votre et notre liberté". Moi, Bélarussien et citoyen d'un pays européen, je vous remercie de tout mon cœur et aussi de la part de tous ceux qui, en mars dernier, étaient sur la place, et de tous ceux qui ont été ou sont maintenant en prison pour avoir défendu ou pour défendre le droit fondamental de vivre dans un pays libre. Je vous remercie d'avoir foi en notre victoire. Je promets que notre victoire ne tardera pas. Mon pays n'est plus comme autrefois, il a moins peur, il croit aux changements. Bientôt le Bélarus reviendra dans la famille européenne et sera de nouveau un État libre et démocratique. Les dictatures n'ont pas de perspectives historiques et, comme le démontre l'histoire, finissent tristement pour les tyrans. Le seul vrai choix dans les conditions d'une dictature, c'est le combat. Tout simplement parce que nous n'avons pas d'autre choix. Merci pour votre soutien et vive le Bélarus! Tout d’abord permettez-moi d’exprimer ma gratitude la plus sincère au Parlement européen pour m’avoir attribué cette haute distinction, le prix Andreï Sakharov, physicien génial et défenseur ardent des droits de l’homme. Je vous remercie également pour cette occasion de pouvoir parler devant vous. Ce prix ne m'appartient pas à moi seul! Avec moi, ce sont tous les Bélarussiens qui se voient attribuer ce prix, tous ceux qui ont été en mars dernier sur la place de Minsk, qui ont été jetés dans les prisons, expulsés des universités et des lieux de travail. Ce prix est pour tous ceux qui continuent le combat. Nous sommes nombreux! Nous sommes ceux qui veulent que le Bélarus revienne dans la famille des démocraties européennes et qui sont prêts, pour y arriver, à sacrifier leur bien-être personnel, leur liberté et même leur vie. Le Bélarus a toujours été un pays européen. Il a beaucoup donné à l’Europe en faisant beaucoup de sacrifices. Au XVIe siècle, il a donné à l’Europe un prototype de première constitution démocratique, le statut du grand-duché de Lituanie. Il a donné au monde plusieurs personnalités éminentes, telles que Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fédor Dostoïevski, Dmitri Chostakovitch, Tadeusz Kościuszko. Les Bélarussiens ont été les deuxièmes en Europe à traduire la Bible dans leur langue maternelle. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, c’est au Bélarus qu’on a vu se développer le mouvement de résistance le plus puissant en Europe, au prix de la vie d'un habitant sur trois. Sur six millions de Juifs exterminés lors de l’Holocauste, 1 million venait du Bélarus. S'il faut mériter la liberté, nous l’avons méritée! Par toute notre histoire et les sacrifices consentis en son nom. Chaque siècle, à cause de guerres interminables, le Bélarus perdait de un quart jusqu'à un tiers de ses fils et filles, il perdait son élite. Notre peuple a passé par un déracinement forcé de l'identité nationale, par l'amputation de sa mémoire historique. En 1991, nous nous sommes réjouis d’avoir finalement obtenu notre indépendance. Mais nous n'avons pas tout de suite réalisé que la liberté et l’indépendance ne sont pas la même chose. Aujourd'hui, de nouveau, nous luttons pour la liberté et défendons l'indépendance. Nous le faisons non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour nos enfants qui, à l'instar des enfants français, lituaniens, polonais et britanniques, ont le droit de vivre dans un pays libre. Ce sont nos enfants qui, après les élections du 19 mars, restaient debout toute la nuit sur la place de Minsk, lorsque les adultes ne pouvaient plus résister au froid et rentraient chez eux. Ce sont nos enfants qui ont été jetés dans les camions fermés, où l’on étouffait, et mis dans des prisons, tandis que leurs parents mettaient des jours pour les retrouver. Ce sont nos enfants qui, après être sortis des prisons, ont été expulsés des universités pour leur choix de conscience. Mais pas un instant, ils n'ont mis en doute la justesse de notre choix commun. Je suis fier d’eux. Tout au long de la semaine qui a suivi les élections, alors que nous étions restés sur la place et protestions contre les falsifications grossières des résultats de ces élections, les autorités ont arrêté plus d’un millier de personnes. Les prisons de Minsk n'avaient jamais été remplies à craquer: ce fut précisément le cas pendant cette semaine-là. Le régime a compris qu'il n'allait pas faire cesser ce mouvement de protestation, même par la force de ses troupes. C'est pourquoi, au cours de ces quelques jours, les autorités ont arrêté tous ceux qui venaient sur la place, même ceux qui portaient tout simplement de l'eau, de la nourriture et des vêtements chauds aux habitants de la "cité des tentes"."@pl16
"Senhor Presidente, Senhoras e Senhores Deputados, gostaria de falar na minha língua materna pois gostaria de dizer o que penso e penso sempre em Bielorusso. Por conseguinte, falarei na língua que melhor me permite expressar os meus sentimentos. A 19 de Março, as autoridades não esperavam ver sair à rua dezenas de milhar de pessoas, apesar das ameaças de represálias. Essa foi a nossa primeira vitória. Sei perfeitamente que precisaremos de muitas mais vitórias deste género, até pormos fim a este regime ilegal. Hoje, o ex-candidato presidencial, Aliaksandr Kazouline, encontra-se detido, condenado a cinco anos de prisão. Há mais de 50 dias que faz greve da fome. O seu estado de saúde é extremamente grave: perdeu 40 quilos e a sua vida está em perigo. Este prémio é também para ele, assim como para Zmitser Dachkevitch, Pavel Seviarynets, Mikola Statkevitch e Andreï Klimaǔ e todos os outros prisioneiros políticos do meu país. Este prémio representa um sinal de tomada de consciência da Europa em relação à situação da Bielorrússia. Este prémio é um exemplo formidável da política-moral. Este prémio é um sinal de reconhecimento do futuro europeu da Bielorrússia. Esta grande distinção poderia ter sido recebida por aquele que foi líder do movimento democrático bielorrusso durante vários anos, o professor Hienadź Karpienka. Ou pelo ex-ministro dos Assuntos Internos, Yury Zakharanka. Ou por Viktar Hantchar, o Vice-presidente do último parlamento legítimo da Bielorrússia. Estas pessoas são os heróis, os combatentes pela liberdade da Bielorrússia. Mas a verdade é que desapareceram sem deixar rasto, ou foram assassinadas. Estes são os métodos, antigos como ódio humano e tremendamente antiquados como a inquisição, que as autoridades bielorrussas utilizam contra os seus opositores. Andreï Sakharov, quando recebeu o prémio Nobel da paz, disse no seu discurso : «Estou convencido de que a confiança internacional, a compreensão mútua, o desarmamento, a segurança internacional não são possíveis sem uma sociedade aberta, com liberdade de informação, liberdade de opinião (transparência), direito de viajar e escolher o seu país de residência". Esta é também a minha posição. O académico Sakharov sempre pregou a resistência não violenta. Também subscrevo esta sua posição, e sei que temos tudo o que precisamos para vencer: a fé no futuro europeu da Bielorrússia, a solidariedade, a audácia e a experiência. Para muitos jovens, o azul – a cor da bandeira europeia – tornou-se um símbolo. Em Março último, esta bandeira foi içada ao lado da nossa bandeira nacional branca-encarnada-branca. Em sinal de solidariedade connosco, havia igualmente as bandeiras da Lituânia, da Ucrânia, da Polónia, da Rússia, da Estónia, do Azerbaijão, da Geórgia. Nós devemos vencer o medo que, ao longo dos dez últimos anos, se impregnou na consciência das pessoas em resultado de um propaganda permanente. Andreï Sakharov fez um aviso: "A liberdade de pensamento é a única salvaguarda contra a contaminação das pessoas pelos mitos colectivos que, nas mãos de hipócritas pérfidos e demagogos, pode transformar-se numa ditadura sangrenta". É o que se passa hoje na Bielorrússia. Monumentos à glória de Estaline começam a reaparecer. Ressuscitando as "melhores" tradições do sistema soviético, os meios de comunicação oficiais lançam sem parar torrentes de mentiras e de calúnias, como na época de Sakharov. O inimigo principal é o Ocidente e os democratas locais são apresentadas como os seus agentes. O regime encontra-se hoje numa situação difícil, a sua economia planificada não é eficaz e a Rússia ameaça pôr fim às preferências económicas. Esta situação perturba o governo, que tenta então pôr as culpas nos opositores políticos. No fim do mês de Novembro, aquando do seu encontro com os jornalistas ucranianos, o Sr. Lukachenka declarou que "esta oposição foge para o estrangeiro para pedir a aplicação de sanções económicas contra o país e fica contente com a subida que sofrerão os preços do gás". Gostaria de aproveitar a oportunidade para declarar, do alto desta tribuna europeia, perante todos, nomeadamente do povo bielorrusso, e assumindo toda a responsabilidade pelas minhas palavras, que isso são mentiras! Nós jamais pedimos a aplicação de sanções económicas contra o nosso país, pois sabemos perfeitamente que os primeiros afectados são os cidadãos comuns da Bielorrússia. Quanto ao regime no poder, ele encontrará sempre meios para apoiar os seus funcionários. Sempre dissemos que o gás russo deixaria de ser barato para a Bielorrússia e que ia tornar-se caro na própria Rússia. É uma pena que os dirigentes bielorrussos não tenham aproveitado as oportunidades que tiveram durante tanto tempo para proceder a verdadeiras reformas económicas. O povo bielorrusso sofrerá as consequências. Entre as condições principais que Moscovo impõe neste momento a Lukachenka pelo seu apoio económico e político de longa data figuram a passagem à moeda única, isto é, o rublo russo, e a adopção do acto constitucional do « Estado de União », como lhes chamam os russos. A aceitação destas condições significaria a perda inevitável da soberania da Bielorrússia. De momento, os dirigentes políticos resistem ainda a optar por esta via. Recentemente, o Sr. Lukachenka expressou abertamente a sua preocupação relativamente à independência do país. Referiu o elo, que as forças democráticas bielorrussas há muito referem, entre a independência e o bem-estar. Mas no seu caso, defender a independência não pode ser confundido com a defesa dos seus interesses pessoais e com a sua vontade de conservar o poder a qualquer preço. Ele e os seus acólitos estão perfeitamente cientes de que, com a perda da independência e a chegada do capital russo ao país, poucos deles conservarão as suas posições ou as suas riquezas. No entanto, não podemos excluir a possibilidade de, levados por um instinto de conservação, o regime bielorrusso vir a aceitar as condições de Moscovo e realizar um referendo para as aprovar. Não pode haver dúvidas de que somente a democracia, e não a ditadura, pode garantir a independência da Bielorrússia. O facto de nós não chegarmos, por enquanto, a encontrar uma linguagem comum com Moscovo não significa que as forças democráticas bielorrussas sejam contra a Rússia. Nós queremos viver num Estado soberano e construir as melhores relações possíveis com a Rússia. Estamos dispostos a ter em conta os seus interesses, na condição de não irem contra os nossos próprios interesses. A Rússia é para nós um parceiro estratégico, como o é para UE. A Bielorrússia democrática será um amigo credível e fiável para a Rússia. Consideramos que a proibição da entrada nos países da União Europeia a pessoas que transgridam a Constituição e que participem nos actos de repressão é uma medida extremamente eficaz. A lista destes inimigos da democracia deve ser alargada. Paralelamente, deixo-vos aqui um apelo no sentido de não aumentarem o custo dos vistos Schengen para os cidadãos bielorrussos. Está previsto que a partir de 1 de Janeiro de 2007, o preço do visto Schengen será de 60 euros. Para a esmagadora maioria dos bielorussos que têm uma necessidade enorme de contactos livres com o Ocidente, esse custo seria proibitivo. Essa decisão corre o risco de criar uma nova « cortina de ferro ». A verdade é que estas medidas beneficiarão apenas Lukachenka, que está sempre a dizer ao povo bielorrusso que “ninguém nos quer no Ocidente”. Foi com grande prazer que recebemos as propostas apresentadas pela Comissão Europeia no mês passado. Oferecem ao Governo de Lukachenka a excelente oportunidade de sair do auto-isolamento internacional e da situação económica preocupante em que está encalhado. O próprio Aliaksandr Lukachenka foi obrigado a reconhecer, na reunião do governo, que o próximo ano será "desastrosamente duro". Se estas propostas forem aceites pelo regime, a Bielorrússia poderá receber um apoio considerável para proceder às reformas políticas e socio-económicas que desde há muito se impõem e para dar início a uma verdadeira aproximação à Europa, incluindo por via de uma integração económica progressiva. No entanto, as esperanças de o Governo bielorrusso aceitar a via da conciliação com a União Europeia são praticamente nulas. Já recebeu variadíssimas propostas semelhantes, mas o regime nunca deu, concretamente, uma resposta positiva. Os fiéis ao regime sabem perfeitamente que uma vez lançada, a democratização porá, inevitável e muito rapidamente, fim à sua opressão. O actual dirigente da Bielorrússia jamais ganharia eleições verdadeiramente livres. Paralelamente, esta proposta da União Europeia dá-nos a possibilidade de levar os nossos cidadãos a compreenderem que, apesar do que diz a propaganda do Estado, a Europa deixa a porta aberta à Bielorrússia, mas a uma Bielorrúsia livre e democrática. Estas propostas surgem num momento muito propício, o da campanha para as eleições locais. Não haverá verdadeiras eleições locais, assim como não há verdadeiro governo local na Bielorrússia. De toda a forma, divulgamos, no quadro desta campanha, informação sobre as propostas da União Europeia. Apreciamos muito a vossa ajuda e agradecemo-la sinceramente. Gostaria, porém, de vos solicitar que a reforçassem e a tornassem mais flexível. Referimo-nos a questões já bem conhecidas: ajuda aos meios de comunicação livres, apoio à sociedade civil e às pessoas que são objecto de repressão. Os actuais programas da União Europeia são elaborados para países que se encontram já na via da democracia e das reformas; admitamos que não podem funcionar no caso da Bielorrússia. Já é tempo, para se promover a democracia em países como o meu, de criar um Fundo Europeu para a democracia que disponha de meios reais para funcionar em países com regimes ditatoriais. A Europa não deve encolher os ombros e dizer "que podemos nós fazer nesta situação?". Podem fazer muito! Podem ajudar-nos a quebrar as barreiras à informação, bem como a visão limitada do mundo imposta aos meus compatriotas pela propaganda governamental, podem ajudar a criar uma espaço público conducente a um debate aberto entre os cidadãos, reunindo os autores independentes, os intelectuais e as autoridades morais. Estas iniciativas contribuirão seguramente para um desenvolvimento mais rápido da sociedade civil na Bielorrússia. A Europa, na sua recente mensagem ao povo bielorrusso, demonstrou a sua solidariedade para connosco e, ao mesmo tempo, lembrou ao actual regime que tinha de responder pelos crimes que cometeu. No entanto, o mais importante é que essa mensagem deixe claro que o nosso país pertence à Europa. Estou profundamente convencido de que a Europa nunca ficará completa sem a Bielorrússia. Razão por que repetimos as mesmas palavras de ordem que os meus antepassados quando se insurgiram contra a tirania, em nome da liberdade: "Pela vossa e nossa liberdade". Como bielorrusso e cidadão de um país europeu, gostaria de vos agradecer do fundo do meu coração, de o fazer também em nome de todos aqueles que, no passado mês de Março, estiveram presentes naquela praça, e ainda de todos aqueles que estiveram ou estão detidos por defenderem o direito fundamental de viver num país livre. Quero também agradecer a fé que têm na nossa vitória. Prometo-vos que a nossa vitória não tardará. O meu país mudou, o medo já não o domina e acredita na mudança. Em breve a Bielorrússia regressará à família europeia e será de novo um Estado livre e democrático. Historicamente, as ditaduras não têm futuro e, como o demonstra a história, acabam tristemente para os tiranos. Numa ditadura, a única verdadeira opção é lutar, muito simplesmente porque não se tem outra. Muito obrigado pelo vosso apoio e viva a Bielorrússia! Gostaria de começar por expressar a minha mais sincera gratidão ao Parlamento Europeu por me conceder esta grande honra, o prémio Andreï Sakharov, que se inspira nesse físico brilhante e defensor ardente dos direitos humanos. Agradeço também esta oportunidade de poder usar da palavra neste Parlamento. Este prémio não é só meu! Este prémio é de todos os Bielorrussos, de todos aqueles que estiveram na praça de Minsk, que foram atirados para as prisões, expulsos das universidades e dos locais de trabalho. Este prémio é para todos aqueles que continuam esta luta, e são muitos! São aqueles que querem que a Bielorrússia regresse à família das democracias europeias e que estão dispostos, para o conseguir, a sacrificar o seu bem-estar pessoal, a sua liberdade, e mesmo a sua vida. A Bielorrússia sempre foi um país europeu, que proporcionou muito, e com grandes sacrifícios, à Europa. No sec. XIX, deu à Europa um protótipo de primeira Constituição democrática, o estatuto do Grão-Ducado da Lituânia. Deu ao mundo várias personalidades eminentes, tais como Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fédor Dostoïevski, Dimitri Chostakovitch, Tadeusz Kościuszko. Os Bielorrussos foram os segundos na Europa a traduzir a Bíblia na sua língua materna. Durante a Segunda Guerra Mundial, foi na Bielorrússia que emergiu o movimento de resistência mais poderoso em todo a Europa, pagando com a vida de um em cada três habitantes. Dos seis milhões de Judeus exterminados no Holocausto, um milhão era oriundo da Bielorrússia. Se alguém merece a liberdade, somos nós! Merecemo-la por toda a nossa história e os sacrifícios feitos em seu nome! Todos os séculos, em virtude de guerras intermináveis, a Bielorrússia perdia entre um quarto a um terço dos seus filhos e filhas, perdia sua elite. O nosso povo sofreu o desenraizamento forçado da identidade nacional, a amputação da sua memória histórica. Em 1991, regozijámo-nos por ter finalmente obtido a nossa independência, mas na altura não compreendemos que a liberdade e a independência não são a mesma coisa. Hoje, mais uma vez, lutamos pela liberdade e defendemos a independência. Não o fazemos apenas por nós próprios, fazemo-lo também pelos nossos filhos que, da mesma maneira que os Franceses, Lituanos, Polacos e Britânicos, têm o direito a viver num país livre. Foram os nossos filhos, a seguir às eleições de 19 de Março, que ficaram de pé toda a noite na praça de Minsk, quando os adultos já não podiam resistir ao frio e regressavam às suas casas. Foram os nossos filhos que foram lançados nos camiões fechados, amontoados e depois aprisionados, enquanto os pais passavam dias à sua procura. Foram os nossos filhos que depois de saírem das prisões, foram expulsos das universidades pela sua opção de consciência. Mas nem por um instante duvidaram da justiça da sua opção comum. Tenho orgulho neles. Ao longo da semana que se seguiu às eleições, quando nos reunimos na praça e protestámos contra as flagrantes falsificações dos resultados das eleições, as autoridades prenderam mais de um milhão de pessoas. As prisões de Minsk nunca haviam estado superlotadas, mas foi precisamente o que aconteceu nessa semana. O regime compreendeu que só poria fim aquele movimento de protesto pela força militar. Razão por que durante aqueles dias, as autoridades prenderam todos os que estavam na praça, mesmo aqueles que muito simplesmente levavam água, alimentos e agasalhos aos habitantes da «cidade das tendas»."@pt17
"Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, je vais m'exprimer dans ma langue maternelle parce que je voudrais dire ce que je pense et que je pense toujours en bélarusse. C'est pourquoi je vais parler dans la langue qui me permet le mieux d'exprimer mes sentiments. Le 19 mars, les autorités ne s’attendaient pas à voir sortir des dizaines de milliers de personnes, malgré les menaces de représailles. Cela a été notre première victoire. Je réalise très clairement qu’il nous faudra encore obtenir beaucoup de victoires semblables avant de mettre fin à ce régime illégal. Aujourd’hui M. Aliaksandr Kazouline, ancien candidat présidentiel, se trouve en prison, condamné à 5 ans et demi de détention. Actuellement, il est en grève de la faim depuis plus de 50 jours. L'état de sa santé est extrêmement grave, il a perdu 40 kilos, sa vie est menacée. Ce prix est aussi pour lui, ainsi que pour Zmitser Dachkevitch, Pavel Seviarynets, Mikola Statkevitch et Andreï Klimaǔ et tous les autres prisonniers politiques de mon pays. Ce prix est un signe de la prise de conscience de l'Europe par rapport à la situation au Bélarus. Ce prix est un exemple formidable de la politique morale. Ce prix est un signe de reconnaissance de l'avenir européen du Bélarus. Aujourd'hui, cette haute distinction aurait pu être reçue par le leader depuis plusieurs années du mouvement démocratique bélarussien, le professeur Hienadź Karpienka. Ou par l'ancien ministre des affaires intérieures Yury Zakharanka. Ou bien par Viktar Hantchar, le vice-président du dernier parlement légitime au Bélarus. Ces personnes sont les héros, les combattants pour la liberté du Bélarus. Mais elles ont disparu sans laisser de traces ou sont assassinées. C'est par ces moyens, anciens comme la haine humaine et désespérément désuets comme l'inquisition, que les pouvoirs bélarussiens d'aujourd'hui sévissent contre leurs opposants. Dans son discours de réception du prix Nobel de la paix, Andreï Sakharov a dit: "Je suis convaincu que la confiance internationale, la compréhension mutuelle, le désarmement et la sécurité internationale ne sont pas concevables sans une société ouverte avec la liberté d'information, la liberté de conscience, la le droit de voyager et de choisir le pays de résidence". Je partage cette position. L'académicien Sakharov a toujours prôné la résistance non violente. En cela, je suis également son adepte. Et nous avons tout pour gagner: la foi en l'avenir européen du Bélarus, la solidarité, l'audace et l'expérience. Pour beaucoup de jeunes gens, le bleu – la couleur du drapeau européen – est devenu un symbole. En mars dernier, ce drapeau a été hissé à côté de notre drapeau national blanc-rouge-blanc. Comme signe de solidarité avec nous il y avait également les drapeaux de la Lituanie, de l'Ukraine, de la Pologne, de la Russie, de l'Estonie, de l'Azerbaïdjan, de la Géorgie. Nous devons surmonter la peur qui, au cours des dix dernières années, a imprégné la conscience des gens du fait d'une propagande permanente. Andreï Sakharov mettait en garde: "La liberté de pensée est la seule garantie contre la contamination des gens par des mythes collectifs qui, dans les mains des hypocrites perfides et des démagogues peut se transformer en une dictature sanglante". C'est ce qui se passe aujourd'hui au Bélarus. On réintroduit les monuments à la gloire de Staline. En reprenant les "meilleures" traditions du système soviétique, les médias officiels déversent sans arrêt des torrents de mensonges et de calomnies, comme à l'époque de Sakharov. L'ennemi principal est l'Occident et les démocrates locaux sont présentés comme ses agents. Le régime se trouve aujourd'hui dans une situation difficile, son économie planifiée n'est pas efficace, la Russie menace de stopper les préférences économiques. Pour cette raison, le pouvoir s'énerve et essaie d'en rendre les opposants politiques responsables. À la fin du mois de novembre, lors de sa rencontre avec les journalistes ukrainiens, M. Loukachenka a déclaré que "cette opposition fuit à l'étranger où elle demande d'appliquer les sanctions économiques contre le pays et elle est contente que demain les prix du gaz vont augmenter". Je voudrais profiter de l'occasion pour déclarer, du haut de cette tribune européenne, en toute responsabilité et à tout le monde, notamment au peuple bélarussien, que ce sont des mensonges! Nous n'avons jamais demandé d'appliquer des sanctions économiques contre notre pays car nous comprenons parfaitement que ces sanctions vont en premier lieu frapper les citoyens ordinaires du Bélarus. Quant au pouvoir en place, il trouvera toujours les moyens pour soutenir ses fonctionnaires. Nous n'avons eu de cesse de répéter que le gaz russe cesserait d'être bon marché pour le Bélarus, qu'il allait devenir cher en Russie elle-même. Il est dommage que les dirigeants bélarussiens n'aient pas saisi la chance qui se présentait et n'aient pas utilisé les possibilités qu'ils ont eues pendant longtemps de mener de vraies réformes économiques. Maintenant c'est le peuple bélarussien qui va en subir les conséquences. Parmi les conditions principales que Moscou impose à présent à Loukachenka pour son soutien économique et politique de longue date figurent le passage à la monnaie unique au rouble russe, et l'adoption de l'acte constitutionnel du soi-disant "État d'union" dans la version russe. L'acceptation de ces conditions signifierait la perte inéluctable par le Bélarus de sa souveraineté. Pour le moment, les dirigeants politiques bélarussiens résistent encore à aller dans cette direction. Ces derniers temps, Loukachenka exprime ouvertement son inquiétude concernant l'indépendance du pays. Il parle du lien évoqué depuis longtemps déjà par les forces démocratiques bélarussiennes entre l'indépendance et le bien-être. Mais dans le cas de Loukachenka, il ne faut pas confondre la défense de l'indépendance avec la défense de ses intérêts personnels et avec sa volonté de conserver le pouvoir à tout prix. Lui-même et son entourage se rendent parfaitement compte qu'avec la perte de l'indépendance et l'arrivée du capital russe dans le pays, ils seraient peu nombreux à conserver leurs postes ainsi que leurs richesses. Mais on ne peut pas exclure que, mené par un instinct de conservation, le pouvoir bélarussien acceptera les conditions déjà mentionnées de Moscou et organisera un référendum pour les approuver. Il faut savoir que c'est seulement la démocratie, et non pas la dictature, qui peut être la garantie de l'indépendance bélarussienne. Le fait que nous ne parvenions pas pour l'instant à trouver un langage commun avec Moscou ne signifie pas que les forces démocratiques bélarussiennes sont dirigées contre la Russie. Nous voulons vivre dans un État souverain et construire les meilleures relations possibles avec la Russie. Nous sommes prêts à prendre en compte ses intérêts mais à condition qu'ils n'aillent pas à l'encontre de nos propres intérêts. La Russie est pour nous, comme pour l'UE, un partenaire stratégique. Le Bélarus démocratique sera un ami crédible et prévisible pour la Russie. Nous pensons que l'interdiction d'entrée dans les pays de l'Union européenne pour les personnes qui transgressent la Constitution et qui participent aux répressions est une mesure très efficace. La liste de ces "combattants contre la démocratie" doit être élargie. En même temps, je vous appelle à ne pas augmenter le coût des visas Schengen pour les citoyens bélarussiens. Il est prévu qu'à partir du 1er janvier 2007, le prix du visa Schengen sera de 60 euros. Pour la majorité écrasante des Bélarussiens qui ont un besoin énorme de contacts libres avec l'Occident, ce coût serait prohibitif. Suite à cette décision, un nouveau "rideau de fer" risque de s'ériger. Or ces mesures profiteront à Loukachenka qui ne cesse de répéter au peuple bélarussien que "personne ne nous attend en Occident". Nous avons très positivement accueilli les propositions faites le mois dernier par la Commission européenne. Pour le gouvernement de Loukachenka, elles offrent une bonne occasion de sortir de l'auto-isolement international et de la situation économique peu enviable dans laquelle il s'est enfoncé. Aliaksandr Loukachenka lui-même a été obligé de reconnaître, lors de la réunion du gouvernement, que l'année prochaine sera "catastrophiquement dure". Si ces propositions sont acceptées par le régime, le Bélarus pourrait obtenir un soutien considérable pour lancer les réformes politiques et socio-économiques qui sont depuis longtemps tellement nécessaires, et pour commencer un véritable rapprochement avec l'Europe, y compris par la voie d'une intégration économique progressive. Mais les espérances que le gouvernement bélarussien accepte la voie du rapprochement avec l'Union européenne sont presque nulles. Il y a déjà eu assez de propositions similaires, mais le régime n'a jamais donné de réponse concrète positive. Ses fidèles comprennent parfaitement qu'une fois lancée, la démocratisation va inévitablement et très rapidement aboutir à la fin de leur emprise. Le dirigeant actuel du Bélarus ne gagnera plus jamais de vraies élections libres. En même temps, cette offre de l'Union européenne nous donne la possibilité de faire comprendre aux citoyens de notre pays que malgré ce que dit la propagande étatique, l'Europe laisse la porte ouverte au Bélarus, mais à un Bélarus libre et démocratique. Ces propositions sont apparues à un moment très propice, celui de la campagne pour les élections locales. Il n'y aura pas de vraies élections, comme il n'y a pas de vrai gouvernement local au Bélarus. Dans le cadre de cette campagne, nous diffusons l'information sur les propositions de l'Union européenne. Nous apprécions beaucoup votre aide et nous vous en remercions chaleureusement. Je voudrais pourtant vous appeler à l'étendre et à la rendre plus souple. Il s’agit de choses déjà connues: aide aux médias libres, soutien à la société civile et aux personnes réprimées. Les programmes actuels de l'Union européenne sont élaborés pour les pays qui se trouvent déjà sur la voie de la démocratisation et des réformes. Mais ils ne peuvent pas fonctionner dans le cas du Bélarus. Pour le soutien de la démocratie dans des pays comme le mien, il est grand temps de créer un Fonds européen pour la démocratie qui aurait des moyens réels pour œuvrer en direction de pays de régime dictatorial. L'Europe ne doit pas baisser les bras en disant "que peut-on y faire?". Vous pouvez faire beaucoup! Vous pouvez nous aider à casser le blocus informationnel, à briser la vision bornée du monde imposée à mes compatriotes par la propagande gouvernementale, à créer un espace public propice à un débat citoyen ouvert où vont se retrouver les auteurs indépendants, les intellectuels et les autorités morales. Ceci va sans aucun doute contribuer au développement plus rapide de la société civile au Bélarus. Le message récent de l'Europe au peuple bélarussien a été à la fois une démonstration de votre solidarité avec nous et un rappel au régime actuel de sa responsabilité pour ses crimes. Et ce qui est le plus important: dans ce message, il s'agit de la place de notre pays en Europe. Je suis profondément convaincu que l'Europe ne pourra pas être complète sans le Bélarus. C'est pourquoi nous répétons les mêmes mots d'ordre que mes ancêtres qui avaient participé à l'insurrection libératrice contre la tyrannie: "Pour votre et notre liberté". Moi, Bélarussien et citoyen d'un pays européen, je vous remercie de tout mon cœur et aussi de la part de tous ceux qui, en mars dernier, étaient sur la place, et de tous ceux qui ont été ou sont maintenant en prison pour avoir défendu ou pour défendre le droit fondamental de vivre dans un pays libre. Je vous remercie d'avoir foi en notre victoire. Je promets que notre victoire ne tardera pas. Mon pays n'est plus comme autrefois, il a moins peur, il croit aux changements. Bientôt le Bélarus reviendra dans la famille européenne et sera de nouveau un État libre et démocratique. Les dictatures n'ont pas de perspectives historiques et, comme le démontre l'histoire, finissent tristement pour les tyrans. Le seul vrai choix dans les conditions d'une dictature, c'est le combat. Tout simplement parce que nous n'avons pas d'autre choix. Merci pour votre soutien et vive le Bélarus! Tout d’abord permettez-moi d’exprimer ma gratitude la plus sincère au Parlement européen pour m’avoir attribué cette haute distinction, le prix Andreï Sakharov, physicien génial et défenseur ardent des droits de l’homme. Je vous remercie également pour cette occasion de pouvoir parler devant vous. Ce prix ne m'appartient pas à moi seul! Avec moi, ce sont tous les Bélarussiens qui se voient attribuer ce prix, tous ceux qui ont été en mars dernier sur la place de Minsk, qui ont été jetés dans les prisons, expulsés des universités et des lieux de travail. Ce prix est pour tous ceux qui continuent le combat. Nous sommes nombreux! Nous sommes ceux qui veulent que le Bélarus revienne dans la famille des démocraties européennes et qui sont prêts, pour y arriver, à sacrifier leur bien-être personnel, leur liberté et même leur vie. Le Bélarus a toujours été un pays européen. Il a beaucoup donné à l’Europe en faisant beaucoup de sacrifices. Au XVIe siècle, il a donné à l’Europe un prototype de première constitution démocratique, le statut du grand-duché de Lituanie. Il a donné au monde plusieurs personnalités éminentes, telles que Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fédor Dostoïevski, Dmitri Chostakovitch, Tadeusz Kościuszko. Les Bélarussiens ont été les deuxièmes en Europe à traduire la Bible dans leur langue maternelle. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, c’est au Bélarus qu’on a vu se développer le mouvement de résistance le plus puissant en Europe, au prix de la vie d'un habitant sur trois. Sur six millions de Juifs exterminés lors de l’Holocauste, 1 million venait du Bélarus. S'il faut mériter la liberté, nous l’avons méritée! Par toute notre histoire et les sacrifices consentis en son nom. Chaque siècle, à cause de guerres interminables, le Bélarus perdait de un quart jusqu'à un tiers de ses fils et filles, il perdait son élite. Notre peuple a passé par un déracinement forcé de l'identité nationale, par l'amputation de sa mémoire historique. En 1991, nous nous sommes réjouis d’avoir finalement obtenu notre indépendance. Mais nous n'avons pas tout de suite réalisé que la liberté et l’indépendance ne sont pas la même chose. Aujourd'hui, de nouveau, nous luttons pour la liberté et défendons l'indépendance. Nous le faisons non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour nos enfants qui, à l'instar des enfants français, lituaniens, polonais et britanniques, ont le droit de vivre dans un pays libre. Ce sont nos enfants qui, après les élections du 19 mars, restaient debout toute la nuit sur la place de Minsk, lorsque les adultes ne pouvaient plus résister au froid et rentraient chez eux. Ce sont nos enfants qui ont été jetés dans les camions fermés, où l’on étouffait, et mis dans des prisons, tandis que leurs parents mettaient des jours pour les retrouver. Ce sont nos enfants qui, après être sortis des prisons, ont été expulsés des universités pour leur choix de conscience. Mais pas un instant, ils n'ont mis en doute la justesse de notre choix commun. Je suis fier d’eux. Tout au long de la semaine qui a suivi les élections, alors que nous étions restés sur la place et protestions contre les falsifications grossières des résultats de ces élections, les autorités ont arrêté plus d’un millier de personnes. Les prisons de Minsk n'avaient jamais été remplies à craquer: ce fut précisément le cas pendant cette semaine-là. Le régime a compris qu'il n'allait pas faire cesser ce mouvement de protestation, même par la force de ses troupes. C'est pourquoi, au cours de ces quelques jours, les autorités ont arrêté tous ceux qui venaient sur la place, même ceux qui portaient tout simplement de l'eau, de la nourriture et des vêtements chauds aux habitants de la "cité des tentes"."@sk18
"Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, je vais m'exprimer dans ma langue maternelle parce que je voudrais dire ce que je pense et que je pense toujours en bélarusse. C'est pourquoi je vais parler dans la langue qui me permet le mieux d'exprimer mes sentiments. Le 19 mars, les autorités ne s’attendaient pas à voir sortir des dizaines de milliers de personnes, malgré les menaces de représailles. Cela a été notre première victoire. Je réalise très clairement qu’il nous faudra encore obtenir beaucoup de victoires semblables avant de mettre fin à ce régime illégal. Aujourd’hui M. Aliaksandr Kazouline, ancien candidat présidentiel, se trouve en prison, condamné à 5 ans et demi de détention. Actuellement, il est en grève de la faim depuis plus de 50 jours. L'état de sa santé est extrêmement grave, il a perdu 40 kilos, sa vie est menacée. Ce prix est aussi pour lui, ainsi que pour Zmitser Dachkevitch, Pavel Seviarynets, Mikola Statkevitch et Andreï Klimaǔ et tous les autres prisonniers politiques de mon pays. Ce prix est un signe de la prise de conscience de l'Europe par rapport à la situation au Bélarus. Ce prix est un exemple formidable de la politique morale. Ce prix est un signe de reconnaissance de l'avenir européen du Bélarus. Aujourd'hui, cette haute distinction aurait pu être reçue par le leader depuis plusieurs années du mouvement démocratique bélarussien, le professeur Hienadź Karpienka. Ou par l'ancien ministre des affaires intérieures Yury Zakharanka. Ou bien par Viktar Hantchar, le vice-président du dernier parlement légitime au Bélarus. Ces personnes sont les héros, les combattants pour la liberté du Bélarus. Mais elles ont disparu sans laisser de traces ou sont assassinées. C'est par ces moyens, anciens comme la haine humaine et désespérément désuets comme l'inquisition, que les pouvoirs bélarussiens d'aujourd'hui sévissent contre leurs opposants. Dans son discours de réception du prix Nobel de la paix, Andreï Sakharov a dit: "Je suis convaincu que la confiance internationale, la compréhension mutuelle, le désarmement et la sécurité internationale ne sont pas concevables sans une société ouverte avec la liberté d'information, la liberté de conscience, la le droit de voyager et de choisir le pays de résidence". Je partage cette position. L'académicien Sakharov a toujours prôné la résistance non violente. En cela, je suis également son adepte. Et nous avons tout pour gagner: la foi en l'avenir européen du Bélarus, la solidarité, l'audace et l'expérience. Pour beaucoup de jeunes gens, le bleu – la couleur du drapeau européen – est devenu un symbole. En mars dernier, ce drapeau a été hissé à côté de notre drapeau national blanc-rouge-blanc. Comme signe de solidarité avec nous il y avait également les drapeaux de la Lituanie, de l'Ukraine, de la Pologne, de la Russie, de l'Estonie, de l'Azerbaïdjan, de la Géorgie. Nous devons surmonter la peur qui, au cours des dix dernières années, a imprégné la conscience des gens du fait d'une propagande permanente. Andreï Sakharov mettait en garde: "La liberté de pensée est la seule garantie contre la contamination des gens par des mythes collectifs qui, dans les mains des hypocrites perfides et des démagogues peut se transformer en une dictature sanglante". C'est ce qui se passe aujourd'hui au Bélarus. On réintroduit les monuments à la gloire de Staline. En reprenant les "meilleures" traditions du système soviétique, les médias officiels déversent sans arrêt des torrents de mensonges et de calomnies, comme à l'époque de Sakharov. L'ennemi principal est l'Occident et les démocrates locaux sont présentés comme ses agents. Le régime se trouve aujourd'hui dans une situation difficile, son économie planifiée n'est pas efficace, la Russie menace de stopper les préférences économiques. Pour cette raison, le pouvoir s'énerve et essaie d'en rendre les opposants politiques responsables. À la fin du mois de novembre, lors de sa rencontre avec les journalistes ukrainiens, M. Loukachenka a déclaré que "cette opposition fuit à l'étranger où elle demande d'appliquer les sanctions économiques contre le pays et elle est contente que demain les prix du gaz vont augmenter". Je voudrais profiter de l'occasion pour déclarer, du haut de cette tribune européenne, en toute responsabilité et à tout le monde, notamment au peuple bélarussien, que ce sont des mensonges! Nous n'avons jamais demandé d'appliquer des sanctions économiques contre notre pays car nous comprenons parfaitement que ces sanctions vont en premier lieu frapper les citoyens ordinaires du Bélarus. Quant au pouvoir en place, il trouvera toujours les moyens pour soutenir ses fonctionnaires. Nous n'avons eu de cesse de répéter que le gaz russe cesserait d'être bon marché pour le Bélarus, qu'il allait devenir cher en Russie elle-même. Il est dommage que les dirigeants bélarussiens n'aient pas saisi la chance qui se présentait et n'aient pas utilisé les possibilités qu'ils ont eues pendant longtemps de mener de vraies réformes économiques. Maintenant c'est le peuple bélarussien qui va en subir les conséquences. Parmi les conditions principales que Moscou impose à présent à Loukachenka pour son soutien économique et politique de longue date figurent le passage à la monnaie unique au rouble russe, et l'adoption de l'acte constitutionnel du soi-disant "État d'union" dans la version russe. L'acceptation de ces conditions signifierait la perte inéluctable par le Bélarus de sa souveraineté. Pour le moment, les dirigeants politiques bélarussiens résistent encore à aller dans cette direction. Ces derniers temps, Loukachenka exprime ouvertement son inquiétude concernant l'indépendance du pays. Il parle du lien évoqué depuis longtemps déjà par les forces démocratiques bélarussiennes entre l'indépendance et le bien-être. Mais dans le cas de Loukachenka, il ne faut pas confondre la défense de l'indépendance avec la défense de ses intérêts personnels et avec sa volonté de conserver le pouvoir à tout prix. Lui-même et son entourage se rendent parfaitement compte qu'avec la perte de l'indépendance et l'arrivée du capital russe dans le pays, ils seraient peu nombreux à conserver leurs postes ainsi que leurs richesses. Mais on ne peut pas exclure que, mené par un instinct de conservation, le pouvoir bélarussien acceptera les conditions déjà mentionnées de Moscou et organisera un référendum pour les approuver. Il faut savoir que c'est seulement la démocratie, et non pas la dictature, qui peut être la garantie de l'indépendance bélarussienne. Le fait que nous ne parvenions pas pour l'instant à trouver un langage commun avec Moscou ne signifie pas que les forces démocratiques bélarussiennes sont dirigées contre la Russie. Nous voulons vivre dans un État souverain et construire les meilleures relations possibles avec la Russie. Nous sommes prêts à prendre en compte ses intérêts mais à condition qu'ils n'aillent pas à l'encontre de nos propres intérêts. La Russie est pour nous, comme pour l'UE, un partenaire stratégique. Le Bélarus démocratique sera un ami crédible et prévisible pour la Russie. Nous pensons que l'interdiction d'entrée dans les pays de l'Union européenne pour les personnes qui transgressent la Constitution et qui participent aux répressions est une mesure très efficace. La liste de ces "combattants contre la démocratie" doit être élargie. En même temps, je vous appelle à ne pas augmenter le coût des visas Schengen pour les citoyens bélarussiens. Il est prévu qu'à partir du 1er janvier 2007, le prix du visa Schengen sera de 60 euros. Pour la majorité écrasante des Bélarussiens qui ont un besoin énorme de contacts libres avec l'Occident, ce coût serait prohibitif. Suite à cette décision, un nouveau "rideau de fer" risque de s'ériger. Or ces mesures profiteront à Loukachenka qui ne cesse de répéter au peuple bélarussien que "personne ne nous attend en Occident". Nous avons très positivement accueilli les propositions faites le mois dernier par la Commission européenne. Pour le gouvernement de Loukachenka, elles offrent une bonne occasion de sortir de l'auto-isolement international et de la situation économique peu enviable dans laquelle il s'est enfoncé. Aliaksandr Loukachenka lui-même a été obligé de reconnaître, lors de la réunion du gouvernement, que l'année prochaine sera "catastrophiquement dure". Si ces propositions sont acceptées par le régime, le Bélarus pourrait obtenir un soutien considérable pour lancer les réformes politiques et socio-économiques qui sont depuis longtemps tellement nécessaires, et pour commencer un véritable rapprochement avec l'Europe, y compris par la voie d'une intégration économique progressive. Mais les espérances que le gouvernement bélarussien accepte la voie du rapprochement avec l'Union européenne sont presque nulles. Il y a déjà eu assez de propositions similaires, mais le régime n'a jamais donné de réponse concrète positive. Ses fidèles comprennent parfaitement qu'une fois lancée, la démocratisation va inévitablement et très rapidement aboutir à la fin de leur emprise. Le dirigeant actuel du Bélarus ne gagnera plus jamais de vraies élections libres. En même temps, cette offre de l'Union européenne nous donne la possibilité de faire comprendre aux citoyens de notre pays que malgré ce que dit la propagande étatique, l'Europe laisse la porte ouverte au Bélarus, mais à un Bélarus libre et démocratique. Ces propositions sont apparues à un moment très propice, celui de la campagne pour les élections locales. Il n'y aura pas de vraies élections, comme il n'y a pas de vrai gouvernement local au Bélarus. Dans le cadre de cette campagne, nous diffusons l'information sur les propositions de l'Union européenne. Nous apprécions beaucoup votre aide et nous vous en remercions chaleureusement. Je voudrais pourtant vous appeler à l'étendre et à la rendre plus souple. Il s’agit de choses déjà connues: aide aux médias libres, soutien à la société civile et aux personnes réprimées. Les programmes actuels de l'Union européenne sont élaborés pour les pays qui se trouvent déjà sur la voie de la démocratisation et des réformes. Mais ils ne peuvent pas fonctionner dans le cas du Bélarus. Pour le soutien de la démocratie dans des pays comme le mien, il est grand temps de créer un Fonds européen pour la démocratie qui aurait des moyens réels pour œuvrer en direction de pays de régime dictatorial. L'Europe ne doit pas baisser les bras en disant "que peut-on y faire?". Vous pouvez faire beaucoup! Vous pouvez nous aider à casser le blocus informationnel, à briser la vision bornée du monde imposée à mes compatriotes par la propagande gouvernementale, à créer un espace public propice à un débat citoyen ouvert où vont se retrouver les auteurs indépendants, les intellectuels et les autorités morales. Ceci va sans aucun doute contribuer au développement plus rapide de la société civile au Bélarus. Le message récent de l'Europe au peuple bélarussien a été à la fois une démonstration de votre solidarité avec nous et un rappel au régime actuel de sa responsabilité pour ses crimes. Et ce qui est le plus important: dans ce message, il s'agit de la place de notre pays en Europe. Je suis profondément convaincu que l'Europe ne pourra pas être complète sans le Bélarus. C'est pourquoi nous répétons les mêmes mots d'ordre que mes ancêtres qui avaient participé à l'insurrection libératrice contre la tyrannie: "Pour votre et notre liberté". Moi, Bélarussien et citoyen d'un pays européen, je vous remercie de tout mon cœur et aussi de la part de tous ceux qui, en mars dernier, étaient sur la place, et de tous ceux qui ont été ou sont maintenant en prison pour avoir défendu ou pour défendre le droit fondamental de vivre dans un pays libre. Je vous remercie d'avoir foi en notre victoire. Je promets que notre victoire ne tardera pas. Mon pays n'est plus comme autrefois, il a moins peur, il croit aux changements. Bientôt le Bélarus reviendra dans la famille européenne et sera de nouveau un État libre et démocratique. Les dictatures n'ont pas de perspectives historiques et, comme le démontre l'histoire, finissent tristement pour les tyrans. Le seul vrai choix dans les conditions d'une dictature, c'est le combat. Tout simplement parce que nous n'avons pas d'autre choix. Merci pour votre soutien et vive le Bélarus! Tout d’abord permettez-moi d’exprimer ma gratitude la plus sincère au Parlement européen pour m’avoir attribué cette haute distinction, le prix Andreï Sakharov, physicien génial et défenseur ardent des droits de l’homme. Je vous remercie également pour cette occasion de pouvoir parler devant vous. Ce prix ne m'appartient pas à moi seul! Avec moi, ce sont tous les Bélarussiens qui se voient attribuer ce prix, tous ceux qui ont été en mars dernier sur la place de Minsk, qui ont été jetés dans les prisons, expulsés des universités et des lieux de travail. Ce prix est pour tous ceux qui continuent le combat. Nous sommes nombreux! Nous sommes ceux qui veulent que le Bélarus revienne dans la famille des démocraties européennes et qui sont prêts, pour y arriver, à sacrifier leur bien-être personnel, leur liberté et même leur vie. Le Bélarus a toujours été un pays européen. Il a beaucoup donné à l’Europe en faisant beaucoup de sacrifices. Au XVIe siècle, il a donné à l’Europe un prototype de première constitution démocratique, le statut du grand-duché de Lituanie. Il a donné au monde plusieurs personnalités éminentes, telles que Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fédor Dostoïevski, Dmitri Chostakovitch, Tadeusz Kościuszko. Les Bélarussiens ont été les deuxièmes en Europe à traduire la Bible dans leur langue maternelle. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, c’est au Bélarus qu’on a vu se développer le mouvement de résistance le plus puissant en Europe, au prix de la vie d'un habitant sur trois. Sur six millions de Juifs exterminés lors de l’Holocauste, 1 million venait du Bélarus. S'il faut mériter la liberté, nous l’avons méritée! Par toute notre histoire et les sacrifices consentis en son nom. Chaque siècle, à cause de guerres interminables, le Bélarus perdait de un quart jusqu'à un tiers de ses fils et filles, il perdait son élite. Notre peuple a passé par un déracinement forcé de l'identité nationale, par l'amputation de sa mémoire historique. En 1991, nous nous sommes réjouis d’avoir finalement obtenu notre indépendance. Mais nous n'avons pas tout de suite réalisé que la liberté et l’indépendance ne sont pas la même chose. Aujourd'hui, de nouveau, nous luttons pour la liberté et défendons l'indépendance. Nous le faisons non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour nos enfants qui, à l'instar des enfants français, lituaniens, polonais et britanniques, ont le droit de vivre dans un pays libre. Ce sont nos enfants qui, après les élections du 19 mars, restaient debout toute la nuit sur la place de Minsk, lorsque les adultes ne pouvaient plus résister au froid et rentraient chez eux. Ce sont nos enfants qui ont été jetés dans les camions fermés, où l’on étouffait, et mis dans des prisons, tandis que leurs parents mettaient des jours pour les retrouver. Ce sont nos enfants qui, après être sortis des prisons, ont été expulsés des universités pour leur choix de conscience. Mais pas un instant, ils n'ont mis en doute la justesse de notre choix commun. Je suis fier d’eux. Tout au long de la semaine qui a suivi les élections, alors que nous étions restés sur la place et protestions contre les falsifications grossières des résultats de ces élections, les autorités ont arrêté plus d’un millier de personnes. Les prisons de Minsk n'avaient jamais été remplies à craquer: ce fut précisément le cas pendant cette semaine-là. Le régime a compris qu'il n'allait pas faire cesser ce mouvement de protestation, même par la force de ses troupes. C'est pourquoi, au cours de ces quelques jours, les autorités ont arrêté tous ceux qui venaient sur la place, même ceux qui portaient tout simplement de l'eau, de la nourriture et des vêtements chauds aux habitants de la "cité des tentes"."@sl19
". Herr talman, mina damer och herrar! Jag ska tala på mitt modersmål eftersom jag vill framföra mina tankar, och jag tänker alltid på vitryska. Därför ska jag tala på det språk som jag bäst kan uttrycka mina känslor på. Den 19 mars förväntade sig myndigheterna inte att få se tiotusentals människor ute på gatorna, trots hot om repressalier. Detta var vår första seger. Jag är väl medveten om att det kommer att behövas många fler liknande segrar innan vi kan sätta stopp för denna illegala regim. Den tidigare presidentkandidaten, Aljaksandr Kazulin, sitter nu i fängelse, dömd till fem och ett halvt år. Han har nu hungerstrejkat i över 50 dagar. Hans hälsotillstånd är mycket allvarligt: han har gått ned 40 kilo i vikt, och hans liv är i fara. Detta pris är också till honom, och till Zmitser Dasjkevitj, Pavel Severinets, Mikola Statkevitj och Andreï Klimaŭ och alla andra politiska fångar i mitt hemland. Priset är ett bevis på EU:s kännedom om situationen i Vitryssland. Priset är ett utomordentligt exempel på moralisk politik. Priset är ett erkännande av Vitrysslands europeiska framtid. Denna höga utmärkelse skulle ha kunna mottagits av professor Hienadź Karpienka, under flera år ledare för den vitryska demokratiska rörelsen. Eller av den f.d. inrikesministern Jurij Zakharenko. Eller av Viktar Hantchar, vice talman för det senaste lagliga parlamentet i Vitryssland. Dessa personer är hjältar, förkämpar för Vitrysslands frihet, men de har försvunnit spårlöst eller mördats. Detta är metoder, lika gamla som mänskligt hat och lika fasansfullt urmodigt som inkvisitionen, som de vitryska myndigheterna för närvarande använder mot sina motståndare. I det tal han höll efter att ha mottagit Nobels fredspris sa Andrej Sacharov: ”Jag är övertygad om att internationell tillit, ömsesidig förståelse, nedrustning och internationell säkerhet inte är möjliga utan ett öppet samhälle med informationsfrihet, samvetsfrihet rätten att resa och rätten att välja i vilket land man vill vara bosatt.” Jag delar den uppfattningen. Akademikern Sacharov förespråkade alltid fredligt motstånd. Jag delar hans uppfattning även där. Vi har allt som behövs för att vinna: tro på Vitrysslands europeiska framtid, solidaritet, mod och erfarenhet. Blått – färgen på Europeiska unionens flagga – har blivit en symbol för många unga människor. I mars hissades denna flagga bredvid vår nationella flagga i vitt, rött och vitt. Litauens, Ukrainas, Polens, Rysslands, Estlands, Azerbajdzjans och Georgiens flaggor hissades också, som ett tecken på dessa länders solidaritet med oss. Vi måste övervinna den rädsla som har genomsyrat människors medvetande under de senaste tio åren som en följd av oupphörlig propaganda. Andrej Sacharov utfärdade en varning: ”Tankefriheten är det enda skyddet mot nedsmittning av människor med kollektiva myter som, i händerna på förrädiska hycklare och uppviglare, kan förvandlas till en blodig diktatur.” Det är vad som sker i Vitryssland i dag. Monument som hedrar Stalin har börjat synas igen. Officiella medier öser ut störtfloder av lögner och förtal i ”bästa” Sovjetanda, precis som på Sacharovs tid. Den stora fienden är väst, och lokala demokrater framställs som dess agenter. Regimen befinner sig i en svår situation i dag. Dess planekonomi är inte effektiv, och Ryssland hotar att sätta stopp för de ekonomiska preferenserna. Därför håller regeringen på att bli nervös, och försöker skylla på sina politiska opponenter. Under sitt möte med ukrainska journalister i slutet av november sa Aleksandr Lukasjenko att ”den här oppositionen smyger sig i väg utomlands och kräver ekonomiska sanktioner mot landet och gläder sig sedan åt att gaspriserna kommer att stiga”. Jag vill ta detta tillfälle i akt att från denna europeiska plattform klargöra för alla, i synnerhet det vitryska folket, att detta är lögn, och det tar jag fullt ansvar för! Vi har aldrig krävt ekonomiska sanktioner mot vårt land, och vi är fullt medvetna om att sådana sanktioner i huvudsak skulle drabba Vitrysslands vanliga medborgare. Regimen kommer alltid att hitta sätt att stödja sina tjänstemän. Vi har alltid framhållit att den ryska gasen inte skulle fortsätta vara billig för Vitryssland, att den skulle bli dyr också i Ryssland. Det är beklagligt att de vitryska ledarna inte har tagit vara på det tillfälle som de haft och att de inte har dragit fördel av de möjligheter de länge haft att utföra verkliga ekonomiska reformer. Nu kommer det vitryska folket att drabbas av följderna. De huvudsakliga villkor som Moskva för närvarande ålägger Lukasjenko i gengäld för dess långvariga ekonomiska och politiska stöd omfattar att gå med i den monetära unionen, i själva verket den ryska rubeln, och att anta en konstitutionsakt för det som ryssarna kallar ”unionsstaten”. Att godkänna dessa villkor skulle oundvikligen innebära en förlust av suveränitet för Vitryssland. De vitryska politiska ledarna motsätter sig för närvarande fortfarande steg i den riktningen. Lukasjenko har nyligen öppet uttryckt sin oro för landets oberoende. Han talar om sambandet mellan oberoende och välmående, något som vitryska demokratiska krafter har talat om länge. Men i hans fall får försvaret av oberoende inte förväxlas med ett försvar av hans personliga intressen och hans önskan att till varje pris hålla fast vid makten. Han och hans följeslagare är fullt medvetna om att få av dem skulle få behålla sin befattning och sin förmögenhet vid en förlust av oberoendet och om ryskt kapital kommer in i landet. Vi kan emellertid inte utesluta möjligheten att den vitryska regimen, styrd av en självbevarelsedrift, accepterar Moskvas villkor och håller en folkomröstning för att godkänna dem. Det råder inga tvivel om att det bara är demokrati, snarare än diktatur, som kan garantera Vitrysslands oberoende. Det faktum att vi ännu inte har funnit ett gemensamt språk med Moskva innebär inte att de vitryska demokratiska krafterna är emot Ryssland. Vi vill leva i en suverän stat och upprätta bästa möjliga förbindelser med Ryssland. Vi är beredda att ta hänsyn till deras intressen, förutsatt att de inte går emot våra egna intressen. Ryssland är en strategisk partner för oss, liksom för EU. Ett demokratiskt Vitryssland kommer att vara en trovärdig och pålitlig vän till Ryssland. Vi anser att ett förbud mot att resa in i länder i Europeiska unionen för personer som bryter mot konstitutionen och deltar i förtryck är en mycket effektiv åtgärd. Listan över demokratins fiender borde utökas. Samtidigt vädjar jag till er att inte öka kostnaderna för Schengenviseringar för vitryska medborgare. Från och med den 1 januari 2007 förväntas kostnaden för en Schengenvisering att vara 60 euro. Det skulle vara ett oöverkomligt pris för den övervägande majoriteten av vitryssar som är i desperat behov av fria kontakter med väst. Detta beslut innebär ett hot om en ny ”järnridå”. Dessa åtgärder skulle gynna Lukasjenko, som ständigt hävdar inför det vitryska folket att ”ingen vill ha med oss att göra i väst”. Europeiska kommissionens förslag i förra månaden gladde oss mycket. De innebär en god möjlighet för Lukasjenkos regering att frångå den internationella självisolering och den dåliga ekonomiska situation som man har fastnat i. Aleksander Lukasjenko själv var tvungen att vid regeringssammanträdet erkänna att nästa år kommer att bli ”katastrofalt besvärligt”. Om regimen godkänner dessa förslag kommer Vitryssland att kunna motta ett betydande stöd för en inledning av de politiska och socioekonomiska reformer som har varit så nödvändiga under så lång tid, och att inleda ett verkligt närmande till EU, bland annat genom en gradvis, ekonomisk integration. Men det finns praktiskt taget inget hopp om att den vitryska regeringen kommer att godta detta närmande till Europeiska unionen. Det har redan lagts fram många liknande förslag, men regimen har aldrig svarat konkret. Regimens trofasta medlemmar är mycket medvetna om att en demokratisering, när den väl har inletts, oundvikligt och mycket snabbt kommer att innebära ett slut på deras järngrepp. Vitrysslands nuvarande ledare skulle aldrig vinna ett riktigt fritt val. Samtidigt erbjuder detta förslag från Europeiska unionen oss möjligheten att få medborgarna i vårt land att förstå att EU, vad statens propaganda än säger, lämnar dörren öppen för Vitryssland, men för ett fritt och demokratiskt Vitryssland. Detta förslag kom mycket lämpligt, under kommunalvalskampanjen. Det kommer inte att bli något riktigt val, precis som det inte finns någon lokal regering i Vitryssland. Inom ramen för denna kampanj informerar vi om Europeiska unionens förslag. Vi är mycket tacksamma för er hjälp, och vi tackar varmt för den. Jag vill dock be er att utöka den och göra den mer flexibel. Vi talar om saker som redan är välkända: stöd till fria medier, stöd till det civila samhället och till människor som förtrycks. Europeiska unionens befintliga program är utarbetade för länder som redan rör sig i riktning mot demokrati och genomförande av reformer, men de fungerar inte för Vitryssland. Det är hög tid att upprätta en europeisk fond för demokrati, med verkliga resurser och inriktad på länder med diktatur, för att främja demokrati i länder som Vitryssland. EU får inte rycka på axlarna och säga ”vad kan vi göra åt det?”. Ni kan göra mycket! Ni kan hjälpa oss att riva barriärerna för information och den begränsade världsbild som mina landsmän påtvingas genom regeringens propaganda, att skapa ett offentligt område som kan bidra till en öppen debatt bland medborgare, sammanföra oberoende författare, intellektuella och moraliska auktoriteter. Detta skulle otvivelaktigt hjälpa det civila samhället i Vitryssland att utvecklas snabbare. EU:s senaste budskap till det vitryska folket var både ett bevis på er solidaritet och en påminnelse till den nuvarande regimen om dess ansvar för sina brott. Men det viktigaste är att detta budskap borde klargöra att vårt land hör till Europa. Det är min fasta övertygelse att Europa aldrig kommer att vara fullständigt utan Vitryssland. Det är anledningen till att vi använder oss av samma slagord som mina förfäder, som protesterade mot förtryck för frihets skull: ”För er frihet och för vår frihet.” Som vitryss och medborgare i ett europeiskt land vill jag tacka er från djupet av mitt hjärta, och jag tackar er också på alla de människors vägnar som befann sig på torget i Minsk och de som har suttit, eller sitter, fängslade för att ha försvarat sin grundläggande rätt att leva i ett fritt land. Jag tackar er för er tro på vår seger. Jag lovar er att den inte kommer att dröja länge. Mitt land har förändrats. Det råder mindre rädsla, och man tror på förändring. Vitryssland kommer snart att återvända till den europeiska familjen och kommer återigen att vara en fri och demokratisk stat. Historien visar att diktaturer inte har någon framtid och att de slutar illa för tyrannerna. I en diktatur är det enda verkliga alternativet att kämpa emot; det finns helt enkelt inget annat val. Tack för ert stöd, och länge leve Vitryssland! Jag vill börja med att varmt tacka Europaparlamentet för denna stora ära, att få motta Andrej Sacharov-priset, uppkallat efter denna oerhört begåvade fysiker och glödande försvarare av mänskliga rättigheter. Jag vill också tacka för denna möjlighet att tala inför er. Detta pris är inte bara mitt! Det är till alla vitryska medborgare, alla som befann sig på torget i Minsk i mars förra året, som har kastats i fängelse och relegerats från universitet och arbetsplatser. Priset är till alla som fortsätter kampen. Vi är många! Vi är de som vill att Vitryssland ska återvända till familjen av europeiska demokratier och som är villiga att offra vårt personliga välbefinnande, vår frihet och till och med våra liv för att nå dit. Vitryssland har alltid varit ett europeiskt land. Det har gett Europa mycket och gjort många uppoffringar. På 1800-talet gav Vitryssland Europa en prototyp för en första demokratisk författning, storhertigdömet Litauens författning. Man gav världen ett flertal framstående personligheter, såsom Guillaume Apollinaire, Marc Chagall, Fjodor Dostojevskij, Dmitrij Sjostakovitj och Tadeusz Kościuszko. Vitryssarna var det andra folket i Europa som översatte bibeln till sitt modersmål. Under andra världskriget var det i Vitryssland som den starkaste motståndsrörelsen i Europa utvecklade sig, vilket kostade en av tre medborgare livet. Av de sex miljoner judar som dödades i förintelsen kom en miljon från Vitryssland. Om det är några som förtjänar frihet är det vi! Vi har förtjänat den genom hela vår historia och genom de uppoffringar som vi har gjort för dess räkning. Varje århundrade har Vitryssland, genom oupphörliga krig, förlorat mellan en fjärdedel och en tredjedel av sina söner och döttrar. Man har förlorat sin elit. Vårt folk har drabbats av att deras nationella identitet med tvång har ryckts upp med rötterna och av utrotning av deras historiska minne. År 1991 gladde det oss oerhört att äntligen ha fått vårt oberoende, men vid den tidpunkten insåg vi inte att frihet och oberoende inte är samma sak. I dag kämpar vi återigen för frihet och för att försvara vårt oberoende. Detta gör vi inte bara för vår egen skull, utan också för våra barn som, liksom franska, litauiska, polska och brittiska barn, har rätt att leva i ett fritt land. Det var våra barn som tillbringade långa nätter på torget i Minsk efter valet den 19 mars, när de vuxna inte kunde uthärda kylan utan gick hem. Det var våra barn som kastades in i slutna, kvalmiga transportbilar och fängslades, medan deras föräldrar letade efter dem i dagar. Det var våra barn som, när de släppts ur fängelset, relegerades från universiteten för sina åsikter. Men de tvivlade inte ett ögonblick på att vår gemensamma åsikt var berättigad. Jag är stolt över dem. Under veckan efter valet, när vi stod kvar på torget och protesterade mot den skandalösa förfalskningen av valresultatet, grep myndigheterna över 1 000 personer. Minsks fängelser hade aldrig tidigare varit överfulla, men det var precis vad de var under den veckan. Regimen insåg att det enda sättet att få slut på denna protest var med hjälp av en militär styrka. Det är anledningen till att myndigheterna under dessa få dagar arresterade alla som kom till torget, till och med dem som bara kom med mat, vatten och varma kläder till de människor som levde i ”tältstaden”."@sv21
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"(A Assembleia de pé, aplaude o orador)"17
"(A Assembleia, de pé, aplaude o Sr. Milinkievitch.)"17
"(De spreker zet zijn interventie voort in zijn moedertaal, onderstaande tekst is een vertaling)"3
"(Der Redner setzt seine Ansprache in seiner Muttersprache fort, bei dem nachstehenden Text handelt es sich um eine Übersetzung.)"9
"(Die Mitglieder des Parlaments erheben sich und spenden Herrn Milinkewitsch lebhaften Beifall.)"9
"(Die Mitglieder des Parlaments erheben sich und spenden dem Redner lebhaften Beifall.)"9
"(El orador interviene en su lengua materna; el texto que sigue es una traducción)"20
"(La Asamblea, en pie, aplaude al orador)"20
"(La Asamblea, puesta en pie, aplaude al señor Milinkievitch.)"20
"(L’Assemblea, in piedi, applaude Aliaksandr Milinkievitch)"12
"(L’Assemblée, debout, applaudit M. Milinkievitch.)"8
"(L’orateur poursuit son intervention dans sa langue maternelle, le texte ci-dessous est une traduction)"8
"(O orador continua a sua intervenção na sua língua materna, o texto que se segue é uma tradução)"17
"(Parlamentet gav Aljaksandr Milinkevitj stående ovationer.)"21
"(Parlamentti osoittaa Milinkevitšille suosiota seisaallaan.)"7
"(Parliament stood and applauded Mr Milinkievitch.)"4
"(Parliament stood and applauded the speaker)"4
"(Puhuja puhui äidinkielellään, joten alla oleva teksti on käännös.)"7
"(Talaren talade sitt modersmål, texten nedan är en översättning.)"21
"(Taleren talte sit modersmål, og nedenstående tekst er således en oversættelse)"2
"(The speaker spoke in his mother tongue, the text below being a translation)"4
"(Το Σώμα, όρθιο, χειροκροτεί τον κ. Milinkievitch)"10
"M. Milinkievitch,"5,19,15,1,18,14,16,11,13,8
"chef de l’opposition démocratique au Belarus"8
"de facto"5,19,15,1,18,14,16,11,13,8
"glasnost"5,19,15,1,18,14,16,11,21,3,2,10,13,4,20,17,12,8

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